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Haïti: Après la destruction, l'attente - Accepter son sort

1. Éducation - Les promesses d'il y a six mois tardent à se matérialiser

Sous la tente qu’il partage avec son jeune frère, Jean-Marie, Jackson Joseph nourrit l’espoir d’être accepté au département de sociologie de l’Université d’État d’Haïti (UEH), toujours fermé.
Photo : Jean-François Lemire - Collaboration spéciale
Sous la tente qu’il partage avec son jeune frère, Jean-Marie, Jackson Joseph nourrit l’espoir d’être accepté au département de sociologie de l’Université d’État d’Haïti (UEH), toujours fermé.
Dans la capitale haïtienne, de superbes arbres en fleurs côtoient encore les plus atroces destructions. Six mois jour pour jour après la catastrophe, nos journalistes sur place lancent aujourd'hui une série de papiers bilans à suivre cette semaine dans nos pages.

Le lundi 5 avril, jour de la réouverture officielle de toutes les écoles publiques de Port-au-Prince, les marchands de bouffe et de jus colorés ont afflué avec le retour soudain de centaines d'élèves en uniforme bleu et blanc sur le terrain du lycée Jean-Jacques-Dessalines. Cela même s'il n'y avait toujours qu'un amas de débris là où se dressait naguère l'école de ce quartier dévasté, stratégiquement située au centre du secteur sud de la capitale.

Trois mois plus tard et six mois après le séisme dévastateur du 12 janvier en Haïti, on entame la dernière semaine de l'année scolaire. Et les marchands et cireurs de souliers y ont repris leurs activités grouillantes de façon permanente, cette fois devant des murs de bois pressé et sous des toits de tôle.

«Nous sommes heureux de ne pas avoir perdu notre année scolaire», raconte Caslandre Faustin, une étudiante de 19 ans qui entamera ses deux dernières années de lycée à l'automne et qui habite avec sa famille sous une bâche marquée du logo USAID dans la cour d'une école primaire. Vêtue de son uniforme bien repassé, contrairement à plusieurs collègues qui profitent au contraire de la journée «couleur» pour s'habiller à leur guise, la lycéenne a pris quelques minutes en compagnie d'amis pour discuter de son avenir et de celui de son pays avec le journaliste du Devoir venu à leur rencontre.

La première phase de reconstruction, celle de bâtiments semi-permanents permettant la reprise d'activités, a particulièrement été utile pour le système d'éducation, dont environ 70 % des infrastructures de la capitale étaient devenues inutilisables. À la mi-avril, la très grande majorité des écoles publiques, dont le lycée Jean-Jacques-Dessalines, avaient repris leurs activités grâce au soutien de l'armée française et de son programme, très efficace, de déblaiement des terrains scolaires publics. Les écoles privées congrégationnistes, tout comme les écoles internationales, avaient pour la plupart repris les classes le mois précédent, grâce au soutien financier de l'Église catholique ou d'autres organisations religieuses.

Par contre, les nombreuses petites écoles privées indépendantes, qui se situent pour la plupart à l'extérieur du cadre normatif du ministère de l'Éducation nationale, sont dans un plus piètre état. Ces institutions dites «écoles-borlettes», ne jouissent pas d'un appui public ou international. «Il y a encore des corps sous certains décombres d'écoles», relate un camarade de classe de Caslandre.

À l'Université d'État d'Haïti (UEH) et dans les quelques universités privées, le scénario est similaire. Des constructions de bois importé ou de préfabriqué servent de salle de classe.

«J'ai repris les cours, mais ce ne sont pas tous les étudiants qui ont pu les reprendre», rapporte Jackson Joseph, qui termine cet été son année préparatoire en sciences humaines à l'UEH et nourrit l'espoir d'être accepté au département de sociologie, toujours fermé, plus tard cette année. «Les cours du tronc commun ont repris, mais pas tous les autres cours.»

Assis sur son vieux matelas sous la tente de tôle et de bâche d'à peine plus de trois mètres carrés qu'il partage avec son jeune frère, Jean-Marie, Jackson garde précieusement son vieil ordinateur portable dans son sac.

«On essaie de s'organiser pour étudier par groupe et on se réunit chez les étudiants dont la maison n'est pas effondrée. Parfois, je peux même attraper un signal Internet sans-fil ici, mais le plus souvent, je réussis à me connecter un peu plus haut», sur la colline envahie par les tentes.

L'École nationale d'infirmières de l'UEH attend elle aussi des abris semi-permanents qui arriveront sous peu, semble-t-il. Son bâtiment principal s'était entièrement effondré, emportant avec lui l'ensemble des 300 étudiantes de sa dernière cohorte: aucune n'a survécu. Installée temporairement dans les locaux de conférences de l'Hôpital de l'Université d'État, communément appelé Hôpital général, la faculté de médecine et de pharmacie de la même université sise dans le centre de la ville devrait aussi s'installer bientôt dans des locaux en préfabriqué.

***

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  • Geoffroi - Abonné
    12 juillet 2010 01 h 08
    Juste pour rire
    Ottawa devait envoyer 400 millions me semble. Le G20 des "robocops" a coûté trop cher ? Et le Festival Juste pour rire ? Combien à Rozon, le peut-être prochain maire humoriste de Montréal, lequel formera une belle paire de politiciens comiques avec le maire humoriste de Quebec ?

