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Quel précédent pour le Québec?

Philippe Roseberry - Candidat au doctorat en science politique, Université Queen's  27 juillet 2010  Actualités internationales
Il est toujours étonnant pour un chercheur travaillant sur les Balkans de voir l'actualité kosovare faire les manchettes au Québec, tant le contexte et les acteurs impliqués semblent à des années-lumière de distance. Pourtant, l'indépendance du Kosovo, comme celle du Monténégro en 2006, s'est faufilée jusqu'à nous pour émerger au grand jour dans notre propre débat national.

L'avis consultatif émis jeudi dernier par la Cour internationale de justice (CIJ), statuant que la déclaration unilatérale d'indépendance du Kosovo du 17 février 2008 n'a violé aucune règle applicable du droit international, est évidemment perçu comme une victoire, bien qu'incomplète, des autorités albanaises du Kosovo. Bien que purement consultatif, l'avis de la CIJ renforce la légitimité et la portée de leur déclaration d'indépendance et entoure d'une aura légale la reconnaissance du Kosovo par 69 pays jusqu'à maintenant, dont le Canada.

Mais au-delà de son impact direct sur le Kosovo et ses relations avec la Serbie, l'avis est aussi perçu par nombre d'observateurs et acteurs politiques canadiens et québécois, tant favorablement que défavorablement, comme une pierre de plus dans l'édification d'une pratique du droit unilatéral à l'indépendance. Or cette analyse, tant dans sa version fédéraliste qu'indépendantiste, fait fausse route. Replacé dans son contexte plus large, l'avis de la Cour s'inscrit bien au contraire dans une tentative de la communauté internationale de circonscrire et de limiter le droit à l'indépendance.

Situation exceptionnelle

Fidèle à sa tradition, la CIJ s'en est tenue aux termes précis formulés dans la demande d'avis de l'assemblée générale des Nations unies. Elle note ainsi qu'elle n'a pas eu à établir l'existence d'un droit positif à l'indépendance, mais simplement à statuer sur l'absence d'une règle explicite prohibant cette action. La Cour établit aussi clairement que l'absence de violation d'une règle de droit international par les autorités du Kosovo n'équivaut pas à la reconnaissance de la souveraineté du Kosovo, une décision essentiellement politique que chaque État devra considérer dans ses relations avec le Kosovo.

Mais plus important encore, la Cour note que la résolution 1244 (1999) du Conseil de sécurité des Nations unies, qui institut un protectorat sur le Kosovo, a essentiellement retiré cette province du cadre juridique serbe, créant ainsi une situation exceptionnelle susceptible d'être résolue par une mesure tout aussi exceptionnelle, comme une déclaration unilatérale d'indépendance.

On ne peut s'empêcher de comparer cette formulation avec celle du ministre canadien des Affaires étrangères de l'époque, Maxime Bernier, qui déclarait en mars 2008 que les circonstances particulières qui ont mené à l'indépendance du territoire font en sorte qu'il ne s'agit pas du tout ici d'un précédent. Et le ministre de souligner l'histoire récente du Kosovo, marquée par la guerre et l'épuration ethnique.

Si certains ont qualifié d'hypocrite le fait d'être prêt à reconnaître une déclaration unilatérale d'indépendance à l'étranger, mais pas chez soi, d'autres soulignent à juste titre que la déclaration canadienne diffère très peu des déclarations américaine, française et britannique, qui toutes fondent leur argumentation sur la nature exceptionnellement violente de la répression des organes de sécurité serbes contre la majorité albanaise au Kosovo. Si certains auteurs qualifient les violences au Kosovo en 1998 et 1999 de génocide, la communauté internationale et la CIJ semblent avoir arrêté leur choix sur l'expression «nettoyage ethnique». Dans tous les cas, la communauté internationale justifie l'indépendance du Kosovo par ce qu'il convient d'appeler un argument «compensatoire» invoqué à la suite de graves injustices subies.

Barre fixée plus haut

On comprendra alors que si l'existence d'une injustice violente doit être établie avant la proclamation unilatérale d'indépendance, la liste des candidats à l'indépendance s'en trouve passablement réduite, ce qui comprend le Québec. En fait, cette approche compensatoire balise le chemin vers l'indépendance d'une façon diamétralement opposée à celle se basant sur la volonté majoritaire d'une population donnée, formule plus en vogue chez nous.

