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Lettres - «L'État, c'est moi»

Eugène Sauvé - Gatineau, le 3 février 2010  5 février 2010  Actualités internationales
Dès que le monde a pris connaissance du désastre qui s'est abattu sur Haïti, on s'est précipité pour venir en aide à ce pays qui a connu plus que sa part de malheurs. Et c'était bien. Par après, on a voulu aider le pays à se reconstruire. Il y a eu une conférence internationale à Montréal sur le sujet. Le premier ministre haïtien était sur place. On a alors affirmé qu'il fallait que les autorités haïtiennes dirigent le travail de reconstruction. Là, la prudence s'impose.

On attribue à Louis XIV la phrase célèbre: «L'État, c'est moi.» De nombreux chefs d'État se sont appropriés cette phrase. On n'a qu'à penser à notre Stephen Harper. À cet égard, Haïti a eu plus que sa part de Louis XIV, des gens qui, au lieu de gouverner le pays, l'ont exploité. D'ailleurs, bon nombre d'Haïtiens interviewés à la télévision à la suite du tremblement de terre ont indiqué très clairement qu'ils ne voulaient surtout pas laisser la reconstruction du pays entre les mains des autorités haïtiennes. Évidemment, il serait pour le moins imprudent de laisser totalement de côté ceux qui gouvernent présentement le pays, mais il faudra tout de même les garder à l'oeil. Parmi les premières images qu'on a vues après le tremblement de terre figurait ce qui reste du palais présidentiel. Et on nous montrait également ce à quoi ressemblait l'édifice avant le cataclysme. Quand on songe à un pays constamment au bord du désastre et dont les habitants vivaient dans la pauvreté la plus complète, l'existence même d'une telle résidence de luxe frôle l'obscénité.

***

Eugène Sauvé - Gatineau, le 3 février 2010
 
 
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  • Andre Vallee
    Abonné
    vendredi 5 février 2010 04h18
    Plus que de la prudence
    Les nations unies devraient avoir des représentants sur place pour superviser, avec les autorités haïtiennes, et dans des conditions préalablement établies, la reconstruction. Les élus et les administrateurs locaux n'ont ni la compétence, ni l'expérience, ni l'habitude de la rigueur administrative pour diriger ces travaux. Et aucun pays ne peut s'arroger le droit d'en être le seul maître d'oeuvre.

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