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La Francophonie mise sur ses experts pour aider Haïti

Clément Duhaime croit que la capacité d’écoute de l’Organisation internationale de la Francophonie sera une de ses forces pour aider à la reconstruction d’Haïti.
Photo : Jacques Grenier - Le Devoir
Clément Duhaime croit que la capacité d’écoute de l’Organisation internationale de la Francophonie sera une de ses forces pour aider à la reconstruction d’Haïti.
Administrateur de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Clément Duhaime croit que celle-ci est particulièrement bien placée pour aider à la reconstruction d'Haïti grâce à ses nombreux réseaux d'experts (juristes, maires, parlementaires, policiers, universitaires, etc.), qui peuvent apporter leur contribution chacun dans son domaine.

L'autre grand atout dont dispose l'organisation francophone est à son avis sa capacité d'écoute. «Donner la parole, c'est ce qui fait la force de la Francophonie, car nous ne sommes pas un grand bailleur de fonds», a affirmé en entrevue M. Duhaime, numéro deux de l'OIF depuis janvier 2006.

Sitôt revenu d'une mission en Haïti, Clément Duhaime participait hier, à l'Université de Montréal, au lancement de deux jours de discussions sur la reconstruction du réseau universitaire haïtien. Comme bien d'autres secteurs, ce dernier a été touché par le séisme de janvier dernier. Par exemple, l'Institut de la Francophonie pour la gestion dans la Caraïbe, inauguré moins d'un an auparavant, a complètement été détruit par le tremblement de terre.

Le mot d'ordre pour ces assises consiste à «donner la parole aux universitaires Haïtiens pour qu'ils puissent exprimer leurs besoins», a assuré Clément Duhaime, ajoutant: «Sans être cynique, le drame peut être l'occasion de faire une réflexion d'ensemble pour savoir si Haïti peut se doter d'un réseau d'éducation public de qualité, du primaire à l'université.»

M. Duhaime a rappelé que la notion de «dialogue des cultures» était déjà au coeur de la charte de l'Agence de coopération culturelle et technique, l'ancêtre de l'OIF, en 1970.

L'éducation constitue, avec la justice, un des principaux axes de l'aide de la Francophonie à Haïti. Au cours de sa mission dans ce pays, la semaine dernière, M. Duhaime a signé avec le ministre de l'Éducation une entente portant sur la formation à distance des instituteurs du primaire. Un projet expérimental visant quelque 500 maîtres sera lancé à l'automne et pourrait s'étendre ensuite à l'ensemble des enseignants.

M. Duhaime a également promis aux autorités haïtiennes que l'OIF doublerait le nombre de Centres de lecture et d'animation culturelle (CLAC), qui s'élève actuellement à une vingtaine. Il s'agit de bibliothèques jumelées à des centres culturels, une formule que l'OIF a appliquée en Haïti et dans plusieurs pays francophones d'Afrique. Selon M. Duhaime, les CLAC doivent leur succès au fait qu'ils sont pris en charge par les communautés où ils sont implantés.

L'OIF devrait aussi prêter ses experts lors d'un Forum sur la culture haïtienne l'automne prochain. «Comme dit Dany Laferrière, c'est la culture qui va sauver Haïti. Il a raison: la résilience d'Haïti, c'est sa culture», affirme Clément Duhaime.

La Francophonie célèbre son quarantième anniversaire cette année, puisque l'Agence de coopération culturelle et technique a vu le jour en mars 1970. Haïti fait partie de ses 21 membres fondateurs. Aujourd'hui, l'Organisation internationale de la Francophonie regroupe 56 États et gouvernements.

«Le chemin parcouru en cette période relativement courte est considérable», croit Clément Duhaime, qui ajoute: «Le rêve de Léopold Senghor s'est trouvé renforcé depuis que le secrétaire général joue un rôle politique plus affirmé, sans que l'Organisation n'ait perdu de vue ses objectifs de solidarité et de coopération.»
 
 
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  • Sanzalure Sanzalure - Inscrit
    26 mai 2010 06 h 54
    L'histoire se répète
    Il y a plusieurs personnes qui désirent sincèrement aider Haïti.

    Mais comme plusieurs pays ont promis une aide substantielle, le magot attire tous les rapaces de ce monde. Et, je ne serais pas surpris que ce peuple se fasse baiser encore une fois.

    Plusieurs grands prédateurs rôdent et veulent cet argent. Les gens qui veulent vraiment aider Haïti devront être vigilants et prêt à se battre.

    Serge Grenier
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  • Georges Paquet - Abonné
    26 mai 2010 13 h 35
    Il faut commencer par fanciser Haïti...
    Sauf pour quelques élites économiques et politiques, on ne parle plus français en Haïti.

    Depuis le passage au pouvoir d'Aristide, on ne parle presque plus français en Haïti. On parle plutôt le créole, l'anglais et l'espagnole. On se demandait à l'époqiue, et on se demande toujours pour quels motifs, la France à si ouvertement et si généreusement encouragé Jean-Bertrand Aristide à se lancer dans la campagne électorale présidentielle de 1990. Le prêtre catholique, adepte du vaudou, martyr et thaumaturge, sans le moinde programme politique, a conquis les foules par son mélange du religieux et de la politique, et par sa maîtrise des formules populaires, toujours en créole. On connaît la suite des déboires qu'a connus ce pays.

    Vingt ans plus tard, il est urgent, en souhaitant que la francisation soit encore faisable, de prendre une variété d'initiatives pour l'utilisation et l'enseignement du français à tous les niveaux, de la garderie à l'Université.

    J'espère sincèrement qu'il n'est pas trop tard.
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