Le récent avis de la CIJ semble donc finement calibré pour renforcer l'indépendance du Kosovo, tout en réduisant au maximum la possibilité d'une déclaration similaire dans le reste des Balkans et de l'Europe de l'Est, régions où la question des relations entre États et minorités nationales demeure tendue. En liant le statut présent du Kosovo à son historique de nettoyage ethnique, la communauté internationale a fixé la barre de l'indépendance plus haut, pas plus bas.

À bien y penser, les juges de la CIJ avaient peut être plus en tête l'impact de leur avis sur les velléités séparatistes des autorités serbes de Bosnie, ou ossètes et abkhazes en Géorgie, que sur celles des acteurs politiques québécois. Dans tous les cas, le Québec semble loin de la «situation exceptionnelle» ayant permis la sortie du Kosovo de l'orbite serbe. Bien qu'utile, la comparaison du débat national québécois avec d'autres cas comporte des limites.

***

Philippe Roseberry - Candidat au doctorat en science politique, Université Queen's
 
 
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  • Georges Paquet
    Abonné
    mardi 27 juillet 2010 04h20
    Lecture obligatoire...!
    Voici une analyse calme et rigoureuse que Louis Bernard, Gérald Larose,Louise Beaudoin et Bernard Landry auraient intérèt à lire attentivement et à méditer longuement.

  • Sylvio Le Blanc
    Abonné
    mardi 27 juillet 2010 04h53
    Non
    Si l'existence d'une injustice violente doit être établie avant la proclamation unilatérale d'indépendance, bien des pays, comme l'Espagne, aurait accepté la décision de la CIJ. Il n'y aura pas de guerre sanglante entre la Catalogne et l'Espagne, mais celle-ci craint tout de même comme la peste cette décision de la CIJ. Il doit bien y avoir une raison.
    En passant, il aurait fallu écrire «institue» et non «institut».

  • Jean Claude Pomerleau
    Inscrit
    mardi 27 juillet 2010 07h32
    La seule condition qui mène à un changement de statut
    Ce que dis le jugement sur le Kosovo c'est que peu importe que la déclaration d'indépendance soit légale ou non ce qui la rend effective c'est un rapport de force favorable. Il reste donc au Kosovo à bâtir ce rapport de force sur le terrain politique.

    Dans le cas du Monténégro la Serbie avait signé un protocole s'engageant à reconnaitre les résultats et à respecter le cadre de transition vers le nouveau statut. Dans ce cas le rapport de force était établi avant même le passage à l'acte. Le référendum avait donc formaliser en droit (de jure) une situation qui existait de fait (de facto).

    Dans le cas du Québec comme celui du Kosovo le rapport de force favorable reste à bâtir; c'est exactement ce que vise le Plan Marois. Ce faisant elle ramène le projet souverainiste dans le champs du réel.

  • Georges Paquet
    Abonné
    mardi 27 juillet 2010 07h49
    En passant
    En passant, M. Leblanc, il aurait fallu écrire "...bien des pays, comme l'Espagne <auraient> accepté ...

  • Rodrigue Tremblay
    Inscrit
    mardi 27 juillet 2010 08h02
    Et l'Espagne?
    Et pourquoi l'Espagne refuse-t-elle de reconnaitre le Kosovo?
    Le plus savoureux de l'histoire c'est de voir le Canada reconnaitre un petit pays pauvre et non viable, construit sur le nettoyage ethnique le plus pur, alors qu'il condamne depuis près de 50 ans le Québec libre sur la base qu'il serait pauvre et trop ethnique!

  • Marc-Antoine Daneau
    Inscrit
    mardi 27 juillet 2010 08h20
    Quel pouvoir à la CIJ au Québec ?
    La CIJ prend acte du fait accompli et augmente simplement sa législation sur le sujet, elle se construit. Elle a observé un fait accompli pour le Kosovo et elle n'aura d'autre choix que d'observer un fait accompli pour le Québec. La nature et la quantité des violences intra-étatiques n'ont strictement à voir avec la reconnaissance internationale, qui n'est que poids du commerce.

  • michel lebel
    Inscrit
    mardi 27 juillet 2010 08h40
    Toujours l'idéologie!
    Soyons sérieux! Le cas du Kosovo ne s'applique pas au Québec. Mieux vaudrait pour les souverainstes de se servir de la Loi sur la clarté et l'avis de la Cour suprême sur la sécession. Mais évidemment ces choix sont tabous et "traîtres" pour eux! Mieux vaut rester aveugle et rêver! Idéologie, quand tu me tiens!

