Colloque Reconstruire Haïti - Le pays devra apprendre de ses erreurs
Des experts suggèrent d'optimiser les infrastructures existantes et de respecter l'écosystème fragile de l'île
Quelles leçons tirer des catastrophes naturelles quand il est temps de penser à la reconstruction d'Haïti? Bien sûr, il y a eu le séisme du 12 janvier, mais restent aussi en mémoire les nombreux ouragans qui ont dévasté le pays en 2004 et 2008. Il y a aussi le problème récurrent des inondations et de l'érosion des sols. Comment concevoir l'avenir sans refaire les mêmes erreurs et adopter un développement durable? C'est à ces questions qu'essaient de répondre les participants au colloque Reconstruire Haïti.
Hier, plusieurs experts en urbanisme et en architecture se sont exprimé sur les priorités de la reconstruction de Port-au-Prince et des autres régions sinistrées. Pour Gonzalo Lizarralde, professeur adjoint en aménagement à l'Université de Montréal et spécialiste dans la reconstruction après désastre, il est important d'éviter certaines erreurs. «Souvent, on simplifie trop la situation alors que la complexité est énorme. Il ne suffit pas de distribuer la dernière tente en plastique hi-tec pour répondre aux besoins de la population», prévient-il. Selon lui, il est primordial d'optimiser les infrastructures existantes et de ne pas disperser la population en la déplaçant aux quatre coins du pays. «Les gens ne resteront pas dans un endroit où ils n'ont pas de travail ni de liens sociaux», assure Gonzalo Lizarralde, qui a travaillé pour la reconstruction de nombreux sites dévastés partout dans le monde.
Dans une vision plus environnementale, Isabelle Thomas-Moret, professeure à l'Université de Montréal spécialiste du développement urbain, estime qu'il est primordial que la population prenne conscience de sa vulnérabilité avant même de parler de reconstruction. «Elle doit apprendre des catastrophes passées pour changer son mode d'urbanisation. Les risques seront toujours là, mais la population aura les moyens de s'adapter», assure la spécialiste, qui prône une stratégie de reconstruction «résiliente». Selon elle, le respect de l'écosystème est une donnée fondamentale pour éviter d'autres catastrophes. «La déforestation de l'île accentue les risques d'inondation et aggrave les conséquences du passage d'un ouragan», explique Isabelle Thomas-Moret. La problématique de la déforestation et du reboisement a fait l'objet de nombreuses discussions sans toutefois trouver de cause ni de réponse unique dans l'assemblée.
Pendant deux jours, plus de 600 personnes, dont une forte délégation gouvernementale haïtienne, sont réunies à l'École polytechnique de Montréal pour échanger sur les enjeux et les défis de la reconstruction d'Haïti. Le colloque est organisé par le Groupe de réflexion et d'action pour une Haïti nouvelle (GRAHN), qui est composé d'une vingtaine d'organismes et de personnalités de la communauté haïtienne du Québec. Très dense, le programme tente d'aborder des sujets aussi divers que la santé, l'éducation et la conservation du patrimoine culturel.
Aujourd'hui, le colloque abordera principalement la question de l'éducation. Jean Max Bellerive, premier ministre d'Haïti, s'exprimera également sur la situation générale du pays après le séisme.
Hier, plusieurs experts en urbanisme et en architecture se sont exprimé sur les priorités de la reconstruction de Port-au-Prince et des autres régions sinistrées. Pour Gonzalo Lizarralde, professeur adjoint en aménagement à l'Université de Montréal et spécialiste dans la reconstruction après désastre, il est important d'éviter certaines erreurs. «Souvent, on simplifie trop la situation alors que la complexité est énorme. Il ne suffit pas de distribuer la dernière tente en plastique hi-tec pour répondre aux besoins de la population», prévient-il. Selon lui, il est primordial d'optimiser les infrastructures existantes et de ne pas disperser la population en la déplaçant aux quatre coins du pays. «Les gens ne resteront pas dans un endroit où ils n'ont pas de travail ni de liens sociaux», assure Gonzalo Lizarralde, qui a travaillé pour la reconstruction de nombreux sites dévastés partout dans le monde.
Dans une vision plus environnementale, Isabelle Thomas-Moret, professeure à l'Université de Montréal spécialiste du développement urbain, estime qu'il est primordial que la population prenne conscience de sa vulnérabilité avant même de parler de reconstruction. «Elle doit apprendre des catastrophes passées pour changer son mode d'urbanisation. Les risques seront toujours là, mais la population aura les moyens de s'adapter», assure la spécialiste, qui prône une stratégie de reconstruction «résiliente». Selon elle, le respect de l'écosystème est une donnée fondamentale pour éviter d'autres catastrophes. «La déforestation de l'île accentue les risques d'inondation et aggrave les conséquences du passage d'un ouragan», explique Isabelle Thomas-Moret. La problématique de la déforestation et du reboisement a fait l'objet de nombreuses discussions sans toutefois trouver de cause ni de réponse unique dans l'assemblée.
Pendant deux jours, plus de 600 personnes, dont une forte délégation gouvernementale haïtienne, sont réunies à l'École polytechnique de Montréal pour échanger sur les enjeux et les défis de la reconstruction d'Haïti. Le colloque est organisé par le Groupe de réflexion et d'action pour une Haïti nouvelle (GRAHN), qui est composé d'une vingtaine d'organismes et de personnalités de la communauté haïtienne du Québec. Très dense, le programme tente d'aborder des sujets aussi divers que la santé, l'éducation et la conservation du patrimoine culturel.
Aujourd'hui, le colloque abordera principalement la question de l'éducation. Jean Max Bellerive, premier ministre d'Haïti, s'exprimera également sur la situation générale du pays après le séisme.
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