Santé mondiale - Le G8 doit s'investir malgré la crise
Les objectifs du millénaire sont atteignables, rappelle le patron du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme
Ottawa — Il ne reste que cinq ans pour atteindre les objectifs du millénaire pour le développement, mais la tâche n'est pas impossible, en particulier en matière de santé. Il faut cependant que les pays riches, en particulier le G8, ne prennent pas prétexte de la crise pour modérer leurs investissements, prévient le directeur général du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, Michel Kazatchkine.
Ils ne doivent pas non plus prendre prétexte de l'initiative sur la santé maternelle et infantile, pilotée par le premier ministre Stephen Harper, pour oublier l'importance de la lutte contre le sida et de la promotion des droits des femmes, poursuit-il.
«Nous sommes tous conscients que [les leaders du G8] auront à prendre des décisions difficiles dans un contexte économique et financier défavorable, mais en ce qui concerne la santé maternelle et infantile, les progrès ont été considérables [depuis 10 ans]. Si le financement était poursuivi et accru, on devrait atteindre ou venir très près d'atteindre les objectifs du millénaire», a-t-il confié au cours d'une entrevue téléphonique au Devoir.
En 2000, les Nations unies se sont donné huit objectifs à atteindre en matière de développement d'ici 2015. L'un d'entre eux visait à réduire des deux tiers la mortalité des enfants de moins de cinq ans; un autre, à réduire des trois quarts le taux de mortalité maternelle; et un troisième, à enrayer la propagation du VIH/sida et à commencer à inverser la tendance actuelle.
Selon le Dr Kazatchkine, ces trois objectifs sont atteignables, mais indissociables. Il souligne qu'en Afrique, plus de 50 % des décès de femmes en âge de procréer (de 15 à 49 ans) sont attribuables au sida. Et là où le taux de mortalité maternelle augmente, c'est généralement dû au sida.
Le G8 assure déjà 85 % du financement du Fonds mondial et M. Kazatchkine ne s'attend pas à de nouveaux engagements lors du sommet de juin. Il prévient cependant que le Fonds ne pourra faire davantage en matière de santé maternelle et infantile si on ne lui accorde pas de ressources additionnelles.
Ce vétéran de la lutte contre le sida rappelle par ailleurs que réduire la mortalité maternelle et infantile passe aussi par la promotion des droits des femmes. M. Harper a souvent répété que des solutions peu coûteuses, comme l'accès à l'eau potable et la formation en obstétrique du personnel de la santé, pouvaient avoir un grand impact. Le Dr Kazatchkine en convient et approuve cette idée, mais encore faut-il que les femmes aient accès à ces services.
«Quand on parle de santé maternelle et infantile, on ne peut ignorer le fait que, dans la plupart des pays en développement, les droits des femmes sont bafoués. Les femmes n'ont pas d'autonomie économique, politique, biologique. Cette absence de pouvoir et d'autonomie sur leur sexualité et leur maternité, qui est une violation de leurs droits fondamentaux, est étroitement liée à la mortalité maternelle et à la vulnérabilité particulière des femmes face au sida», dit-il.
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Collaboratrice du Devoir
Ils ne doivent pas non plus prendre prétexte de l'initiative sur la santé maternelle et infantile, pilotée par le premier ministre Stephen Harper, pour oublier l'importance de la lutte contre le sida et de la promotion des droits des femmes, poursuit-il.
«Nous sommes tous conscients que [les leaders du G8] auront à prendre des décisions difficiles dans un contexte économique et financier défavorable, mais en ce qui concerne la santé maternelle et infantile, les progrès ont été considérables [depuis 10 ans]. Si le financement était poursuivi et accru, on devrait atteindre ou venir très près d'atteindre les objectifs du millénaire», a-t-il confié au cours d'une entrevue téléphonique au Devoir.
En 2000, les Nations unies se sont donné huit objectifs à atteindre en matière de développement d'ici 2015. L'un d'entre eux visait à réduire des deux tiers la mortalité des enfants de moins de cinq ans; un autre, à réduire des trois quarts le taux de mortalité maternelle; et un troisième, à enrayer la propagation du VIH/sida et à commencer à inverser la tendance actuelle.
Selon le Dr Kazatchkine, ces trois objectifs sont atteignables, mais indissociables. Il souligne qu'en Afrique, plus de 50 % des décès de femmes en âge de procréer (de 15 à 49 ans) sont attribuables au sida. Et là où le taux de mortalité maternelle augmente, c'est généralement dû au sida.
Le G8 assure déjà 85 % du financement du Fonds mondial et M. Kazatchkine ne s'attend pas à de nouveaux engagements lors du sommet de juin. Il prévient cependant que le Fonds ne pourra faire davantage en matière de santé maternelle et infantile si on ne lui accorde pas de ressources additionnelles.
Ce vétéran de la lutte contre le sida rappelle par ailleurs que réduire la mortalité maternelle et infantile passe aussi par la promotion des droits des femmes. M. Harper a souvent répété que des solutions peu coûteuses, comme l'accès à l'eau potable et la formation en obstétrique du personnel de la santé, pouvaient avoir un grand impact. Le Dr Kazatchkine en convient et approuve cette idée, mais encore faut-il que les femmes aient accès à ces services.
«Quand on parle de santé maternelle et infantile, on ne peut ignorer le fait que, dans la plupart des pays en développement, les droits des femmes sont bafoués. Les femmes n'ont pas d'autonomie économique, politique, biologique. Cette absence de pouvoir et d'autonomie sur leur sexualité et leur maternité, qui est une violation de leurs droits fondamentaux, est étroitement liée à la mortalité maternelle et à la vulnérabilité particulière des femmes face au sida», dit-il.
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