  • Simon Beaudoin
    Inscrit
    mardi 27 juillet 2010 09h51
    Le cas espagnol ; la justice internationale
    Je ne suis pas un expert de cette question, mais à ma connaissance, l'Espagne a un passé récent de discrimination envers ses citoyens qui n'utilisaient pas la langue officielle, le castillan si je ne m'abuse, et la guerre civile espagnole a laissée des traces chez les Basques et les Catalans.

    En second lieu, je ne peut qu'être d'accord avec les affirmations de Monsieur Roseberry, qui me semblent très sensées. L'approche de l'indépendance qu'il dégage, à ce que je vois, comme solution une ultime devant un danger extrême sur un peuple et liée à l'impossibilité d'un rapprochement à court terme me plaît beaucoup. Je ne peux voir autrement un projet d'indépendance, sinon chaque minorité sauterait sur l'occasion pour faire valoir des droits imaginaires sur un territoire qui ne peut, selon moi, lui appartenir.

    Il faudrait maintenant définir de façon plus claire et plus efficace, si nous voulons nous diriger vers une justice plus mondiale, dans quelles circonstances exactement un peuple opprimé est susceptible de déclarer son indépendance ; en fait et plus simplement, il faudrait savoir quand un peuple est opprimé et aussi quand les stigmates de cette oppression peuvent s'estomper suffisamment pour que deux peuples puissent vivre ensemble dans une certaine harmonie, ou du moins sans haine explosive.

    Simon Beaudoin

  • Andre Vallee
    Abonné
    mardi 27 juillet 2010 10h56
    Une seule base.
    Il n'y a pas deux cas vraiment semblables. Mais pour tous, la condition indiscutable est la volonté des personnes qui habitent le territoire, considérant l'histoire, la langue, les valeurs communes, les limites géographiques.... etc.
    Comment peut-on refuser ce droit à une nation à qui on a imposé une Union en 1840, une Confédération en 1867, une limite territoriale usurpée (Labrador), et une Constitution de 1982 qu'elle n'a jamais acceptée ni signée.
    Reconnaître une nation, il faut que ça veuille dire quelque chose.

  • Rodrigue Guimont
    Abonné
    mardi 27 juillet 2010 12h25
    À ce que je sache…
    Dans son avis la CJI n’a jamais fait aucune mention aux "souffrances exceptionnelles" du peuple kosovar, pourquoi en faites-vous une condition sine qua none pour accéder à l’indépendance?

    La CIJ avait à rendre son avis sur la déclaration unilatérale d’indépendance du Kosovo pas sur les «souffrances exceptionnelles» des Kosovars. Serait-ce une compensation selon-vous?

    Vous faites dire à la CIJ, Monsieur Roseberry, ce qu’elle n’a jamais dit en déclarant : «On comprendra alors que si l'existence d'une injustice violente doit être établie avant la proclamation unilatérale d'indépendance, la liste des candidats à l'indépendance s'en trouve passablement réduite, ce qui comprend le Québec». Pour une fausse prémisse en voilà toute une!

    Pas une seule fois dans l’avis consultatif, divisé en cinq parties, la CIJ n’a parlé de «souffrances exceptionnelles», de violence envers les Kosovars, de torture, d’exaction de toutes sortes, et que cette reconnaissance viendrait en quelque sorte justifier l’avis donné par la CIJ.

    Dans la partie (1) elle s’est assurée qu’elle avait les compétences pour rendre cet avis, en (2) elle s’est interrogée sur la portée et le sens de la question posée en se posant comme question si déclaration d’indépendance du Kosovo adoptée le 17 février 2008 était «conforme au droit international», en (3) dans le contexte factuel elle avait à apprécier le suivit de l’administration du Kosovo suite à la Déclaration, en (4) elle avait à répondre sur la conformité de cette Déclaration face au Droit international et en (5) elle a rendu sa conclusion : « «La Cour a conclu ci-dessus que l’adoption de la déclaration d’indépendance du 17 février 2008 n’a violé ni le droit international général, ni la résolution 1244 (1999) du Conseil de sécurité, ni le cadre constitutionnel. En conséquence, l’adoption de ladite déclaration n’a violé aucune règle applicable du droit i

  • Marc Tremblay
    Inscrit
    mardi 27 juillet 2010 12h37
    La nation québécoise
    Lorsqu'un peuple se reconnaît comme une nation et qu'il occupe majoritairement un territoire, il a le droit à son autonomie, peut importe ses motifs. D'autant plus que le Parlement fédéral auquel il est assujetti l'a déjà reconnu comme nation.

