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Shirin Ebadi - L'exil pour prendre la parole

La lauréate du prix Nobel de la paix 2003 croit, prudemment, au triomphe du mouvement démocratique en Iran

Prix Nobel de la paix, féministe tout aussi opposée au port du niqab qu'à l'interdiction du simple foulard (qu'elle ne porte d'ailleurs pas), démocrate convaincue que le mouvement d'opposition au régime prend de la vigueur en Iran, Shirin Ebadi vit en exil depuis la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad en juin dernier.

«Le mouvement d'opposition a changé de forme à cause de la sévérité de la répression, mais devient encore plus fort», a soutenu l'ancienne juge lors d'un point de presse hier à l'Université Concordia, où elle prononçait une conférence.

«Les grandes manifestations de rue ont été remplacées par des journées de deuil organisées dans les parcs par les mères des victimes de la répression et qui attirent d'autres femmes opposées à la violence. On célèbre aussi les anniversaires des détenus devant les prisons. Les autorités n'en continuent pas moins à procéder à des arrestations, même s'il s'agit de la forme la plus pacifique de protestation», a-t-elle poursuivi.

Un feu qui couve

Mme Ebadi décrit un Iran où le gouvernement lui-même est profondément divisé, tout comme le clergé, dont une partie appuie ce gouvernement tandis qu'une autre s'y oppose; et où l'armée parallèle des Gardiens de la révolution accroît son pouvoir politique et économique. À la question de savoir si une guerre civile menace d'éclater dans son pays, elle a répondu: «Ce risque existe si la répression continue. Nous avons un feu qui couve sous les cendres, mais malheureusement, le gouvernement n'essaie pas de l'éteindre, seulement de le cacher.»

Appelée à se prononcer sur la controverse qui agite le Québec au sujet du niqab (le voile intégral), Shirin Ebadi a tenu a distinguer ce vêtement du hidjab (foulard qui recouvre la tête), précisant: «Se couvrir le visage est une pratique tribale, qui n'est pas prescrite par l'islam. Quand les femmes font leurs prières ou un pèlerinage, elles doivent au contraire se découvrir le visage, sans quoi le rituel est considéré sans valeur.»

Cela étant dit, la juriste invoque, comme beaucoup d'intervenants en Occident, l'«ordre social» pour s'opposer au niqab.

Entraver la répression

Mme Ebadi avoue ignorer si le gouvernement iranien cherche à développer une bombe atomique, comme le soupçonnent plusieurs pays occidentaux qui souhaitent imposer de nouvelles sanctions pour l'en dissuader. Elle préconise plutôt des mesures qui auraient pour effet d'entraver le potentiel de répression des autorités iraniennes, par exemple en interdisant aux fabricants de téléphones portables de leur fournir des logiciels permettant d'espionner les conversations.

Mme Ebadi se trouvait à l'extérieur de l'Iran au moment de l'élection présidentielle et des violences qui ont suivi. Ses amis lui ont conseillé de ne pas rentrer au pays.

«Je me demande où je suis le plus utile, a-t-elle expliqué. J'ai pu parler de l'Iran à plusieurs reprises au Conseil des droits de l'homme et au secrétaire général de l'ONU. Je rentrerais au pays si mes collègues me disaient qu'ils avaient besoin de moi.»

Plusieurs de ses collègues ont d'ailleurs été arrêtés et détenus pendant des périodes plus ou moins longues. Sa propre soeur a subi ce sort, tandis que son mari n'a pas le droit de quitter l'Iran. Ses deux filles, qui ont fait des études universitaires à Montréal, vivent à l'étranger.

Interrogée sur l'intention du fils de Zahra Kazemi, la photojournaliste canado-iranienne assassinée en prison à Téhéran, d'intenter une poursuite civile contre Téhéran, Shirin Ebadi s'est contentée de cette réponse: «Il faut que justice soit faite quelque part.»
 
