samedi 26 mai 2012 Dernière mise à jour 09h44
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Lettres - Le processus de paix au Proche-Orient: vices de fond

Jean-François Delisle, Montréal, le 5 août 2010  7 août 2010  Actualités internationales
Que Palestiniens et Israéliens aboutissent ou non à des négociations directes, leur échec est prévisible, à moins d'un retournement de situation aussi majeur qu'improbable. Avec, à la clé, le risque d'une seconde Intifada armée. La mauvaise volonté de l'actuel gouvernement de droite dirigé par Benjamin Nétanyahou compromet les efforts les plus sincères de Barack Obama dans ce dossier épineux entre tous.

Trois éléments permettent de comprendre les obstacles qui se dressent sur la route devant mener à une paix juste entre Palestiniens et Israéliens.

Tout d'abord, la politique résolument pro-israélienne (et, dans les faits, antipalestinienne) de la plupart des gouvernements occidentaux fait partie du problème et non de la solution. Or, le gouvernement Obama a déçu les espoirs que le monde arabe avait placés en lui au début de son mandat en reprenant dans ses grandes lignes la politique américaine traditionnelle de soutien inconditionnel envers l'État hébreu, refusant dans une bonne mesure de faire pression sur l'État hébreu efficacement pour le contraindre à négocier de bonne foi avec la partie palestinienne, sans doute pour des motifs de politique intérieure (où la position du président se trouve fragilisée). Ce qui permet à Nétanyahou et consorts de gagner du temps (et du terrain en Cisjordanie).

Ensuite, la délégation palestinienne manque de représentativité, puisque le Hamas en est absent; or, que cela plaise ou non, le Hamas est un joueur majeur dans la société palestinienne (et pas seulement à Gaza). Il a d'ailleurs remporté les élections de janvier 2006, mais en dépit de sa victoire démocratique, les gouvernements occidentaux le boycottent. Il faut pourtant trouver un moyen de le faire participer aux négociations, sinon il ne se sentira pas lié à leurs résultats (encore moins à leur absence probable de résultats).

Enfin, l'obstacle le plus fondamental tient à ce que le droit à l'autodétermination des Palestiniens est subordonné à des négociations avec l'ennemi israélien héréditaire, ce qui équivaut en pratique à conférer à Israël et aux États-Unis un continuel droit de veto sur l'émancipation palestinienne. En adhérant à cette politique antipalestinienne, les classes politiques occidentales renient les principes démocratiques qu'elles prétendent pourtant par ailleurs vénérer et donnent aux peuples arabes une formidable leçon de cynisme. Le droit à l'autodétermination des peuples n'est pas à géométrie variable.

***

Jean-François Delisle, Montréal, le 5 août 2010
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • michel lebel - Inscrit
    7 août 2010 07 h 11
    Plus que de beaux discours!
    Pour faire bouger les choses, il faudra nécessairement que le gouvernement américain mette beaucoup plus de pression sur le gouvernement israélien. Entre beaux discours et vrai chagement sur le terrain, il y a toute une distance. Le président Obama doit certainement se rendre compte qu'il faudra ici beaucoup plus que des beaux discours. Tout un test pour son leaderhip!
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Marc Tremblay - Inscrit
    7 août 2010 10 h 08
    L'impasse
    Les É.U. ne mettront jamais de pression sur l'état hébreu, tant que 90 % des sénateurs seront inconditionnellement anti-palestinien. Le puissant lobby juif à Washington fait un excellent travail.

    L'Occident, l'Europe en tête, s'aliène de plus en plus les pays arabes et musulmans en refusant la légitimité au Hamas qui a gagné les dernières élections.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Michel Habib - Inscrit
    7 août 2010 16 h 56
    Limites à faire des préssions...
    Il me semble que l'article de M. Delisle est franchement biaisé en faveur des palestiniens, et puriste en ce qui concerne la démocratie. Même chez-nous, les gouvernements n'écoutent pas toujours le peuple après tout!! Il y a des limites aux pressions qu'un état ou un groupe d'États peuvent faire contre un autre État...à moins qu'on est prêt à faire la guerre à cet État s'il n'écoute pas!!!
    Ainsi, les É.U. ne peuvent quand même pas forcer Israel à céder Jérusalem aux Palestiniens!! ou à accepter le retour de trois millions et demi de palestiniens dans le nouvel État projeté!! On peut p-ê le faire un peu à propos du tracé des frontières...et encore!! La situation est compliqué, et malheureusement, il ne semble pas que esprits soient prêts à s'entendre...Soit donc, qu'on attende encore, soit qu'on impose un règlement..qui risque d'agraver la situation!!
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Marie-Pierre2 - Inscrit
    7 août 2010 17 h 28
    Pas anti-palestiniens, seulement anti-terroristes
    La politique des pays occidentaux, les États-Unis y compris, n'est pas anti-palestinien. Il est tout simplement anti-terroristes. Israël n'est pas non plus anti-palestinien. Israël donne plus d'aide aux Territoires palestiniens que l'Union européenne dans son ensemble. Israël voudrait rien de mieux que de vivre à côté de leurs voisins dans la paix. La raison pour laquelle Israël a construit des murs est de diminuer les attaques terroristes, qui ont chuté de 95% depuis que les murs ont été érigés. Tout gouvernement occidental ferait la même chose pour protéger leur population. N'oubliez pas que les Palestiniens qui habitent en Israël sont des citoyens normaux, fréquentent les mêmes universités que les Israéliens hébreux, et travaillent comme avocats, juges et membres du Parlement.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Marc Tremblay - Inscrit
    7 août 2010 19 h 08
    M. Delisle prend parti pour le plus faible
    D'ailleurs, il n'a jamais été question que l'État hébreu cède tout Jérusalem aux Palestiniens, mais seulement une partie.

