Massacres au Nigeria - Féodalismes religieux
Ça se passe aujourd'hui comme ça se passait au Moyen-Âge. Si le voisin a une croyance différente, on l'étripe. On le massacre. Hier, 500 chrétiens ont été tués par des musulmans. Avant-hier, 300 musulmans avaient été liquidés par des chrétiens. Demain, l'histoire devrait se répéter dans un sens qu'on devine. Après-demain également. Ça s'est produit au Nigeria. Pays, avec beaucoup d'autres, où le féodalisme religieux et ses superstitions imbéciles ont le vent en poupe.
Les 16 provinces du nord du Nigeria sont si majoritairement musulmanes que les autorités observent à la lettre les diktats de la charia. Parmi elles il y a une exception, une enclave. Laquelle? L'État du Plateau convoité par bien des Nigérians parce qu'y sont concentrées les terres fertiles cultivées par des agriculteurs chrétiens. Entre ces derniers et les musulmans se poursuit depuis des lunes maintenant une guerre qui ne dit pas son nom. Une guerre qui ne s'alimente pas seulement aux fadaises religieuses.
Il se trouve en effet qu'au pays le plus peuplé d'Afrique, la Constitution contient un article si bancal, si contraire à la raison, qu'il nourrit les tensions. Il s'agit du certificat d'indigénéité conçu à l'aune du droit du sang. L'article en question permet aux membres des groupes ethniques d'obtenir ce certificat, qui s'avère au fond être un passe-droit accordé «au premier arrivé sur place». Dans l'État du Plateau, les chrétiens possédant ce sésame ont droit à des emplois qui sont interdits aux musulmans en fait cantonnés à une fonction: commerçant.
Au fond, ces chrétiens servent aux autres ce que les autres réservent aux chrétiens ici et là dans le monde. Selon certaines ONG, ces derniers forment le groupe religieux le plus persécuté depuis le début du XXIe siècle, les gouvernements d'une ribambelle de pays ayant instrumentalisé la différence. Leur but? Accommoder les intégristes en caressant l'espoir que les gestes posés en leur faveur freineraient quelque peu leur montée en puissance.
En Malaisie, le gouvernement s'attelle à raboter les droits de la minorité chrétienne. En Ouzbékistan, la télévision d'État martèle que les catholiques sont des satanistes qui entendent convertir les musulmans après les avoir drogués. En Égypte, où le sécularisme recule, on laisse courir la rumeur qui veut que dîner avec un Copte, ce soit prendre le risque d'attraper le virus chrétien. Au Pakistan, pour complaire aux intégristes, on a renforcé la loi sur le blasphème de manière qu'aujourd'hui le texte en question est une invitation à la délation, un permis aux abus.
En 2003, l'Irak comptait 550 000 catholiques. Depuis lors, près de 200 000 d'entre eux se sont exilés, quand ils n'ont pas été assassinés. En Turquie, 46 % des citoyens sondés récemment par le Pew Research Center estiment que le catholicisme est une religion violente. Dans des pays non musulmans aussi la ségrégation augmente en densité. Lesquels? La Chine, le Laos, le Cambodge et bien évidemment la Corée du Nord, où les pratiquants sont envoyés au goulag. Entre tous ces pays, musulmans ou pas, il y a un dénominateur commun: le chrétien sur place symbolise tout ce qu'on déteste chez le chrétien lointain, qu'il soit Italien ou surtout Américain.
De quoi avoir la nostalgie de la Grèce antique qui cultivait l'inflation de dieux et de déesses — ah! Pandore — avant que la déflation de croyances inhérentes aux monothéismes ne s'installe avec son cortège d'aberrations, de superstitions. C'est comme si on avait oublié cet enseignement du cher Montesquieu: «Nous sommes tous des accidents géographiques.»
Les 16 provinces du nord du Nigeria sont si majoritairement musulmanes que les autorités observent à la lettre les diktats de la charia. Parmi elles il y a une exception, une enclave. Laquelle? L'État du Plateau convoité par bien des Nigérians parce qu'y sont concentrées les terres fertiles cultivées par des agriculteurs chrétiens. Entre ces derniers et les musulmans se poursuit depuis des lunes maintenant une guerre qui ne dit pas son nom. Une guerre qui ne s'alimente pas seulement aux fadaises religieuses.
Il se trouve en effet qu'au pays le plus peuplé d'Afrique, la Constitution contient un article si bancal, si contraire à la raison, qu'il nourrit les tensions. Il s'agit du certificat d'indigénéité conçu à l'aune du droit du sang. L'article en question permet aux membres des groupes ethniques d'obtenir ce certificat, qui s'avère au fond être un passe-droit accordé «au premier arrivé sur place». Dans l'État du Plateau, les chrétiens possédant ce sésame ont droit à des emplois qui sont interdits aux musulmans en fait cantonnés à une fonction: commerçant.
Au fond, ces chrétiens servent aux autres ce que les autres réservent aux chrétiens ici et là dans le monde. Selon certaines ONG, ces derniers forment le groupe religieux le plus persécuté depuis le début du XXIe siècle, les gouvernements d'une ribambelle de pays ayant instrumentalisé la différence. Leur but? Accommoder les intégristes en caressant l'espoir que les gestes posés en leur faveur freineraient quelque peu leur montée en puissance.
En Malaisie, le gouvernement s'attelle à raboter les droits de la minorité chrétienne. En Ouzbékistan, la télévision d'État martèle que les catholiques sont des satanistes qui entendent convertir les musulmans après les avoir drogués. En Égypte, où le sécularisme recule, on laisse courir la rumeur qui veut que dîner avec un Copte, ce soit prendre le risque d'attraper le virus chrétien. Au Pakistan, pour complaire aux intégristes, on a renforcé la loi sur le blasphème de manière qu'aujourd'hui le texte en question est une invitation à la délation, un permis aux abus.
En 2003, l'Irak comptait 550 000 catholiques. Depuis lors, près de 200 000 d'entre eux se sont exilés, quand ils n'ont pas été assassinés. En Turquie, 46 % des citoyens sondés récemment par le Pew Research Center estiment que le catholicisme est une religion violente. Dans des pays non musulmans aussi la ségrégation augmente en densité. Lesquels? La Chine, le Laos, le Cambodge et bien évidemment la Corée du Nord, où les pratiquants sont envoyés au goulag. Entre tous ces pays, musulmans ou pas, il y a un dénominateur commun: le chrétien sur place symbolise tout ce qu'on déteste chez le chrétien lointain, qu'il soit Italien ou surtout Américain.
De quoi avoir la nostalgie de la Grèce antique qui cultivait l'inflation de dieux et de déesses — ah! Pandore — avant que la déflation de croyances inhérentes aux monothéismes ne s'installe avec son cortège d'aberrations, de superstitions. C'est comme si on avait oublié cet enseignement du cher Montesquieu: «Nous sommes tous des accidents géographiques.»
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