À la rescousse de la matière grise d'Haïti
L'Agence universitaire de la Francophonie et les recteurs haïtiens proposent des solutions pour reconstruire le réseau
Photo : Jacques Grenier - Le Devoir
Le recteur de l’Agence universitaire de la Francophonie, Bernard Cerquiglini
Pour donner un nouveau souffle à l'enseignement supérieur en Haïti, il faudra non seulement reconstruire les bâtiments détruits par le séisme de l'hiver dernier, mais également corriger les énormes lacunes dont ce réseau souffrait depuis déjà longtemps, ont constaté les participants aux assises que l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF) consacrait lundi et hier à sa reconstruction.
Le plan d'action proposé contient à la fois des objectifs en matière de gouvernance et des objectifs éducationnels, le tout dans la perspective d'empêcher que l'exode des cerveaux ne s'accélère.
Pour mettre un peu d'ordre dans le système, ce plan, élaboré par les recteurs haïtiens en collaboration avec des experts de l'AUF, propose la création de nouvelles institutions en Haïti, dont une Conférence des recteurs, un Conseil de l'enseignement supérieur et de la recherche, et une Académie des sciences et des lettres.
Le recteur de l'AUF, Bernard Cerquiglini, est allé un peu plus loin lors d'un point de presse. «Il faut aider les Haïtiens à bâtir un ministère, des statuts, des accréditations, tout le système, a-t-il expliqué. Le séisme a révélé des problèmes structurels graves et profonds. Il faut saisir cette occasion pour faire une photographie claire des besoins.»
Depuis la fin du duvaliérisme en 1986, des dizaines d'institutions privées, qui dans bien des cas n'ont d'universitaire que le nom, ont poussé en Haïti, surtout dans la capitale, Port-au-Prince, en dehors de tout encadrement officiel. La majorité des quelque 150 «universités» ont d'ailleurs été détruites lors du tremblement de terre de janvier.
Plan commun
Entre autres objectifs éducationnels, le plan d'action vise l'élaboration d'un protocole commun de diplomation, un élargissement de l'éventail des disciplines offertes, une refonte des programmes de médecine et l'octroi, aux professeurs et aux étudiants finissants, de bourses de perfectionnement à l'étranger moyennant une promesse de retour en Haïti.
«C'est la matière grise d'Haïti qui est au coeur de notre plan», a fait remarquer le recteur de l'AUF dans son allocution de clôture.
D'ici la tenue de nouvelles assises en 2011, en Haïti cette fois, un comité de coordination et de suivi réunira des recteurs haïtiens et des experts internationaux, ainsi que des représentants de l'AUF et des États donateurs, afin d'éviter la «parcellisation des aides» et la multiplication d'aides «généreuses mais non pertinentes».
Parmi celles jugées pertinentes, l'AUF cherche une aide d'environ un million de dollars à court terme pour établir une dizaine de «points numériques», où les étudiants haïtiens pourront obtenir de la formation à distance. Une mesure jugée apte à contrer l'exode des cerveaux.
Ces assises de l'AUF, tenues à l'Université de Montréal, regroupaient une centaine de participants: recteurs et autres universitaires haïtiens, collègues de divers pays de la francophonie et représentants d'agences multilatérales, dont la Banque mondiale et l'UNESCO.
Le plan d'action proposé contient à la fois des objectifs en matière de gouvernance et des objectifs éducationnels, le tout dans la perspective d'empêcher que l'exode des cerveaux ne s'accélère.
Pour mettre un peu d'ordre dans le système, ce plan, élaboré par les recteurs haïtiens en collaboration avec des experts de l'AUF, propose la création de nouvelles institutions en Haïti, dont une Conférence des recteurs, un Conseil de l'enseignement supérieur et de la recherche, et une Académie des sciences et des lettres.
Le recteur de l'AUF, Bernard Cerquiglini, est allé un peu plus loin lors d'un point de presse. «Il faut aider les Haïtiens à bâtir un ministère, des statuts, des accréditations, tout le système, a-t-il expliqué. Le séisme a révélé des problèmes structurels graves et profonds. Il faut saisir cette occasion pour faire une photographie claire des besoins.»
Depuis la fin du duvaliérisme en 1986, des dizaines d'institutions privées, qui dans bien des cas n'ont d'universitaire que le nom, ont poussé en Haïti, surtout dans la capitale, Port-au-Prince, en dehors de tout encadrement officiel. La majorité des quelque 150 «universités» ont d'ailleurs été détruites lors du tremblement de terre de janvier.
Plan commun
Entre autres objectifs éducationnels, le plan d'action vise l'élaboration d'un protocole commun de diplomation, un élargissement de l'éventail des disciplines offertes, une refonte des programmes de médecine et l'octroi, aux professeurs et aux étudiants finissants, de bourses de perfectionnement à l'étranger moyennant une promesse de retour en Haïti.
«C'est la matière grise d'Haïti qui est au coeur de notre plan», a fait remarquer le recteur de l'AUF dans son allocution de clôture.
D'ici la tenue de nouvelles assises en 2011, en Haïti cette fois, un comité de coordination et de suivi réunira des recteurs haïtiens et des experts internationaux, ainsi que des représentants de l'AUF et des États donateurs, afin d'éviter la «parcellisation des aides» et la multiplication d'aides «généreuses mais non pertinentes».
Parmi celles jugées pertinentes, l'AUF cherche une aide d'environ un million de dollars à court terme pour établir une dizaine de «points numériques», où les étudiants haïtiens pourront obtenir de la formation à distance. Une mesure jugée apte à contrer l'exode des cerveaux.
Ces assises de l'AUF, tenues à l'Université de Montréal, regroupaient une centaine de participants: recteurs et autres universitaires haïtiens, collègues de divers pays de la francophonie et représentants d'agences multilatérales, dont la Banque mondiale et l'UNESCO.
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