Scandales de pédophilie dans l'Église catholique - Le pape s'excuse auprès des Irlandais
Benoît XVI devrait insister sur la «repentance», la «guérison» et le «renouvellement»
Photo : Agence France-Presse Vincenzo PInto
La teneur du message du pape Benoît XVI fera l’objet de toutes les attentions, car on ignorait toujours, hier, si le souverain pontife allait passer aux confessions sur la dissimulation des agressions qui s’est étendue sur plusieurs décennies.
Le pape Benoît XVI doit adresser aujourd'hui aux catholiques irlandais des excuses pour les sévices commis sur des enfants par des représentants de l'Église catholique, touchée par une nouvelle vague de scandales de pédophilie.
La teneur de son message fera l'objet de toutes les attentions, car on ignorait toujours, hier, si le souverain pontife allait reconnaître uniquement les agressions ou encore s'il allait passer aux confessions sur la dissimulation des faits qui s'est étendue sur plusieurs décennies.
La lettre, qui sera publiée aujourd'hui dans différents quotidiens irlandais, devrait insister sur la «repentance», la «guérison» et le «renouvellement». Le souverain pontife avait employé ces mots cette semaine lorsqu'il a annoncé qu'il signerait cette missive destinée à être lue demain dans les paroisses du pays.
Les victimes se disent fatiguées de recevoir des excuses d'une Église qui garde le silence sur la manière dont des évêques, sous la direction du Vatican, ont laissé se perpétrer les sévices en toute impunité. «Ce que nous allons probablement recevoir, et j'espère avoir tort, ce sont moult expressions de regret, de chagrin et d'excuses pour les horreurs [dont ont été victimes] des enfants par le passé. J'ai entendu cela si souvent», affirme Marie Collins, engagée dans la défense des droits des victimes en Irlande. «Je veux entendre des excuses pour les actions de la hiérarchie catholique», ajoute cette femme de 63 ans, qui a été violée à plusieurs reprises en 1960 par un prêtre dublinois, Paul McGennis. Les évêques irlandais, au courant de ses actes de pédophilie, n'ont interdit sa prêtrise qu'en 1997, peu de temps avant sa condamnation à 18 mois d'emprisonnement pour avoir violé Marie Collins et une autre petite fille.
Vague de scandales
Trois enquêtes ordonnées par le gouvernement, rendues publiques entre 2005 et 2009, ont levé le voile sur les viols, attentats à la pudeur et autres sévices dont ont été victimes plusieurs milliers de jeunes Irlandais dans des paroisses, pensionnats et orphelinats catholiques. Les évêques irlandais n'ont rapporté aucun cas à la police avant 1996, période marquée par les premières actions en justice contre l'Église. La vague des scandales à caractère sexuel a d'abord balayé le Canada et l'Australie dans les années 1980, avant de frapper l'Irlande dans les années 1990, pour atteindre les États-Unis au tournant du siècle et toucher l'Allemagne. D'ailleurs, Benoît XVI, qui fut archevêque de Munich entre 1977 et 1982, ne s'est pas encore exprimé sur les centaines de cas de sévices présumés qui ont été rendus publics en Allemagne, particulièrement dans son archidiocèse, depuis janvier.
D'ailleurs, le psychiatre d'un prêtre pédophile catholique qui avait été accueilli il y a 30 ans dans le diocèse de l'actuel pape Benoît XVI pour y suivre une thérapie a affirmé hier que l'Église avait ignoré ses mises en garde pendant des années. Brisant le secret médical, le neurologue et psychanalyste Werner Huth raconte dans l'édition en ligne du Süddeutsche Zeitung avoir déconseillé très tôt à l'archevêché de Munich-Freising de laisser le prêtre «H.» travailler au contact d'adolescents. Condamné pour pédophilie en 1986, il a été suspendu cette semaine pour avoir enfreint l'interdiction de s'occuper de jeunes. Il avait été reçu en 1980 dans le diocèse de Benoît XVI, alors le cardinal Joseph Ratzinger, malgré les soupçons qui pesaient déjà sur lui et à condition qu'il suive une thérapie.
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D'après l'Associated Press et l'Agence France-Presse
La teneur de son message fera l'objet de toutes les attentions, car on ignorait toujours, hier, si le souverain pontife allait reconnaître uniquement les agressions ou encore s'il allait passer aux confessions sur la dissimulation des faits qui s'est étendue sur plusieurs décennies.
La lettre, qui sera publiée aujourd'hui dans différents quotidiens irlandais, devrait insister sur la «repentance», la «guérison» et le «renouvellement». Le souverain pontife avait employé ces mots cette semaine lorsqu'il a annoncé qu'il signerait cette missive destinée à être lue demain dans les paroisses du pays.
Les victimes se disent fatiguées de recevoir des excuses d'une Église qui garde le silence sur la manière dont des évêques, sous la direction du Vatican, ont laissé se perpétrer les sévices en toute impunité. «Ce que nous allons probablement recevoir, et j'espère avoir tort, ce sont moult expressions de regret, de chagrin et d'excuses pour les horreurs [dont ont été victimes] des enfants par le passé. J'ai entendu cela si souvent», affirme Marie Collins, engagée dans la défense des droits des victimes en Irlande. «Je veux entendre des excuses pour les actions de la hiérarchie catholique», ajoute cette femme de 63 ans, qui a été violée à plusieurs reprises en 1960 par un prêtre dublinois, Paul McGennis. Les évêques irlandais, au courant de ses actes de pédophilie, n'ont interdit sa prêtrise qu'en 1997, peu de temps avant sa condamnation à 18 mois d'emprisonnement pour avoir violé Marie Collins et une autre petite fille.
Vague de scandales
Trois enquêtes ordonnées par le gouvernement, rendues publiques entre 2005 et 2009, ont levé le voile sur les viols, attentats à la pudeur et autres sévices dont ont été victimes plusieurs milliers de jeunes Irlandais dans des paroisses, pensionnats et orphelinats catholiques. Les évêques irlandais n'ont rapporté aucun cas à la police avant 1996, période marquée par les premières actions en justice contre l'Église. La vague des scandales à caractère sexuel a d'abord balayé le Canada et l'Australie dans les années 1980, avant de frapper l'Irlande dans les années 1990, pour atteindre les États-Unis au tournant du siècle et toucher l'Allemagne. D'ailleurs, Benoît XVI, qui fut archevêque de Munich entre 1977 et 1982, ne s'est pas encore exprimé sur les centaines de cas de sévices présumés qui ont été rendus publics en Allemagne, particulièrement dans son archidiocèse, depuis janvier.
D'ailleurs, le psychiatre d'un prêtre pédophile catholique qui avait été accueilli il y a 30 ans dans le diocèse de l'actuel pape Benoît XVI pour y suivre une thérapie a affirmé hier que l'Église avait ignoré ses mises en garde pendant des années. Brisant le secret médical, le neurologue et psychanalyste Werner Huth raconte dans l'édition en ligne du Süddeutsche Zeitung avoir déconseillé très tôt à l'archevêché de Munich-Freising de laisser le prêtre «H.» travailler au contact d'adolescents. Condamné pour pédophilie en 1986, il a été suspendu cette semaine pour avoir enfreint l'interdiction de s'occuper de jeunes. Il avait été reçu en 1980 dans le diocèse de Benoît XVI, alors le cardinal Joseph Ratzinger, malgré les soupçons qui pesaient déjà sur lui et à condition qu'il suive une thérapie.
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D'après l'Associated Press et l'Agence France-Presse
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