    Haiti a absolument besoin d'un gouvernement qui se tienne debout et des administrateurs solides...comme le Québec.
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  • Socrate - Inscrit
    12 juillet 2010 09 h 16
    Tremblay
    On devrait envoyer le maire Tremblay en Haïti pour faire bouger les choses. Mais de vieux portables recyclables pourraient peut-être aider en attendant....
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  • Rodrigue Guimont - Abonné
    12 juillet 2010 10 h 07
    Comment utiliser cette formidable énergie de la jeunesse pour reconstruire le pays dévasté?
    Entre autres «promesses» le Canada (sous entendu le Québec puisque 95% des immigrants haïtiens s’installent au Québec plutôt que dans d’autres provinces ou territoires canadiens) avait promis la réunification des familles.

    Or, contrairement au Québec les règles sur le regroupement familial ontarien par exemple n’autorisent pas de parrainer frères et sœurs. Pourquoi?

    Mais qu’allons-nous faire au Québec de cette vague d’immigration haïtienne adulte nullement éduquée pour ne pas dire carrément analphabète? (plus des deux tiers des enfants d’Haïti n’achèvent pas l’école primaire et le taux d’analphabétisme (55 %) est le plus soit élevé des Amériques, sources UNESCO)

    Allons-nous les prendre collectivement en charge pour le restant de leurs jours? Allons-nous les envoyer à l’école à 35-50 ans pour qu’ils se trouvent possiblement de l’emploi? Vont-ils se trouver de l’emploi au Québec?

    Qu’à prévu le gouvernement canadien (c’est aussi la responsabilité canadienne, comme terre d’accueil, de se mêler du dossier haïtien) et québécois pour tenir une promesse qui semble de plus en plus difficile à tenir?

    Et comment peut-on soutenir et aidés, dans ce pays où règle la corruption à tous les niveaux, ceux restés là bas à ne rien faire, et sans que leur soit demandé leur participation active à la reconstruction de leur pays?

    Avoir 20 ans aujourd’hui à Haïti, être sans travail, sans espoir, ne pas savoir quoi faire de ses dix doigts est-une vie?
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  • Augustin Rehel - Inscrit
    12 juillet 2010 10 h 33
    La honte des nations
    On se mobilise si rapidement pour aller faire la guerre à l'autre bout du monde, et ces mêmes nations ne réussissent pas à se mobiliser pour porter secours à leurs semblables.

    Quelle hone!
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  • MichelG - Inscrit
    12 juillet 2010 14 h 29
    100 ans de colonialisme
    Ça fait 100 ans que les USA garde Haïti en sous développement et y installe des dictateurs d'extrème droite on ne peut plus cruels . Et encore une fois ils contrôlent tout en Haïti et menacent tous ceux qui tentent une véritable révolution tranquille .
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  • Jean Rousseau - Inscrit
    12 juillet 2010 14 h 50
    DE L’INCOMPÉTENCE INSTITUTIONNALISÉE *corrigé

    Je n'ai pas suivi méticuleusement les suites de cette catastrophe. Mais le peu qui m'en est parvenu concerne l'inaptitude du président Préval à gérer cela, ainsi que ces dons dont on ne sait ce qu'ils sont devenus.

    Ce qu'il faut comprendre, une fois pour toute, se trouve la nécessité de retrouver de hautes statures pour composer avec tel drame humain. Pouvons-nous imaginer Churchill avoir placé un rond de cuir à la tête des troupes pour stopper l'avancée du renard du désert, Rommel? En tant de guerre ou en affaires, lorsque la survie constitue un enjeu, une maturité émerge de l'inconscience collective pour promouvoir des candidatures de qualité; De Gaulle. Le type fonctionnaire qu'incarnait l'ancien PM Chamberlain sera rapidement remplacé par ce bouledogue anglais à la conscience certaine.

    Habituellement, en dehors de ces contextes là, les sociétés ne feront pas appel à la même logique. On conservera, par exemple, à la tête de l’opposition officielle, quelqu'un qui n'a pas les aptitudes, (la profondeur...), pour s'opposer au PM Charest, ce qui rétrécira les possibilités de la démocratie et par là, notre avenir. Tel que l'avouait le célèbre commandant
    Piché: "je m'en suis sorti grâce à mes instincts de survie que j’avais développé en prison seize ans auparavant". Le fonctionnariat, de par sa structure, annihile ces précieux leviers, tout comme le fédéralisme actuel pour les francophones, entre autre.

    Je pourrais développer, mais puisqu’on ne se trouve pas enlisé dans un conflit militaire, personne, il me semble, n’en saisira les avantages. Voilà la réalité, mais les gens préféreront les rêves et la routine, à l’effort. Un ancien étudiant du secondaire disait à ce propos: « il fait chaud, ça pue, pis on est bien » (Jean Boisvert).

    Jean Rousseau, B. Ps
    spécialiste des ressources humaines
    courriel : jeanrousseau@live.ca
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  • Vive le Québec libre - Inscrit
    12 juillet 2010 16 h 04
    Et l'Église dans tout ça !!!!
    Et l'Église dans tout ça !!!! Ou est elle !! Monseigneur Ouellet ! Benoit XVI !! Cette église qui croule sous sa fortune, ou est ce Dieu qui disait «Aide toi et le ciel t'aidera».
    Foutaises ! Scandale! Ces pauvres Haïtiens sont livrés à eux mêmes, qu'ils vivent ou qu'ils meurent l'humanité tout entière en commençant par tout ces grands décideurs que je viens d'invoquer parmi tant d'autres évidemment se regardent tous le nombril, font des belles promesses qui ne se concrétiseront jamais.
    Bien entendu, si le sol Haïtien était farci de pétrole, combien de temps pensez vous qu'il aurait fallu pour reconstruire, pour redonner un peu de dignité à tout ces gens ?
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