Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous

    L'Iran en rajoute encore

    Téhéran construira dix nouveaux centres d'enrichissement de l'uranium

    Dès le lendemain de l'annonce de la reprise de l'enrichissement d'uranium, Téhéran a fait savoir que l'Iran construirait, au cours de l'année, dix nouveaux centres d'enrichissement, provoquant l'ire de certains pays occidentaux, au premier chef les États-Unis et la France.

    Rajoutant aux tensions entre l'Iran et le groupe des Six (États-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et l'Allemagne), qui ont tenté de négocier un accord avec Téhéran sur son programme nucléaire, le président Mahmoud Ahmadinejad a du même coup annoncé qu'un nouveau système de défense antiaérienne au moins aussi puissant que le S-300 de la Russie serait bientôt dévoilé.

    Soufflant le chaud et le froid, comme c'est son habitude, l'Iran a officiellement informé l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) de la reprise de ses opérations d'enrichissement, sur le site de Natanz, qui visent à porter à 20 % l'uranium faiblement enrichi à 3,5 % dont dispose Téhéran. Le représentant iranien à l'AIEA, Ali Asghar Soltanieh, a déclaré que «nous avons invité, dans cette lettre, les inspecteurs de l'AIEA à être présents sur le site [de Natanz] puisque toutes les installations nucléaires de la République islamique sont placées sous le contrôle de l'Agence». Réagissant à ces annonces, les États-Unis et la France jugent le moment venu d'adopter des «sanctions fortes» contre l'Iran pour convaincre ses dirigeants de renoncer à leur programme d'enrichissement d'uranium.

    Le secrétaire à la Défense des États-Unis, Robert Gates, a déclaré qu'«à ce stade, la seule voie qui nous reste, me semble-t-il, est la voie des pressions. Mais cela nécessitera un travail en commun de l'ensemble de la communauté internationale». Le ministre français de la Défense, Hervé Morin, estime qu'il est «nécessaire malheureusement d'engager un dialogue international qui mènera à de nouvelles sanctions si l'Iran ne renonce pas à ces programmes».

    Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a cependant fait remarquer que «nous n'avons pas encore convaincu les Chinois». La Chine, qui dispose d'un droit de veto au Conseil de sécurité des Nations unies, a plaidé qu'évoquer à ce moment-ci des sanctions contre l'Iran compliquerait les choses.

    La Russie s'est quant à elle rangée aux côtés des Occidentaux, en jugeant nécessaire de prendre des mesures fortes contre Téhéran. «La communauté internationale doit réagir rapidement à ces informations afin de signaler à Téhéran son intention de réagir par des mesures sérieuses, pouvant aller jusqu'à un renforcement des sanctions économiques», a dit Constantin Kosachiov, président de la commission des affaires étrangères de la Douma, cité par sa porte-parole.

    Sur le plan intérieur, l'opposant Mir Hossein Moussavi a, lui, critiqué l'«aventurisme» de Mahmoud Ahmadinejad. «Quelle nation influente avons-nous de notre côté?», s'est-il interrogé au cours d'une discussion avec des étudiants, selon son site Internet kaleme.org.

    Ces développements surviennent à quelques jours des célébrations de la Révolution islamique dont l'opposition entend bien profiter pour manifester contre le régime Ahmadinejad. Plusieurs observateurs n'hésitent pas à faire un lien entre les annonces du président iranien depuis deux jours et le risque de voir l'opposition manifester en force jeudi.


    Téhéran se défend

    La décision de reprendre l'enrichissement a été prise, selon Téhéran, en raison du blocage des discussions avec le Groupe des Six sur l'approvisionnement à l'Iran du combustible enrichi à 20 % dont il dit avoir besoin pour faire fonctionner un réacteur de recherche médicale. L'AIEA avait proposé que l'Iran envoie son uranium faiblement enrichi à 3,5 % en Russie et en France pour qu'il soit transformé en combustible enrichi à 20 %. Selon M. Soltanieh, «plus de huit mois se sont écoulés depuis que l'Iran a dit au directeur général de l'AIEA qu'il avait besoin de combustible». Néanmoins, il a affirmé que «la porte demeurait ouverte» pour un échange d'uranium avec les grandes puissances, appelées à «passer de la confrontation à la coopération» avec l'Iran.

    *****

    D'après Reuters et l'Agence France-Presse












    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.