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Israël - Le dos au mur

Nétanyahou devra choisir entre ses alliés radicaux et le reste du monde

Jérusalem — Poussé dans ses derniers retranchements à l'issue d'entretiens houleux à la Maison-Blanche, le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, devra choisir entre la cohésion de sa majorité de droite et les concessions pour la paix demandées par Washington, estimaient hier les analystes.

En cédant aux exigences du président Obama,Netanyahu, qui est revenu hier soir en Israël, provoquerait inéluctablement l'implosion de sa coalition gouvernementale de droite. Dans le cas contraire, les relations avec le grand allié américain se détérioreraient, de même que le processus de paix avec les Palestiniens, déjà en panne.

M. Nétanyahou, estimait hier le quotidien Maariv dans son éditorial, devra choisir entre, d'un côté, «les durs du Likoud [son parti] et leurs alliés, notamment le chef de la diplomatie», l'ultra nationaliste Avigdor Lieberman, et de l'autre, «le reste du monde».

«Il [Nétanyahou] s'est lui-même enferré dans cette situation sans issue, car sa coalition n'est pas en mesure d'aller de l'avant dans le processus de paix, alors qu'il s'est engagé en ce sens», souligne Yossi Alpher, analyste et ex-conseiller de l'ancien premier ministre travailliste Éhoud Barak lors des négociations de paix de Camp David à l'été 2000.

La confiance

«Cela ressemble à la quadrature du cercle, et le résultat en est que Nétanyahou a été traité par la Maison-Blanche comme le dernier des dictateurs», renchérit l'avocat Gilaad Sheer, ancien chef de cabinet de M. Barak.

Selon les médias, M. Obama a pressé M. Netanyahu de faire «des gestes» pour rétablir la confiance des Palestiniens et l'a mis en demeure de stopper la construction dans la partie orientale de Jérusalem, dont l'annexion par Israël en 1967 n'a jamais été reconnue internationalement.

Pour le professeur Eytan Gilboa, un expert des États-Unis, M. Nétanyahou pourrait tenter d'aplanir la crise avec Washington en ralliant à sa majorité le parti centriste Kadima de l'ex-ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni. «Mais, il serait toujours confronté aux éléments radicaux du Likoud décidés à en découdre avec les États-Unis», souligne-t-il.

La construction

Sans attendre la réunion du cabinet de sécurité théoriquement prévue dès le retour de M. Nétanyahou, le suppléant de ce dernier, Sylvan Shalom, a ainsi déclaré que «la poursuite de la construction à Jérusalem n'est pas négociable. Si le cabinet cède sur ce point, il tombe immédiatement.»

Même ton sans appel pour Eli Yishaï, chef du parti religieux orthodoxe Shass, autre pilier de la coalition: «le gouvernement continuera de construire à Jérusalem.»

Loin de s'émouvoir d'une éventuelle implosion de la coalition au pouvoir en Israël, l'analyste Ziad Abou Amr, chef du Comité palestinien pour les relations extérieures, l'appelle de ses voeux. «Pourquoi le monde devrait-il éprouver un quelconque regret pour ce gouvernement d'extrême droite, qui cause des problèmes entre Palestiniens et Israéliens, à la région et à la communauté internationale?», s'interroge-t-il.

«Je ne crois pas qu'il y ait beaucoup de gens prêts à verser des larmes, si cette coalition s'effondre», ajoute-t-il. Cela serait selon lui le gage d'une éventuelle relance du processus de paix.

Les pays arabes

Les ministres arabes des Affaires étrangères sont tombés d'accord hier sur une aide de 500 millions de dollars aux Palestiniens de Jérusalem, au terme d'une réunion préparatoire du sommet prévu ce week-end en Libye, a annoncé le secrétaire général de la Ligue arabe. Cette décision doit être présentée ce week-end aux chefs d'État arabes pour ratification.

Le secrétaire général de la Ligue arabe a indiqué par ailleurs que le Comité de suivi de la l'Initiative arabe de paix se réunirait ce soir pour discuter de la position arabe en cas d'échec des efforts américains pour l'arrêt de la colonisation israélienne, estimant que «la possibilité d'un échec» était «la plus probable».
 
 
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  • dojinho - Inscrit
    26 mars 2010 06 h 11
    Quel est le vrai message de Washington?
    Pourtant, Washington ne cesse de crier sur tous les toits son inébranlable soutient à Israël (i.e. à un gouvernement d'extrême-droite dont les politiques vont ouvertement à l'encontre du droit international). Je lis çà comme une approbation tacite de la continuation de la politique de colonisation (illégale) d'Israël et de sa répression violente de toute forme de contestation des palestiniens.
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  • lephilosophe - Inscrit
    26 mars 2010 08 h 21
    Israël au carrefour
    Le moins que l'on puisse dire c'est que monsieur Nétanayou et sa coalition de radicaux d'extrême-droite ne pouvait pas mieux se comporter à l'égard du "progressiste Noir" à la Maison Blanche... Les projets de colonisation creuse de plus en plus la tombe de la solution à deux États que les États-Unis (sous Clinton) ont imposé à Rabin et Arafat. L'indistinction de plus en plus évidente entre les territoires occupés et Israël et la dynamique démographique laisse clairement poindre le moment où il faudra se rendre à cette évidence: Oslo a vécu! Il n'y aura pas deux États qui seraient venus couronner les théories du "développement séparé" des deux peuples (version euphémisante de l'apartheid). De plus en plus il est clair que les deux peuples devront vivre égaux dans UN seul État: la Palestine historique. C'était la thèse de Georges Habache, du Front Populaire de Libération de la Palestine et opposant notoire à Arafat... À suivre.
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  • Gilles Bousquet - Inscrit
    26 mars 2010 16 h 57
    @ lephilosophe
    Qui écrit : «De plus en plus il est clair que les deux peuples devront vivre égaux dans UN seul État: la Palestine historique. »

    Vous pensez que les juifs israéliens vont consentir à vivre en minoritaires dans une grande Palestine à majorité palestinienne musulmane ? Jamais ! Never ! Oubliez ça sauf si le droit de vote était réservé à leur peuple d'Élus juifs.
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  • Jean Rousseau - Inscrit
    26 mars 2010 20 h 16
    UN ACCORD INTERNATIONAL POUR PROTÉGER LES PALESTINIENS.
    Je suis content que le président Obama tienne son bout. Je crois que l'ensemble de la planète devrait prendre partie de façon groupée (ex.:ONU), contre tout agresseur en se tenant à leurs principes de justice, d'égalité des sexes, du droit de la propriété etc. Ainsi, les abus des juifs actuels n'auraient plus lieu. Aux israéliens je dis ceci:

    Le raisonneur qui observerait la mentalité juive, constaterait une trop grande solidarité chez ses membres, du à une quasi absence de sens critique de ceux-ci envers leurs autorités politique et religieuse, (semblablement aux japonais durant la seconde guerre mondiale).
    Ainsi, vos soldats reçoivent l'ordre de tuer et exécuteront par la suite aussi froidement que vos anciens bourreaux des adolescents palestiniens qui leur tirent des roches. Le vrai sage s'attaquerait à parfaire une éducation non pas centralisée (juive ou nazie), mais une d'envergure universelle, qui promouvoirait un sens critique suffisamment poussé pour que chacun n'oublie jamais qu'autrui lui ressemble. Vous relevez pour défendre les moins avantagés afin que votre gouvernement se préoccupe de l'ensemble, comme le ferait un véritable homme d'État, confondrait les nostalgiques des chambres à gaz.
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