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Les pourparlers compromis?

Le feu vert d’Israël à la construction de 1600 logements à Jérusalem-Est sape la reprise des négociations durement obtenue par les Américains

Mahmoud Abbas (à gauche) en compagnie du vice-président américain, Joe Biden
Photo : Agence Reuters
Mahmoud Abbas (à gauche) en compagnie du vice-président américain, Joe Biden
Les perspectives de relance du processus de paix se sont éloignées hier avec la décision du président palestinien, Mahmoud Abbas, de ne pas renouer le dialogue avec Israël sans un gel complet de la colonisation à Jérusalem-Est et en Cisjordanie occupée.

M. Abbas a posé cette condition après le feu vert d'Israël à la construction de 1600 logements dans un quartier juif de Jérusalem-Est annexée par l'État hébreu en 1967, une décision qui a provoqué la colère des Palestiniens et déclenché une crise diplomatique avec les États-Unis.

Le Canada, pourtant l'un des plus fidèles alliés d'Israël dans le monde, a aussi «déploré» hier cette annonce, estimant qu'elle nuisait aux perspectives de paix.

Devant les protestations internationales, en particulier de Washington, le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, a présenté hier ses «regrets» au vice-président américain, Joe Biden, en visite officielle en Israël et en Cisjordanie.

«Le premier ministre a parlé au vice-président Biden et a exprimé ses regrets pour le moment malheureux» de l'annonce israélienne, a indiqué un communiqué du bureau de M. Nétanyahou.

Le vice-président américain, qui avait accusé le gouvernement israélien de «saper la confiance nécessaire à des négociations fructueuses» avec les Palestiniens, a pris acte de la «clarification» de M. Nétanyahou avant de quitter Israël pour la Jordanie en fin d'après-midi.

Le ministère de l'Intérieur d'Israël a donné mardi son feu vert à la construction de 1600 logements à Jérusalem-Est, au moment où commençaient des négociations israélo-palestiniennes après 15 mois d'impasse.

L'Autorité palestinienne du président Abbas a opposé une fin de non-recevoir à la déclaration de regrets d'Israël.

«Le communiqué [israélien] est inacceptable parce qu'il parle d'une erreur de calendrier et non d'une erreur sur le fond, qui est la poursuite de la colonisation», a déclaré le négociateur palestinien Saëb Erakat. «Toutes les décisions concernant les colonies en Cisjordanie et à Jérusalem-Est doivent être annulées», a insisté M. Erakat.

La crise est d'autant plus aiguë que les États-Unis venaient d'arracher un accord pour des négociations indirectes entre Israéliens et Palestiniens par l'intermédiaire de leur envoyé spécial, George Mitchell.

Le président Abbas «attend que M. Mitchell revienne dans la région la semaine prochaine pour nous dire que la décision [de construire à Jérusalem-Est)] a été annulée», a précisé M. Erakat.

De leur côté, les États-Unis ont affirmé qu'à leur connaissance, «rien n'indique» un retrait des Palestiniens des négociations. «Nous n'avons rien entendu indiquant qu'ils se sont retirés», a déclaré Philip Crowley, le porte-parole de la diplomatie américaine.

M. Abbas avait informé, dès mercredi, le chef de la Ligue arabe, Amr Moussa, qu'il ne retournerait pas à la table des négociations avec Israël sans l'annulation du projet de construction à Jérusalem-Est.

La Ligue arabe a annoncé dans la nuit de mercredi à hier, à l'issue d'une réunion d'urgence du Comité arabe de suivi du processus de paix au Caire, qu'il n'y aurait pas de négociations directes ou indirectes entre Israël et les Palestiniens «sans un arrêt des mesures israéliennes prises» en vue de ces travaux.

Une nouvelle réunion sera convoquée rapidement «si dans les deux ou trois jours qui viennent rien n'est fait» pour annuler la décision israélienne, a précisé M. Moussa.

Les Palestiniens veulent faire de Jérusalem-Est la capitale de leur futur État, tandis qu'Israël considère l'ensemble de la Ville sainte comme sa capitale «éternelle et indivisible».

«Conformément à la position exprimée par les États-Unis, l'Union européenne, les Nations unies et d'autres partenaires clés, le gouvernement du Canada estime que l'implantation de colonies permanentes à Jérusalem-Est nuit aux perspectives de paix», a annoncé le ministre canadien des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, dans un communiqué. «Le Canada croit que toutes les parties doivent respecter leurs engagements internationaux [et] cette annonce n'est pas de nature à promouvoir la paix dans la région», a-t-il poursuivi.

La mairie de Jérusalem projette de construire 50 000 nouveaux logements dans les quartiers de colonisation situés dans le secteur oriental de la Ville sainte, indique par ailleurs un rapport de l'association anticolonisation israélienne Ir Amim publié hier.

Dans un communiqué, la mairie de Jérusalem a qualifié de «faux» les chiffres de l'ONG.

Selon ce document, 20 000 logements seraient déjà dans un processus avancé d'autorisation, alors que 30 000 autres ne seraient qu'à l'état de projet.

La majorité des projets de construction à Jérusalem-Est, selon Ir Amim, une association qui milite pour «l'égalité entre les habitants juifs et arabes de la ville», seront situés dans les grands quartiers juifs existants.

En Israël, la crise diplomatique a suscité de vives tensions au sein de la coalition de M. Nétanyahou. «Il est de plus en plus difficile pour nous, les travaillistes, de continuer à siéger dans ce gouvernement», a menacé le ministre de l'Agriculture, Shalom Simhon.

