Lettres - Le processus de paix au Proche-Orient: vices de fond
Que Palestiniens et Israéliens aboutissent ou non à des négociations directes, leur échec est prévisible, à moins d'un retournement de situation aussi majeur qu'improbable. Avec, à la clé, le risque d'une seconde Intifada armée. La mauvaise volonté de l'actuel gouvernement de droite dirigé par Benjamin Nétanyahou compromet les efforts les plus sincères de Barack Obama dans ce dossier épineux entre tous.
Trois éléments permettent de comprendre les obstacles qui se dressent sur la route devant mener à une paix juste entre Palestiniens et Israéliens.
Tout d'abord, la politique résolument pro-israélienne (et, dans les faits, antipalestinienne) de la plupart des gouvernements occidentaux fait partie du problème et non de la solution. Or, le gouvernement Obama a déçu les espoirs que le monde arabe avait placés en lui au début de son mandat en reprenant dans ses grandes lignes la politique américaine traditionnelle de soutien inconditionnel envers l'État hébreu, refusant dans une bonne mesure de faire pression sur l'État hébreu efficacement pour le contraindre à négocier de bonne foi avec la partie palestinienne, sans doute pour des motifs de politique intérieure (où la position du président se trouve fragilisée). Ce qui permet à Nétanyahou et consorts de gagner du temps (et du terrain en Cisjordanie).
Ensuite, la délégation palestinienne manque de représentativité, puisque le Hamas en est absent; or, que cela plaise ou non, le Hamas est un joueur majeur dans la société palestinienne (et pas seulement à Gaza). Il a d'ailleurs remporté les élections de janvier 2006, mais en dépit de sa victoire démocratique, les gouvernements occidentaux le boycottent. Il faut pourtant trouver un moyen de le faire participer aux négociations, sinon il ne se sentira pas lié à leurs résultats (encore moins à leur absence probable de résultats).
Enfin, l'obstacle le plus fondamental tient à ce que le droit à l'autodétermination des Palestiniens est subordonné à des négociations avec l'ennemi israélien héréditaire, ce qui équivaut en pratique à conférer à Israël et aux États-Unis un continuel droit de veto sur l'émancipation palestinienne. En adhérant à cette politique antipalestinienne, les classes politiques occidentales renient les principes démocratiques qu'elles prétendent pourtant par ailleurs vénérer et donnent aux peuples arabes une formidable leçon de cynisme. Le droit à l'autodétermination des peuples n'est pas à géométrie variable.
***
Jean-François Delisle, Montréal, le 5 août 2010
Trois éléments permettent de comprendre les obstacles qui se dressent sur la route devant mener à une paix juste entre Palestiniens et Israéliens.
Tout d'abord, la politique résolument pro-israélienne (et, dans les faits, antipalestinienne) de la plupart des gouvernements occidentaux fait partie du problème et non de la solution. Or, le gouvernement Obama a déçu les espoirs que le monde arabe avait placés en lui au début de son mandat en reprenant dans ses grandes lignes la politique américaine traditionnelle de soutien inconditionnel envers l'État hébreu, refusant dans une bonne mesure de faire pression sur l'État hébreu efficacement pour le contraindre à négocier de bonne foi avec la partie palestinienne, sans doute pour des motifs de politique intérieure (où la position du président se trouve fragilisée). Ce qui permet à Nétanyahou et consorts de gagner du temps (et du terrain en Cisjordanie).
Ensuite, la délégation palestinienne manque de représentativité, puisque le Hamas en est absent; or, que cela plaise ou non, le Hamas est un joueur majeur dans la société palestinienne (et pas seulement à Gaza). Il a d'ailleurs remporté les élections de janvier 2006, mais en dépit de sa victoire démocratique, les gouvernements occidentaux le boycottent. Il faut pourtant trouver un moyen de le faire participer aux négociations, sinon il ne se sentira pas lié à leurs résultats (encore moins à leur absence probable de résultats).
Enfin, l'obstacle le plus fondamental tient à ce que le droit à l'autodétermination des Palestiniens est subordonné à des négociations avec l'ennemi israélien héréditaire, ce qui équivaut en pratique à conférer à Israël et aux États-Unis un continuel droit de veto sur l'émancipation palestinienne. En adhérant à cette politique antipalestinienne, les classes politiques occidentales renient les principes démocratiques qu'elles prétendent pourtant par ailleurs vénérer et donnent aux peuples arabes une formidable leçon de cynisme. Le droit à l'autodétermination des peuples n'est pas à géométrie variable.
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Jean-François Delisle, Montréal, le 5 août 2010
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