 
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  • Guylaine St-Pierre - Inscrit
    11 mars 2010 10 h 53
    Ils étouffent la liberté et les femmes encore
    Les femmes Iraniennes se battent contre l'Islam iontégriste aussi, tout comme Djemila Benhabib. Combien d'autres femmes se battent pour garder leur liberté ? Nous devons les soutenir car nous aussi nous avons le même combat chez nous depuis que les extrémistes sont entré.

    Ne baisser pas votre garde, soyez vigilant tout le monde, le Québec ne doit pas sombrer dans le religieux, protégeons nous.

    Voici une lettre de Djemila Benhabib allez sur son site et aussi sur CCIEL

    Peuple québécois, puis-je compter sur ta solidarité? par Djemila Benhabib, Essayiste

    Posted: 11 Mar 2010 06:32 AM PST

    Vous avez été très nombreux, à travers tout le Québec et même au-delà, à me témoigner votre appui dès la parution de mon livre Ma vie à contre-Coran, une femme témoigne sur les islamistes pour saluer mon courage et ma détermination face à mon combat contre l’hydre islamiste et ses tentacules. J’ai rencontré plusieurs d’entre vous, d’un bout à l’autre du Québec, pour partager mes réflexions et mes aspirations.

    Je parcours des milliers de kilomètres pour honorer vos invitations et échanger de grands et de petits moments de bonheur. Au fil du temps, une proximité s’est installée entre vous et moi. Est-ce pour cela qu’aujourd’hui, j’ai envie de vous interpeller directement pour partager avec vous mes terribles inquiétudes? C’est fort probable. Des inquiétudes qui me rongent l’esprit. Des inquiétudes qui me tiennent éveillées des nuits entières. Des inquiétudes qui obscurcissent des jours heureux qui ont un parfum de printemps.

    Des inquiétudes qui me rappellent les jours les plus sombres de ma vie, en Algérie, lorsqu’au tout début des années 1990, un parti politique du nom de Front islamique du salut et ses armées menaçaient de prendre le pouvoir et de voiler toutes les femmes de mon pays. Le projet politique du FIS pouvait se résumer en une phrase : l’islam est religion et État et la charia est notre constitution. La charia, qui se fonde sur la supériorité du musulman sur le non musulman et la supériorité de l’homme sur la femme. En découle entre autre la condamnation à mort des apostats comme moi.

    L’islamisme politique est une idéologie mysogine, sexiste, xénophobe et homophobe qui porte en elle la haine et la violence. Dans ce contexte, les violences à l’égard des femmes sont monnaie courante car les islamismes s’attaquent aux corps des femmes qui est devenu un enjeu politique. Au printemps de l’année 1994, j’habitais à Oran en Algérie. J’avais 21 ans et des rêves plein la tête. Cette ville m’a collé à la peau pendant longtemps. J’y ai fréquenté ses quartiers de bout en bout, des minables au plus raffinés, me suis pavanée sur ses boulevards taraudés de palmiers et me suis laissée bercer par ses musiques et ses vagues en cultivant secrètement mais non candidement le goût de la rébellion.

    Un jour, tout cela s’est arrêté. La ville qui m’a vue grandir ne ressemblait plus à ce qu’elle avait été. Le 10 mars 1994, Abdel-Kader Alloula, ce géant du théâtre, venait d’être assassiné et Oran avec. A la même période, le Groupe islamique armé (GIA) a ordonné aux femmes de mon pays le port du voile islamique. Deux choix s’offraient à nous. Dissimuler nos corps dans des cercueils ambulants ou résister. Certaines ont résisté et ont été assassinées. Ce fut le cas de Katia Bengana, une jeune lycéenne, âgée de 17 ans, assassinée le 28 février 1994 à la sortie de son lycée à Meftah.

    Ce jour-là, j’ai compris que ma vie dépendait de la mise en échec de cette idéologie de la mort, que sa victoire sera ma négation, que sa progression sera mon enfermement. J’ai compris aussi que mon corps portera pour toujours, à tout jamais, les marques indélébiles de cette confrontation si inégale. Ce n’est pas un hasard si le FIS en Algérie a imposé le voile islamique et a assassiné des militantes féministes ou de simples femmes avec une sauvagerie inouïe. Des têtes nues ont été tranchées à la hache, au sabre, au couteau, à la lame et même à la tronçonneuse.