M. Simhon a souligné que le Parti travailliste, dirigé par l'influent ministre de la Défense, Éhoud Barak, et qui compte 13 députés sur un total de 120 à la Knesset, avait rallié il y a un an le gouvernement de droite de M. Nétanyahou précisément «pour relancer le processus de paix avec les Palestiniens».

***

D'après l'Agence France-Presse
 
 
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  • Claude Kamps
    Inscrit
    vendredi 12 mars 2010 08h30
    Il est impossible de parler de paix avec Israël
    La super droite au pouvoir est supportée par les extrémistes sionistes qui ne rêve que d'un pays aussi grand que la Palestine.
    Le défis d'Israël en est un d'eau, ils ont épuisés bien trop vite la nappe souterraine des zones qu'ils cultivent a outrance...
    L'autre motif est la prise de territoire petit a petit pour implanter des zones sionistes qui ne lâcheront pas même avec des résolutions tout a fait inutile des instances internationales.

  • André Doré
    Abonné
    vendredi 12 mars 2010 10h48
    Ils sont forts ces israéliens...
    Ils imposent leurs vues même au Président des États-Unis qui semble être absolument impuissant à les raisonner. Ils continuent leurs actions génocidaires, il semblerait qu'ils seraient même allés hors d'Israël pour éliminer l'un des dirigeants du Hamas: un meurtre commandé, parait-il...
    J'aimerais féliciter à deux mains, notre honorable ministre Cannon qui a osé... oui osé dire que... «Le Canada croit que toutes les parties doivent respecter leurs engagements internationaux [et] cette annonce n'est pas de nature à promouvoir la paix dans la région». Quel courage!!! Il doit avoir bien du mal à dormir, notre ministre, depuis qu'il a émis ce communiqué...!!!
    Quelles farces... ces petites réprimandes de nos dirigeants et de nos institutions internationales... devant les affronts répétés d'Israël à ne pas se conformer aux nombreuses résolutions de l'ONU...
    Soyons clair: Israël ne veut rien savoir de la paix... comme le dit M. Kamps dans son commentaire.

  • Pierre Brosseau
    Abonné
    vendredi 12 mars 2010 13h06
    "MAUVAIS TIMING" ET FAIT ACCOMPLI
    Les "regrets" du premier ministre d'Israel sont tout simplement l'expression d'un "mauvais timing", comme il l'a dit lui-même au sujet de l'annonce des nouvelles implantations juives dans Jérusalem-Est survenue le jour même de la reprise des négociations indirectes menées par les États-Unis avec la Palestine.

    La politique israélienne du fait accompli se confirme une fois de plus. Ce que recherche Israel, c'est la vistoire et non la sécurité et la paix comme le prétendent les politiciens qui se succèdent à la tête de cet État créé par l'Angleterre et les Nations-Unies. La victoire étant le contrôle total du seul Grand Israel et son occupation éternelle par les Juifs, la démilitarisation complète des Palestiniens, le non-retour des exilés arabes, la sécurité de ses frontières et la suprématie militaire dans la région.

    Quel triste euphémisme que le commentaire du ministre canadien des Affaires étrangères Lawrence Cannon, à l'effet que "cette annonce (1600 nouveaux logements dans Jérrusalem-Est) n'est pas de nature à promouvoir la paix dans la région"... Il répond ainsi "diplomatiquement" à un gouvernement qui ne comprend que le langage des armes et de l'argent.

    Jusqu'à quelle extrémité les États-Unis soutiendront-ils Israel ? Jusqu'au bombardement "préventif" des installations nucléaires iraniennes probablement. Et après ?

    Il ne faut pas se tromper, le lobby juif est actif (voir AIPAC sur Google ou autre moteur de recherche) à tous les niveaux de gouvernements et d'institutions. Localement, on n'en a eu qu'un petit aperçu avec l'affaire Droit et Démocratie qui est déjà enterrée. Fait accompli, ce lobby contrôle un nouvel organisme qui ira dans le sens souhaité par B'nai Brith.

    Si Israel était seul avec ses problèmes dans sa bulle derrière son mur de "protection", on pourrait toujours prétendre égoistement que son conflit ne nous regarde pas, mais ce n'est pas le cas. Nous vivons dans un grand village. Peut-on penser une seule minute que le comportement de ce pays n'influence en rien notre propre sécurité, notre niveau de vie, nos relations avec nos voisins de diverses cultures ?

  • Marc-André Dupont
    Abonné
    vendredi 12 mars 2010 13h23
    L'impasse
    Au moment ou les pourparlers de paix doivent reprendre entre les israéliens et les palestiniens on apprend la construction a Jérusalem est de nouveaux logements. On voudrait saboter cette négociation qu'on ne s'y prendrait pas autrement.

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    vendredi 12 mars 2010 17h14
    Simple, les Israéliens ne veulent pas de pourparlers
    Les pourparlers ne feraient que faire reculer les Israéliens de leurs illégales colonies, en territoire Palestinien occupé, où ils font la loi.

  • Marc Tremblay
    Inscrit
    vendredi 12 mars 2010 20h40
    Hypocrisie des États-Unis
    Je n'en reviens pas. Israël, qui entend poursuivre son projet de construction dans la partie occupée illégalement de Jérusalem, a regretté d'avoir fait cette annonce durant la visite du v.p. des É.U. Ce dernier a acccepté ces excuses. Qui mène aux É.U. ? Le lobby juif.

    Marc Tremblay

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