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Commission d'enquête Chilcot - Gordon Brown défend l'intervention britannique en Irak

C’était la première fois que le premier ministre britannique témoignait sur son rôle dans le dossier.
Photo : Agence Reuters Luke Macgregor
C’était la première fois que le premier ministre britannique témoignait sur son rôle dans le dossier.
Londres — Londres a pris «la bonne décision» en participant à la guerre en Irak, a déclaré le premier ministre Gordon Brown hier devant la commission d'enquête sur l'engagement britannique dans ce conflit, se défendant d'avoir renâclé à fournir les financements nécessaires.

«Je crois que nous avons pris la bonne décision pour les bonnes raisons parce que la communauté internationale demandait depuis des années [au dirigeant irakien] Saddam Hussein de respecter le droit international et les obligations internationales qu'il avait acceptées», a déclaré M. Brown au début de sa déposition très attendue devant la commission Chilcot, rendant hommage aux victimes militaires et civiles du conflit.

«En fin de compte, il n'a pas été possible de le persuader de respecter le droit international», a ajouté le chef du gouvernement, qui était ministre des Finances de Tony Blair au moment du conflit, et lui a succédé en juin 2007.

C'était la première fois que M. Brown témoignait publiquement sur son rôle avant et pendant l'engagement britannique en Irak en mars 2003, au côté des Américains. Un exercice risqué à quelques semaines d'élections législatives qui s'annoncent serrées.

Une trentaine de manifestants l'avaient accueilli à son arrivéeau centre de conférence Queen Elizabeth II, où siège la Commission.

Au cours de sa déposition qui a duré quatre heures, M. Brown a indiqué que les opérations en Irak et en Afghanistan avaient coûté 18 milliards de livres (en sus du budget annuel du ministère de la Défense), dont «environ huit milliards» pour l'Irak.

M. Brown a été mis en cause par plusieurs responsables de la Défense, notamment l'ancien ministre Geoff Hoon, pour avoir refusé à l'armée des budgets stratégiques avant et pendant la guerre en Irak.

Devant la commission, le premier ministre a répété à plusieurs reprises avoir assuré MM. Hoon et Blair à maintes occasions que les «ressources nécessaires seraient disponibles» et qu'aucune «restriction financière ne nous empêcherait de faire ce qui était nécessaire militairement». Il a déclaré avoir abordé le sujet dès juin 2002 avec M. Hoon.

S'agissant des armes de destruction massive que l'Irak était accusé, à tort, de détenir,

M. Brown a expliqué que ses cinq réunions avec les services de renseignement l'avaient conduit à «penser que l'Irak était une menace».

Et le 17 mars, veille du vote par le Parlement de la participation britannique au conflit qui a été lancé le 20, «je n'avais aucune impression d'avoir été informé de manière inadéquate. [...] J'étais totalement en accord avec ce qui était fait».

En revanche, il a reconnu que la reconstruction avait manqué de préparation, montrant du doigt les Américains qui auraient dû «considérer ce problème avec davantage de

sérieux».

Alors que Tony Blair avait conclu sa journée de déposition devant la commission Chilcot par un retentissant «Je ne regrette rien», Gordon Brown a rendu hommage aux soldats et aux civils tués pendant et après ce conflit. «La perte de ces vies est une chose qui nous attriste tous», a-t-il reconnu.

179 soldats britanniques ont été tués en Irak entre mars 2003 et fin juillet 2009, date à laquelle le Royaume-Uni a mis fin à son intervention militaire dans le pays.
 
 
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