Lettres - «L'État, c'est moi»
Dès que le monde a pris connaissance du désastre qui s'est abattu sur Haïti, on s'est précipité pour venir en aide à ce pays qui a connu plus que sa part de malheurs. Et c'était bien. Par après, on a voulu aider le pays à se reconstruire. Il y a eu une conférence internationale à Montréal sur le sujet. Le premier ministre haïtien était sur place. On a alors affirmé qu'il fallait que les autorités haïtiennes dirigent le travail de reconstruction. Là, la prudence s'impose.
On attribue à Louis XIV la phrase célèbre: «L'État, c'est moi.» De nombreux chefs d'État se sont appropriés cette phrase. On n'a qu'à penser à notre Stephen Harper. À cet égard, Haïti a eu plus que sa part de Louis XIV, des gens qui, au lieu de gouverner le pays, l'ont exploité. D'ailleurs, bon nombre d'Haïtiens interviewés à la télévision à la suite du tremblement de terre ont indiqué très clairement qu'ils ne voulaient surtout pas laisser la reconstruction du pays entre les mains des autorités haïtiennes. Évidemment, il serait pour le moins imprudent de laisser totalement de côté ceux qui gouvernent présentement le pays, mais il faudra tout de même les garder à l'oeil. Parmi les premières images qu'on a vues après le tremblement de terre figurait ce qui reste du palais présidentiel. Et on nous montrait également ce à quoi ressemblait l'édifice avant le cataclysme. Quand on songe à un pays constamment au bord du désastre et dont les habitants vivaient dans la pauvreté la plus complète, l'existence même d'une telle résidence de luxe frôle l'obscénité.
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Eugène Sauvé - Gatineau, le 3 février 2010
On attribue à Louis XIV la phrase célèbre: «L'État, c'est moi.» De nombreux chefs d'État se sont appropriés cette phrase. On n'a qu'à penser à notre Stephen Harper. À cet égard, Haïti a eu plus que sa part de Louis XIV, des gens qui, au lieu de gouverner le pays, l'ont exploité. D'ailleurs, bon nombre d'Haïtiens interviewés à la télévision à la suite du tremblement de terre ont indiqué très clairement qu'ils ne voulaient surtout pas laisser la reconstruction du pays entre les mains des autorités haïtiennes. Évidemment, il serait pour le moins imprudent de laisser totalement de côté ceux qui gouvernent présentement le pays, mais il faudra tout de même les garder à l'oeil. Parmi les premières images qu'on a vues après le tremblement de terre figurait ce qui reste du palais présidentiel. Et on nous montrait également ce à quoi ressemblait l'édifice avant le cataclysme. Quand on songe à un pays constamment au bord du désastre et dont les habitants vivaient dans la pauvreté la plus complète, l'existence même d'une telle résidence de luxe frôle l'obscénité.
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Eugène Sauvé - Gatineau, le 3 février 2010
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