  • Gilles Théberge
    Abonné
    mardi 27 juillet 2010 14h16
    Comment en sortir ? Comme on y est entré...
    Monsieur Roseberry aurait peuit-être intérêt à pousser un peu plus loin son questionnement. Par exemple en se demandant comment le Québec s'est fait entrer de force dans le carcan canadian? Il n'y a pas eu de référendum pour y entrer à l'époque bien qu'il devait y s'en tenir un qui avait été promis auz Canadiens Français. Je ne vois pas comment ni pourquoi il en faudrait un pour en sortir. Me semble que ça coule de source. Mais la source ne se rend pas jusqu'à l'Université du chercheur...

  • Martin Lachapelle
    Inscrit
    mardi 27 juillet 2010 15h05
    L'hypocrisie des "donneurs de leçons" en matière de démocratie
    C’était à prévoir, lorsque le Kosovo s’est séparé unilatéralement de la Serbie, la coalition fédéraliste d’ici s’est empressée de rejeter toute comparaison possible avec la situation du Québec. Comme ce fut
    le cas à la suite du référendum gagné par les souverainistes du Monténégro, survenu deux ans plus tôt… Et comme ce fut aussi le cas pour les quelques 150 nouveaux pays créés depuis la conception de l'ONU en 1945, alors que le monde entier comptait seulement 51 peuples libres...

    Et j'imagine que ce sera également le cas pour le prochain peuple annexé qui réussira à accéder à son indépendance… Bref, on connaît la chanson. Peu importe la nation, peu importe le chemin menant à la liberté et peu importe la façon d’y accéder, quand bien même les catalans, les tibétains, les flamands, les tchétchènes ou le dernier peuple « provincial » emprisonné sur terre parviendrait enfin à se libérer pour créer son propre pays, nos Elvis Gratton lobotomisés trouveraient encore le moyen de rabâcher que les « séparatisses » sont démodés et que l’indépendance est une idée dépassée!

    Évidemment, cette déclaration unilatérale d’indépendance du Kosovo n’allait pas passer comme une lettre à la poste. Bien que pratiquement tous les grands pays du monde aimant donner des leçons de démocratie ont eux-mêmes presque tous acquis et proclamé leur propre indépendance unilatéralement, par la force des armes et / ou de l’argent, les gouvernements souverainistes de toutes les nations « provinciales » en quête de liberté, à travers le monde entier, ont maintenant le fardeau de devoir procéder en faisant preuve d’une parfaite transparence et d’une considération de la
    volonté démocratique du peuple, dont les pays établis se sont pourtant exemptés de respecter! Bref, faites ce qu’on vous dit : pas ce qu’on a fait… Ainsi, les grands pays « reconnus », malgré leurs différents, sont en général

  • Georges Paquet
    Abonné
    mardi 27 juillet 2010 16h56
    À Marc Tremblay. Ce sont les Québécois, quelque soit l'endroit où ils résident au Canada qui ont été reconnus comme nation par la Chambre des Communes.
    Marc Tremblay se trompe en écrivant que le parlement canadien aurait reconnu le Québec comme nation.
    1- Le Sénat canadien a tenu à ne pas se saisir de la résolution adoptée par la chambre des Communes. Donc on ne doit pas dire que le parlement canadien a adopté cette résolution.
    2- Le 27 novembre 2006,la Chambre des communes a adopté, à une immense majorité (266 contre 16) la motion suivante : Que cette Chambre reconnaisse que les Québécois forment une nation au sein d'un Canada uni. Et sa version anglaise : « That this House recognize that the Québécois form a nation within a united Canada
    3-Le ministre des Affaires étrangères a déclaré, le 27 novembre: « Les Québécois savent qui ils sont. Ils savent qu'ils ont participé à la fondation du Canada, qu'ils ont aidé à façonner le pays dans toute sa grandeur. Notre motion est importante pour l'ensemble des Canadiens parce que c'est un geste de réconciliation. C'est important de reconnaître que les Québécois ont réussi à préserver leur langue et leur culture unique tout en faisant partie de la fédération canadienne. » Et un peu plus loin, il ajoute : « Le présent débat porte seulement sur les Québécois en tant que nation, et non sur le Québec en tant que nation. La différence est énorme. »
    4- Le premier ministre Stephen Harper a déclaré en déposant sa motion, le 22 novembre 2006 : « Les Québécois savent qui ils sont. Ils savent qu'ils ont participé à la fondation du Canada, à son développement et à sa grandeur. Ils savent qu'ils ont préservé leur langue et leur culture unique, et qu'ils ont fait progresser leurs valeurs et leurs intérêts au sein du Canada. La vraie question est simple : les Québécoises et les Québécois forment-ils une nation au sein d'un Canada uni ? La réponse est oui. Les Québécois et les Québécoises forment-ils une nation indépendante du Canada ? La réponse est non, et elle sera toujours non. »
    5-Il me semble donc que l'on peu

