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Brésil - Le parti de Lula fête ses 30 ans

La cote de popularité de Luiz Inácio Lula da Silva dépasse 80 %.
Photo : Agence Reuters Javier Galeano
La cote de popularité de Luiz Inácio Lula da Silva dépasse 80 %.
Brasília — Le Parti des travailleurs brésilien commémore aujourd'hui ses 30 ans avec le défi de rester au pouvoir sans son leader historique, Luiz Inácio Lula da Silva, lors de l'élection présidentielle d'octobre.

Le parti de l'étoile rouge a été créé en pleines grèves des ouvriers métallurgistes dirigées par Lula vers la fin de la dictature militaire, le 10 février 1980, avec de fortes racines dans le syndicalisme, dans la gauche intellectuelle et les mouvements sociaux.

«Il a été un parti différent au Brésil parce qu'il a surgi sur une base sociale très forte», a déclaré le sociologue et politologue de l'Université de Brasília, Rodolfo Teixeira.

Le PT organisera sa grande fête d'anniversaire lors de son IVe congrès national qui se tiendra du 18 au 20 février prochain. C'est là qu'il désignera officiellement son candidat à la présidentielle d'octobre qui pour la première fois ne sera plus Lula, dont la cote de popularité culmine à des niveaux records de plus de 80 %, mais la dame de fer de son gouvernement, la ministre Dilma Roussef, une ancienne guérillera de 62 ans.


Bon bilan

Mme Roussef n'a pas été désignée par le parti, mais a été choisie par Lula lui-même pour lui succéder alors que la Constitution brésilienne empêche le président sortant de briguer un troisième mandat consécutif.

Le PT résistera bien sans Lula comme candidat car, contrairement aux années 1990, «nous pouvons maintenant montrer les conquêtes concrètes d'un gouvernement dont nous sommes fiers», affirme le nouveau président du parti José Eduardo Dutra.

Le professeur Teixeira renforce cette thèse: «le PT a de grandes chances de se maintenir au pouvoir au cours des 12 prochaines années», avec Dilma Roussef et Lula de nouveau en 2014. Selon lui, «le gouvernement actuel a bien réussi dans les domaines économique et social avec des programmes d'aide financière à 50 millions de Brésiliens, mais c'est aussi parce qu'il n'existe pas d'opposition forte».


Les alliances

Le parti de Lula doit son succès à un changement de cap au milieu des années 1990 quand il a abandonné son radicalisme et accepté des alliances avec le centre-droit: en 1998 il a remporté la mairie de la capitale économique du pays, São Paulo. En 2000 il est devenu le quatrième parti du pays et en 2002 il a porté Lula au pouvoir. Réélu en 2006, Lula est devenu le président le plus populaire de l'histoire du Brésil.

Mais le PT a dû faire des compromis comme l'adoption d'une politique économique orthodoxe qui n'effraie pas les marchés. Ce virage à droite en économie et l'alliance avec des partis de centre-droit ont provoqué la démission des militants les plus à gauche. L'une des principales militantes, l'ex-ministre de l'Environnement Marina Silva a claqué la porte du gouvernement et du PT et devrait se présenter à la présidentielle pour représenter les Verts.

De plus en 2005, le PT a été ébranlé par un scandale de corruption qui a éclaboussé son étiquette de seul parti «propre» du pays. José Dirceu, ancien homme fort du premier gouvernement Lula avait dû démissionner et la haute hiérarchie du PT avait été décapitée.
 
 
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