Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • fermer

    Connexion au Devoir.com

    Mot de passe oublié?
    Abonnez-vous!

    Haïti: Après la destruction, l'attente - Accepter son sort

    1. Éducation - Les promesses d'il y a six mois tardent à se matérialiser

    Sous la tente qu’il partage avec son jeune frère, Jean-Marie, Jackson Joseph nourrit l’espoir d’être accepté au département de sociologie de l’Université d’État d’Haïti (UEH), toujours fermé.
    Photo: Jean-François Lemire - Collaboration spéciale Sous la tente qu’il partage avec son jeune frère, Jean-Marie, Jackson Joseph nourrit l’espoir d’être accepté au département de sociologie de l’Université d’État d’Haïti (UEH), toujours fermé.
    Dans la capitale haïtienne, de superbes arbres en fleurs côtoient encore les plus atroces destructions. Six mois jour pour jour après la catastrophe, nos journalistes sur place lancent aujourd'hui une série de papiers bilans à suivre cette semaine dans nos pages.

    Le lundi 5 avril, jour de la réouverture officielle de toutes les écoles publiques de Port-au-Prince, les marchands de bouffe et de jus colorés ont afflué avec le retour soudain de centaines d'élèves en uniforme bleu et blanc sur le terrain du lycée Jean-Jacques-Dessalines. Cela même s'il n'y avait toujours qu'un amas de débris là où se dressait naguère l'école de ce quartier dévasté, stratégiquement située au centre du secteur sud de la capitale.

    Trois mois plus tard et six mois après le séisme dévastateur du 12 janvier en Haïti, on entame la dernière semaine de l'année scolaire. Et les marchands et cireurs de souliers y ont repris leurs activités grouillantes de façon permanente, cette fois devant des murs de bois pressé et sous des toits de tôle.

    «Nous sommes heureux de ne pas avoir perdu notre année scolaire», raconte Caslandre Faustin, une étudiante de 19 ans qui entamera ses deux dernières années de lycée à l'automne et qui habite avec sa famille sous une bâche marquée du logo USAID dans la cour d'une école primaire. Vêtue de son uniforme bien repassé, contrairement à plusieurs collègues qui profitent au contraire de la journée «couleur» pour s'habiller à leur guise, la lycéenne a pris quelques minutes en compagnie d'amis pour discuter de son avenir et de celui de son pays avec le journaliste du Devoir venu à leur rencontre.

    La première phase de reconstruction, celle de bâtiments semi-permanents permettant la reprise d'activités, a particulièrement été utile pour le système d'éducation, dont environ 70 % des infrastructures de la capitale étaient devenues inutilisables. À la mi-avril, la très grande majorité des écoles publiques, dont le lycée Jean-Jacques-Dessalines, avaient repris leurs activités grâce au soutien de l'armée française et de son programme, très efficace, de déblaiement des terrains scolaires publics. Les écoles privées congrégationnistes, tout comme les écoles internationales, avaient pour la plupart repris les classes le mois précédent, grâce au soutien financier de l'Église catholique ou d'autres organisations religieuses.

    Par contre, les nombreuses petites écoles privées indépendantes, qui se situent pour la plupart à l'extérieur du cadre normatif du ministère de l'Éducation nationale, sont dans un plus piètre état. Ces institutions dites «écoles-borlettes», ne jouissent pas d'un appui public ou international. «Il y a encore des corps sous certains décombres d'écoles», relate un camarade de classe de Caslandre.

    À l'Université d'État d'Haïti (UEH) et dans les quelques universités privées, le scénario est similaire. Des constructions de bois importé ou de préfabriqué servent de salle de classe.

    «J'ai repris les cours, mais ce ne sont pas tous les étudiants qui ont pu les reprendre», rapporte Jackson Joseph, qui termine cet été son année préparatoire en sciences humaines à l'UEH et nourrit l'espoir d'être accepté au département de sociologie, toujours fermé, plus tard cette année. «Les cours du tronc commun ont repris, mais pas tous les autres cours.»

    Assis sur son vieux matelas sous la tente de tôle et de bâche d'à peine plus de trois mètres carrés qu'il partage avec son jeune frère, Jean-Marie, Jackson garde précieusement son vieil ordinateur portable dans son sac.

    «On essaie de s'organiser pour étudier par groupe et on se réunit chez les étudiants dont la maison n'est pas effondrée. Parfois, je peux même attraper un signal Internet sans-fil ici, mais le plus souvent, je réussis à me connecter un peu plus haut», sur la colline envahie par les tentes.

    L'École nationale d'infirmières de l'UEH attend elle aussi des abris semi-permanents qui arriveront sous peu, semble-t-il. Son bâtiment principal s'était entièrement effondré, emportant avec lui l'ensemble des 300 étudiantes de sa dernière cohorte: aucune n'a survécu. Installée temporairement dans les locaux de conférences de l'Hôpital de l'Université d'État, communément appelé Hôpital général, la faculté de médecine et de pharmacie de la même université sise dans le centre de la ville devrait aussi s'installer bientôt dans des locaux en préfabriqué.

    ***

    Collaborateur du Devoir
     
     
    Édition abonné
    La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
     
     












    CAPTCHA Image Générer un nouveau code

    Envoyer
    Fermer
    Blogues

    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel