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Acceptation de la «feuille de route» sur le Proche-Orient - Sharon se défend contre son aile droite

Dans une position qui ne lui est pas familière.
Photo : Agence Reuters
Dans une position qui ne lui est pas familière.
Jérusalem — Au lendemain de l'approbation sous conditions du plan de paix du Quartet par son cabinet, Ariel Sharon s'est défendu hier contre les attaques virulentes de l'aile droite de son gouvernement, reconnaissant le droit des Palestiniens à un État indépendant, alors qu'il devrait rencontrer d'ici 48 heures son homologue palestinien Mahmoud Abbas.

«Cela ne peut continuer ainsi indéfiniment», a souligné le premier ministre israélien devant les parlementaires de son parti, le Likoud (droite).

Le gouvernement a approuvé dimanche par 12 voix contre 7 la «feuille de route» pour le Proche-Orient, qui prévoit la création d'un État palestinien en trois phases d'ici à 2005. Cet accord conditionnel marque un tournant important dans la politique israélienne, particulièrement pour les «faucons» du Likoud.

Chahuté

Ariel Sharon a été pendant des décennies un des opposants les plus fervents à cette création. Il affirmait alors qu'un État palestinien indépendant constituerait un danger mortel et il encourageait l'expansion des colonies juives en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza.

Il s'est ainsi retrouvé hier dans une position qui lui est peu familière: il a dû défendre ses efforts de paix, chahuté par des députés du Likoud qui n'ont pas manqué de lui rappeler son opposition passée aux concessions. «Garder 3,5 millions de personnes sous occupation est mauvais pour nous et pour eux», a-t-il justifié, en référence aux 36 années d'occupation israélienne dans la Bande de Gaza et en Cisjordanie.

Le cabinet d'Ariel Sharon a néanmoins posé des conditions à son accord à la «feuille de route». Ainsi, l'État hébreu refuse le droit au retour de quelque 3,5 millions de réfugiés palestiniens et exige que la partie palestinienne ôte toute capacité de nuisance aux milices anti-israéliennes. Les Palestiniens ont pour l'instant rejeté les exigences d'Israël, arguant que le plan devait rester inchangé.

Les autorités israéliennes et palestiniennes ont commencé hier à préparer une réunion entre Ariel Sharon et son homologue Mahmoud Abbas, la deuxième en dix jours. Selon des responsables palestiniens, la rencontre doit se dérouler mercredi soir à Jérusalem. Elle devrait ouvrir la voie au sommet tripartite avec le président américain George W. Bush la semaine prochaine, probablement en Jordanie.

Villepin chez Arafat

Yasser Arafat a reçu hier le ministre français des Affaires étrangères Dominique de Villepin à Ramallah (Cisjordanie), en dépit de la désapprobation israélienne. Ce dernier a réaffirmé que le plan de paix international représentait «une bonne occasion pour tout le monde». «La "feuille de route" a été acceptée par les deux parties. Elle doit être appliquée, a déclaré M. de Villepin à l'issue de cette rencontre. Chacun doit maintenant faire sa part du chemin.» Tout en exhortant les Palestiniens à mettre fin à la violence, le chef de la diplomatie française a appelé Israël à «geler la colonisation» et à interrompre ses opérations militaires en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza.

L'Union européenne a par ailleurs plaidé hier, à l'ouverture d'une réunion euro-méditerranéenne de deux jours au niveau des ministres des Affaires étrangères, pour qu'Israéliens et Palestiniens mettent en oeuvre rapidement le plan de paix du Quartet. Le ministre israélien des Affaires étrangères Silvan Shalom a assuré que son pays voulait «obtenir des progrès dans le processus de paix».

Mais ces initiatives restent extrêmement fragiles, alors que les violences se poursuivent sur le terrain. Un soldat israélien a été légèrement blessé hier matin lors de l'attaque d'un poste militaire par un Palestinien armé, a rapporté Tsahal. En Cisjordanie, l'armée a détruit les maisons de deux kamikazes dans la ville d'Hébron, tandis que onze militants présumés étaient interpellés.
 
 
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