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    Le bilan des morts est révisé à la hausse en Haïti

    Le ministre de l'Intérieur estime que le séisme a fait 217 000 victimes vérifiées

    Des survivants du séisme ont fait le pied de grue hier devant un hôpital de Port-au-Prince.
    Photo: Agence Reuters Ivan Alvarado Des survivants du séisme ont fait le pied de grue hier devant un hôpital de Port-au-Prince.
    Le séisme du 12 janvier en Haïti a fauché la vie de 217 000 personnes, selon un nouveau bilan fourni hier par le ministre de l'Intérieur, Paul-Antoine Bien-Aimé. «Il y a des gens qui avancent le chiffre de 230 000, mais nous, nous avons dénombré un peu plus de 217 000 victimes. Ce sont des chiffres vérifiés», a-t-il déclaré. Parmi celles-ci, 170 000 ont été enterrées à la hâte, a précisé le président d'Haïti, René Préval.

    Plus tôt cette semaine, la ministre de la Communication, Marie-Laurence Jocelyn Lassègue, avait fait état d'un bilan de 230 000 morts, identique à celui du tsunami dévastateur survenu en 2004 en Asie du Sud-Est.

    À l'approche de la saison des pluies, il est urgent d'offrir des abris solides aux Haïtiens privés d'un toit par le violent séisme, a déclaré la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, qui effectue la plus importante opération d'urgence de son histoire dans un seul pays.

    «Il y a environ 1,2 million de personnes sans abri», a rappelé le responsable des opérations internationales de la Croix-Rouge britannique, David Pappiat, qui estime que 700 camps de fortune ont été érigés dans la zone sinistrée, alors que des milliers de personnes dorment encore dans les rues.

    La mise en place d'abris solides est une «urgence» pour la Croix-Rouge. De nombreux sinistrés pourraient d'ailleurs vivre plusieurs années dans ces camps. «Nous allons vers la mise en place d'abris qui peuvent résister à la saison des pluies qui arrive, à la saison cyclonique, et des abris qui peuvent durer entre trois et cinq ans», a précisé la président de la Croix-Rouge haïtienne, Michaël Amédée Gédéon, réunis avec ses collègues de 24 autres délégations à Montréal.

    Les missionnaires américains seront libérés

    Les dix missionnaires américains inculpés d'«enlèvement de [33] mineurs» et d'«association de malfaiteurs» la semaine dernière par la justice haïtienne vont être libérés, a appris Reuters.

    Les missionnaires, qui sont sous les verrous depuis leur arrestation à la frontière de la République dominicaine le 29 janvier, pourraient être remis en liberté dès aujourd'hui. «La décision sera de les libérer», a dit une source sous le sceau de l'anonymat. «Une chose qu'un juge recherche dans une enquête pénale est l'intention criminelle de la part des personnes impliquées. Or il n'y a rien qui montre qu'il y ait eu intention criminelle de la part des Américains», ajoute-t-elle. Les 10 Américains ont expliqué avoir agi avec de bonnes intentions, croyant que les enfants étaient orphelins, mais certains parents ont déclaré de leur côté qu'ils avaient conclu avec eux un accord pour leur laisser les enfants.

    D'ailleurs, l'évacuation aérienne des blessés haïtiens vers des hôpitaux américains aurait connu un ralentissement depuis l'éclatement de cette affaire, beaucoup de pilotes privés craignant d'être poursuivis à leur tour.

    Avant l'inculpation des Américains, «de 10 à 15 enfants étaient envoyés aux États-Unis chaque jour via des vols privés», a indiqué Elizabeth Greig, chargée de l'évacuation médicale de l'hôpital de campagne installé à Port-au-Prince par l'Université de Miami. Or, lundi, «on n'a pu envoyer que trois enfants vers des hôpitaux américains à bord d'avions privés», a-t-elle déploré. Les pilotes «hésitent beaucoup à embarquer les patients sans avoir en main les documents de voyage» garantissant l'entrée en règle des Haïtiens aux États-Unis, a-t-elle dit.

    L'exfiltration des malades via des vols militaires américains se poursuit toutefois normalement, a souligné Mme Greig.

    La Banque mondiale a pour sa part plaidé hier pour un «renforcement des capacités du gouvernement d'Haïti dans le cadre de la reconstruction».

    «C'est important de créer un mécanisme qui permette de renforcer l'État durant ce processus de reconstruction», a plaidé Francis Ghesquiere, envoyé spécial de la Banque mondiale en Haïti.

    Il a d'autre part assuré que la lutte contre la corruption restait au coeur de l'action de la Banque mondiale. «On ne peut pas se permettre de dépenser l'argent des contribuables allemands, américains ou français sans mettre en place et respecter des mécanismes de contrôle. Au-delà de la reconstruction propre, c'est un aspect qui sera au coeur de la réforme et du renforcement du système administratif haïtien, a soutenu Francis Ghesquiere. L'organisme peut jouer un rôle d'agent fiduciaire, aider le gouvernement à faire un montage financier et administratif.»

    Demain, journée nationale de deuil

    Le gouvernement haïtien a décrété que le 12 février sera une journée nationale de deuil en mémoire des centaines de milliers de victimes du tremblement de terre survenu le 12 janvier, a fait savoir le ministre de l'Intérieur, Paul-Antoine Bien-Aimé.

    «La journée [de demain] est décrétée journée nationale de deuil pour permettre aux fidèles de toutes les religions de rendre hommage aux victimes», a-t-il déclaré lors d'un point de presse.

    Une cérémonie oecuménique se tiendra de 9h30 à midi, à Port-au-Prince, et sera retransmise via les radios et les télévisions de tout le pays. Des écrans géants devraient être placés à proximité des campements de sinistrés pour permettre aux personnes déplacées de prendre part à la cérémonie.

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    D'après l'Agence France-Presse et Reuters












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