    Quant au mur de la honte, l'Occident et l'ONU l'ont désavoué, principalement parce que son objectif réel consistait à voler des terres aux Palestiniens. D'ailleurs, selon l'ONU, l'État hébreu doit se retirer totalement de la Cisjordanie. Quant à l'affirmation selon laquelle les Palestiniens sur le territoire d'Israël seraient bien traités, mentionnons que ce n'est pas tout à fait la réalité : un Arabe israélien qui défend les Gazaouis est menacé d'être déchu de sa nationalité et invité à émigrer à Gaza.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Celine A. Massicotte - Abonnée
    7 août 2010 19 h 25
    Israël anti-terroriste?
    Dans une excellente série documentaire (3 épisodes) sur le terrorisme moderne, on y apprenait, preuves visuelles en prime, que ceux qui en sont à l'orgine sont très exactement... les Juifs de Palestine, que ce fut une des tactiques utilisées pour arriver à avoir, enfin un état juif: autoa piégées, collis abandonnés et bien cachés dans des cafés. Cela établi, comment peut-on se surprendre que certains des comportements actuels ou d'un passé récent de cet État, ressemblent étrangement à du terrorisme d'état?

    Non, vraiment rien n'est simple dans ce dossier... et pour l'angélisme ou l'honnêteté, de part et d'autre... on repassera.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • d.lauzon - Inscrit
    8 août 2010 19 h 32
    L'État ébreu veut tout simplement gagner du temps et du terrain
    Tous les dirigeants hébreux qui se sont succédés jouent le même jeu qui est de faire semblant de vouloir un état pour les palestiniens mais ils font tout en leur POUVOIR pour retarder ce projet. Pendant qu'ils prétendent agir et parler de bonne foi, ils font tout pour que s'accélère les constructions en Cisjordanie. Plus ils étirent le temps, plus les constructions s'érigent. En construisant ces édifices imposants, ils s'approprient en même temps les terres palestiniennes. Au fond, ils ne veulent pas du tout que le projet d'un État palestinien se réalise. Quand je regarde le visage de Benjamin Netanyahou, tout ce que j'y vois c'est de l'hypocrisie.

    Pour toutes les terres volées aux Palestiniens en Cisjordanie, je suggère qu'une bande de terre, disons de l0 à 20 kilomètres menant de la Cisjordanie à la Bande de Gaza devienne la propriété des palestiniens et où ils pourraient construire des maisons et faire pousser des arbres fruitiers. Il faut que la Cisjordanie et la Bande de Gaza soient reliées pour que ce peuple puisse être regroupé et se construire un État fort.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • d.lauzon - Inscrit
    9 août 2010 08 h 42
    L'argent parle plus fort que le bon sens
    Il est vrai que Barak Oabama a perdu de de son mordant face à Netanyahou. Il a probablement dû faire face au lobby juif américain qui semble peser lourd politiquement. Les leaders juifs d'Israel ne veulent pas d'un règlement rapide qui permettrait aux palestiniens d'avoir leur propre État. Le temps joue en leur faveur car pendant que cette situation traîne, ils accélèrent les construction en Cisjordanie. Ils savent très bien qu'une fois ces constructions, qui sont très imposantes, sont érigées, qu'il sera difficile voire impossible pour les palestiniens de reprendre ces terres. Les juifs en Israel sont très riches et ils sont en mesure d'installer leurs quartiers et c'est ce qu'ils s'appliquent à faire à chaque jour depuis plusieurs années. Netanyahou fait semblant de vouloir régler le conflit comme Sharon son prédécesseur le faisait.

    Comment ne pas compatir avec les palestiniens quand vous lisez des histoires d'horreur qui racontent comment les juifs sont arrivés avec leurs bulldozers et ont détruit des maisons et des hectares d'arbres fruitiers qui appartenaient à des palestiniens.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
8 réactions
1 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012