    Je l’ai toujours dit et je le répète encore aujourd’hui, le voile islamique n’est pas un simple vêtement. Il est un élément parmi tant d’autres de tout un système de valeurs qui est incompatible avec nos choix démocratiques. L’attachement de certains, voir leur entêtement à le porter traduit l’état de misère dans lequel a sombré vertigineusement le monde arabe et musulman depuis une trentaine d’années. Le voile islamique est devenu, ici, en Occident, le premier pilier de l’islam alors que de plus en plus de femmes en Iran, au Soudan, en Arabie-Saoudite et en Afghanistan le condamnent au péril de leur vie.

    Lorsque j’ai quitté l’Algérie, je ne connaissais rien du Québec. Une chose était sûre, je pensais laisser la terreur islamiste loin derrière moi. Je ne pensais jamais qu’un jour je rouvrirais ce chapitre si douloureux de ma vie. La douleur était tellement vive que je voulais oublier, taire ce que j’avais vécu et surtout ne rien dire. Je ne pensais jamais devoir crier dans une salle bondée de féministes toute ma douleur de femme pour dire que j’ai été condamnée à mort à l’âge de 20 ans parce que femme, parce que féministe, parce que laïque.

    Je ne pensais jamais à avoir à convaincre une salle de féministes que le voile est un objet d’asservissement sous lequel des femmes étouffent dans plusieurs pays musulmans. Je ne pensais jamais devoir dénoncer des féministes ou des gens de gauche, car ils font partie de ma famille politique naturelle. Pourtant, en mai dernier, lorsque la Fédération des femmes du Québec (FFQ) a pris la responsabilité d’ouvrir grandes les portes au voile islamique dans la fonction publique du Québec, je n’avais nul autre choix que de dénoncer cette prise de position qui nous disait abruptement, à nous femmes de culture musulmane, qu’on doit s’accommoder de l’intégrisme lorsqu’il est musulman et qu’il faut le combattre lorsqu’il est catholique.

    C’est cette bataille du port des signes religieux dans la fonction publique du Québec qui se joue en ce moment sous nos yeux. Or, rappelez-vous d’une chose, le voile islamique, quel qu’il soit, porte en lui la négation des femmes et leur asservissement. Lorsque les voiles avancent, les valeurs démocratiques reculent et les droits des femmes avec. Soyons nombreux à manifester, auprès de nos députés, notre aversion face au port de TOUS les voiles islamiques dans la fonction publique ainsi que dans les établissements scolaires aussi bien pour les enfants que pour leurs enseignantes. Peuple québécois, j’ai besoin de ta solidarité concrète et agissante, aujourd’hui plus que jamais.
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  • d.lauzon - Inscrit
    28 mars 2010 20 h 00
    trop de femmes musulmanes prisonnières
    Dans beaucoup de pays musulmans les femmes vivent comme des prisonnières, obligées de revêtir des burkas ou des niqabs, ou des tchadors ou des nijabs. Au Yemen le régime islamiste a tellement endoctriné les femmes que beaucoup d'entre elles descendent dans les rues, couvertes de la tête aux pieds de vêtements noirs, défendant l'idée que de très jeunes filles (aussi jeunes que 8 ans) soient données en mariage à des hommes adultes, souvent beaucoup plus âgés qu'elles. Elles disent qu'elles s'appuient sur les préceptes du prophète Mohammed. Pour avoir réussi à se sortir du joug de l'église catholique et connaître enfin la liberté, cela nous fait mal de constater qu'en 2010, il y a des millions de femmes qui vivent comme des esclaves dans des pays où les islamistes imposent leurs règles, qui évidemment, donnent tous les pouvoirs aux hommes.


    Est-ce vrai que le prophète Mohammed avaient plusieurs femmes dont quelque-unes étaient très jeunes?
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