  • Micheline Gagnon
    Abonnée
    mardi 27 juillet 2010 19h39
    Voici comment je me sens reconnue, selon le texte de M. Paquet

    Alors, si je comprends bien votre texte, nous formons une nation à la grandeur du Canada à la condition d’être d’origine québécoise.

    En principe, une nation a des droits. Alors les services en langue française devraient être disponibles dans tout le pays pour cette nation? Si on donne comme exemple qu’un juge de la cour suprême du Canada n’a pas à maîtriser le français, n’est-ce pas là un droit nié à une nation? On est unis mais sans moi? Par contre, s’il s’agit d’un francophone d’une autre origine que le Québec, nier le droit à des services dans sa langue est juste? Alors, les acadiens et immigrants de pays francophones n’auraient pas les mêmes droits que nous?

    Si je suis dans l’erreur quand je dis qu’une nation a des droits, expliquez-moi ce qui fait ma différence en tant que citoyenne. On confirme seulement mon existence? Je n’ai qu’à me pincer pour savoir que j’existe, pas besoin de déclaration du gouvernement pour m’en convaincre.

    En conclusion, on me reconnaît mais on m’ignore that’s it and that’s all.

  • Jean-Marie Desgagne
    Abonné
    mardi 27 juillet 2010 23h00
    ARGUMENT FAIBLE
    Il ne fallait pas s’attendre à ce qu’un étudiant de l’université Queen’s prenne la part du projet d’indépendance du Québec. Chacun ayant droit au chapitre, monsieur Roseberry était tout à fait dans son élément en prenant fait et cause pour le fédéralisme. Toutefois son argumentaire déçoit par ce qu’il repose principalement sur un élément qui a fait son temps et dont la faiblesse est manifeste. En somme l’auteur se restreint à présenter le cas du Kosovo comme une situation de «génocide ethnique» justifiant la décision de la Cour internationale de justice d’appuyer l’indépendance de ce pays. Tout en reconnaissant qu’il soit normal de faire état du contexte d’une séparation, il est tout à fait exagéré d’affirmer que «l’existence d’une injustice violente doit être établie avant la proclamation unilatérale d’indépendance». Cela est purement arbitraire et ne tient aucunement du principe élémentaire du droit, pour une nation, d’avoir son pays. Ainsi il n’est pas nécessaire, pour un enfant, d’attendre d’être molesté par ses parents pour quitter le foyer. Il le fait lorsqu’il se sent capable d’assumer ses responsabilités de personne libre de voler de ses propres ailes. Tel est le projet d’indépendance caressé par une certaine partie des Québécois.
    Jean-Marie Desgagné
    Québec

  • Georges Paquet
    Abonné
    mercredi 28 juillet 2010 14h29
    Micheline Gagnon, vous avez tout à fait raison.
    Une nation a des droits. Les Québécois qui autrefois s'appelaient les "canadiens" par rapport aux "anglais" et se sont ensuite appelés les "canadiens-français" pour arriver à Québécois ont donc été reconnus comme une nation dans un Canada uni. Ce serait une affirmation de l'existence d'au moins deux nations, dans ce grand Canada. On pourrait, on devrait même, soutenir que le Canada est composé de trois nations fondatrices. Les autochtones, les canadiens francophones (Québécois) et les anglais. Il faudrait évidemment que les droits de ces trois nations soient respectés partout sur le territoire canadien. Or, on constate très rapidement qu'il reste baucoup de chemin à faire entre les principes et la pratique. Mais il n'est pas impossible d'y arriver. Par exemple, les francophones auraient droit à des services en français, quelque soit l'endroit où ils habitent au Canada. Je sais bien que ce n'est pas ce qui existe maintenant, mais je crois sincèrement qu'il est possible d'y arriver si on si met. Pour celà il faut croire qu'un Canada bilingue et multiculturel est possible. (Un Canada multiculturel, pour respecter au moins les trois nations). Si j'avais ici l'espace, je vous expliquerais la théorie et la pratique des trois nations. Si celà vous intéressait, je pourrais vous écrire directement par courriel.

    G.P.

