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Karl Rove vient chanter les louanges du libre marché

L'ancien conseiller de George W. Bush vient vanter les mérites du libre-marché

Le Devoir à Toronto
Toronto — Ceux qui attendent de grandes révélations autour des sommets internationaux comme le G8 et le G20 se trompent, croit l'ancien «cerveau» du président Bush, Karl Rove: ces rencontres ne servent qu'à prendre le pouls des dirigeants de la planète, a-t-il fait valoir hier soir à Toronto.

L'architecte des victoires électorales de George W. Bush était de passage dans la Ville reine pour prononcer le discours d'ouverture du «Sommet du G20, foi et chefs d'entreprise», événement organisé par le pasteur évangélique Charles McVety, directeur du Canada Christian College. M. McVety est l'un des chefs de file de la droite religieuse au Canada, militant pro-vie et théo-conservateur reconnu.

Mais du conservatisme social et des valeurs familiales chères à M. McVety, Karl Rove n'a pas parlé, hier — du moins durant sa conférence de presse et les 30 premières minutes de sa présentation faite devant un parterre d'environ 150 personnes.

À l'heure du G20, M. Rove a préféré parler économie. Et livrer une charge contre le successeur de son ancien patron, Barack Obama. Interrogé sur ce qu'il pense des plans de relance économique mis de l'avant par les pays du G20 pour sortir de la crise, M. Rove a clairement indiqué qu'il désapprouvait ce genre d'initiatives.

Surtout, a-t-il dit, quand elles sont menées comme aux États-Unis. «Notre plan a été mal conçu. Ce n'était pas un plan de stimulation, mais un plan de dépenses. Il y a 44 % de l'argent qui a été dépensé: ça veut dire que l'essentiel de l'argent sera dépensé après la crise, plutôt que dans les moments cruciaux.»

Selon lui, le plan de relance du président Obama «n'a pas encouragé l'investissement ou l'emploi». «Sur 862 milliards, seuls 4 % sont allés à des projets d'infrastructures.» Il a dénoncé l'octroi de sommes pour aider à cesser de fumer ou pour contrer l'obésité. Des mesures qui n'aident en rien l'économie américaine, croit-il.

Devant un auditoire qui l'a ovationné à son arrivée, M. Rove a par ailleurs affirmé que les sommets du G20 ou du G8 ont leur «utilité», par exemple pour mettre en valeur des enjeux comme la santé maternelle. Mais ils ont surtout leurs limites, avance l'ancien conseiller et chef de cabinet adjoint de M. Bush.

«C'est bien pour rassembler tous les leaders et voir s'il peut y avoir des consensus sur certaines choses. Mais ce n'est pas un système de gouvernance», a-t-il dit en rappelant que plusieurs des promesses faites lors des sommets n'avaient pas été remplies.

Aux rencontres de ce type, Karl Rove préfère donc les discussions bilatérales — qui évitent un «horrible fardeau» financier au pays hôte. Globalement, il estime que le public attend trop de ces rencontres où le moindre détail des négociations est écrit des mois à l'avance par les sherpas des dirigeants. «Ce sont des rencontres pour tâter le pouls», résume-t-il.

Quand on lui a demandé pourquoi il avait accepté l'invitation du groupe chrétien de M. McVety, Karl Rove a laconiquement répondu: «Parce qu'ils m'ont invité.»
 
 
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