G8 et G20: la planète ne souffre pas seulement de déséquilibre budgétaire, rappelle Ban Ki-moon
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a laissé diplomatiquement entendre hier que les efforts des pays les plus développés pour juguler la crise économique par un rééquilibrage rapide des dépenses étatiques ne devraient pas se faire «sur le dos des plus pauvres de la planète», les principales victimes des changements climatiques.
Le secrétaire général a fait cette remarque hier à son retour du sommet du G20, où les pays membres se sont engagés à réduire leurs déficits respectifs de 50 % d'ici à 2013.
Ces remarques étaient d'autant plus pertinentes que le bilan du sommet publié hier par l'Union européenne ne fait aucune mention des deux priorités ramenées sur le tapis par le secrétaire général de l'ONU, soit les engagements des pays développés faits à Copenhague de verser 30 milliards par année en aide d'urgence pour l'adaptation des pays en développement aux changements climatiques.
Ban Ki-moon a aussi rappelé que les pays développés se sont encore plus récemment engagés à verser 5,3 milliards pour la reconstruction d'Haïti. Et, a-t-il ajouté, seulement 40 millions provenant du Brésil avaient effectivement été versés au fonds spécial de relance, soit moins de 1 % des sommes promises.
Dans leur réaction conjointe, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, se sont félicités de la «convergence» des solutions économiques retenues contre la crise économique mondiale et de la vision commune pour une «croissante forte, viable et équilibrée». Ils se sont aussi déclarés enchantés de voir qu'on avait convenu à Toronto de «cibles minimales de réduction des déficits» et de rendre le secteur financier plus résistant aux crises et aux risques d'effondrement.
Mais pas un mot dans la longue déclaration de l'Union européenne sur la lutte contre les changements climatiques, sur l'aide à Haïti et aux pays en développement, hormis le souhait de voir les pourparlers de Doha redémarrer d'ici le prochain sommet de Séoul.
Pour les groupes écologistes canadiens, le sommet de Toronto est soit un match nul ou un échec. Le commentaire le plus percutant est venu de Robert Bailey, d'Oxfam International, pour qui «les leaders du G8 ont voulu cacher leur échec de respecter leur engagement visant à augmenter leur aide aux pays en développement, contractés à Glenneagles. Ils ont plutôt confirmé qu'ils voleraient ce qui reste pour payer la facture des changements climatiques. Les fonds destinés au climat doivent plutôt s'ajouter aux fonds destinés à l'aide internationale, et non pas simplement recycler, renommer ou réemballer les mêmes sommes.»
Virginie Lambert-Ferry, de Greenpeace, a vu dans les conclusions du G8 un cocktail de «fausses solutions» avec l'accent mis sur le captage et l'enfouissement de carbone ainsi que sur les biocarburants.
Steven Guilbeault, d'Équiterre, a souligné de son côté que l'absence de progrès dans le dossier du climat «est une indication claire qu'après avoir paralysé toute action au Canada dans les quatre dernières années, le gouvernement Harper a réussi à faire de même au sein du G8».
Le secrétaire général a fait cette remarque hier à son retour du sommet du G20, où les pays membres se sont engagés à réduire leurs déficits respectifs de 50 % d'ici à 2013.
Ces remarques étaient d'autant plus pertinentes que le bilan du sommet publié hier par l'Union européenne ne fait aucune mention des deux priorités ramenées sur le tapis par le secrétaire général de l'ONU, soit les engagements des pays développés faits à Copenhague de verser 30 milliards par année en aide d'urgence pour l'adaptation des pays en développement aux changements climatiques.
Ban Ki-moon a aussi rappelé que les pays développés se sont encore plus récemment engagés à verser 5,3 milliards pour la reconstruction d'Haïti. Et, a-t-il ajouté, seulement 40 millions provenant du Brésil avaient effectivement été versés au fonds spécial de relance, soit moins de 1 % des sommes promises.
Dans leur réaction conjointe, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, se sont félicités de la «convergence» des solutions économiques retenues contre la crise économique mondiale et de la vision commune pour une «croissante forte, viable et équilibrée». Ils se sont aussi déclarés enchantés de voir qu'on avait convenu à Toronto de «cibles minimales de réduction des déficits» et de rendre le secteur financier plus résistant aux crises et aux risques d'effondrement.
Mais pas un mot dans la longue déclaration de l'Union européenne sur la lutte contre les changements climatiques, sur l'aide à Haïti et aux pays en développement, hormis le souhait de voir les pourparlers de Doha redémarrer d'ici le prochain sommet de Séoul.
Pour les groupes écologistes canadiens, le sommet de Toronto est soit un match nul ou un échec. Le commentaire le plus percutant est venu de Robert Bailey, d'Oxfam International, pour qui «les leaders du G8 ont voulu cacher leur échec de respecter leur engagement visant à augmenter leur aide aux pays en développement, contractés à Glenneagles. Ils ont plutôt confirmé qu'ils voleraient ce qui reste pour payer la facture des changements climatiques. Les fonds destinés au climat doivent plutôt s'ajouter aux fonds destinés à l'aide internationale, et non pas simplement recycler, renommer ou réemballer les mêmes sommes.»
Virginie Lambert-Ferry, de Greenpeace, a vu dans les conclusions du G8 un cocktail de «fausses solutions» avec l'accent mis sur le captage et l'enfouissement de carbone ainsi que sur les biocarburants.
Steven Guilbeault, d'Équiterre, a souligné de son côté que l'absence de progrès dans le dossier du climat «est une indication claire qu'après avoir paralysé toute action au Canada dans les quatre dernières années, le gouvernement Harper a réussi à faire de même au sein du G8».
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