  • James Dean
    Inscrit
    jeudi 29 juillet 2010 05h35
    je suis généteux
    Je souhaite de tout mon coeur aux Pkisses, un très beau Kosovo Québécois. Je leur souhaite un Monténégro made in Québec, une Palestine ou un chef d'état type Vénézuélien. Ne venez pas dire ensuite que je ne suis pas généreux avec vous.

  • Michel Bisson
    Inscrit
    jeudi 29 juillet 2010 06h53
    Droit unilatérial ou inaliénable?
    Tout peuple de la terre a droit à son indépendance..

    On trouve ça non unilatérale de voir un peuple opprimé à la baillnnette mais questionable de voir un peuple faire naturellement son indépendance et de se libérer de son joug...Bizard non?

    Le droit à l'indépendance est inaliénable, même si une génération ou plus ont décidé de se soumettre cela ne lie en rien les générations futures..

    Ce qui est inquiétant par exemple c'est l'oppresssion que vivent les Tibétains et les Palestiniens..

    C'est ça qui devrait poser question pas le fait que les peuples puissent se libérer sans aucun bain de sang...

  • Pierre Samuel
    Abonné
    jeudi 29 juillet 2010 09h30
    La question fondamentale...
    Tout un chacun est libre de rêver ou non... Il n'en reste pas moins que dans ce Québec «éclaté» et multiculturel de ce XX1e siècle où l'électorat est de plus en plus fragmenté et dont l'homogénéité idéologique, qui n'a d'ailleurs jamais existée même chez les diverses factions d'indépendantistes elles-mêmes, est maintenant complètement noyée dans ce «melting pot» indéfinissable d'accomodements plus ou moins raisonnables, ça prend une saprée dose d'optimisme ou d'illusion de s'imaginer qu'une éventuelle «indépendance» acquise, dans le meilleur des cas, par la peau des dents et quelques poussières règlerait la question une fois pour toutes...

    D'où pensez-vous proviennent les subterfuges et atermoiements du PQ depuis plus de 40 ans?

    La question fondamentale n'est pas de savoir si on a LE DROIT de créer un pays quand on a 51% des gens avec soi, mais de savoir si on veut tenter de bâtir un pays dont 49% de ses citoyens ne veulent pas ou parfois même ignorent totalement la signification! Pour tout Québécois le moindrement clairvoyant, poser la question c'est y répondre... que ça nous plaise ou pas!

  • JFB
    Inscrit
    jeudi 29 juillet 2010 10h02
    Droit compensatoire?
    L'autodétermination des peuples ne peut s'inscrire que dans le cadre d'une compensation, suite à une épuration ethnique! Pardonnez chers intellectuels ma vulgaire réflexion... Quand un couple se chicane constamment, ne devrait-il pas se laisser, pour le bien des enfants, avant que ceux-ci ne soient témoins de violence psychologique et physique, plutôt que de réagir par après (et oui, je sais... l'épuration ethnique des francophones au Canada s'est fait sur plusieurs siècles donc ça ne compte pas... ; ), on ne peut faire de lien... j'ai compris ).

  • Malartic
    Inscrit
    jeudi 29 juillet 2010 14h57
    Comparer le Quebec au Kosovo?...
    La Cour Internationale de Justice (CIJ) a statué sur une évidence qu'elle ne pouvait changer. Il y a bien d'autre situation semblable au Kosovo et la CIJ ne se prononcerait pas en leur faveur. Tout comme le Québec ou la Catalogne, il y a les Basques, les Bretons, les Wallons, Les Flamans, les Corses, le Tibet, Taiwan et de nombreux pays d'Afrique et d'Asie formés par les puissances coloniales qui ont des tribus qui voudraient bien se "libérer" de l'enclos du pays actuel.
    Si chaque groupe, ethnique, religieux ou tribal se met à demander d'être reconnue comme pays indépendant le CIJ aura du pain sur la planche. Et ensuite il faudra négocier des ententes internationnales.

  • Marc Tremblay
    Inscrit
    vendredi 6 août 2010 09h52
    D'accord, ce n'est pas le Parlement fédéral...
    ...qui a reconnu que les Québécois constituaient une nation, mais la Chambre des Communes. Cette motion est selon moi vide de sens et sans effet. D'ailleurs, comme il a été affirmé, ce n'est pas le Québec qui a été reconnu.

    Par ailleurs, l'avis de la CIJ a nettement plus de valeur que l'avis de la"Supreme Court" ; cela vaut pour la loi sur la clarté.

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