Lettres - Ne pas vouloir se souvenir...
Ne pas vouloir se souvenir et refuser d'apprendre est répréhensible. Marie de l'Incarnation, qui a vécu entre 1599 et 1672, à l'époque de Descartes, qui lui a vécu de 1596 à 1630, raconte un tremblement de terre dans ses lettes que son fils, elle avait été mariée, publia en 1681 à Paris. Elle raconte admirablement ce tremblement de terre qui ébranla la région de La Malbaie.
À la suite de cet avertissement, les édifices de plus de deux étages de ce territoire doivent être construits de façon à résister aux tremblements de terre.
Il n'y a pas de telle chose que des «acts of God», des cas de force majeure. Des explications par l'absurde d'un phénomène géologique. Nous savons que l'île d'Haïti est la partie émergée d'une plaque tectonique toujours branlante. Nous savons qu'elle bouge et qu'elle bougera demain et après-demain. Elle tremble par secousses.
Que celui qui n'a rien d'autre qu'une vieille tôle pour dormir s'en serve, c'est souhaitable. Mais quand j'entends dire que l'édifice de l'Organisation des Nations unies s'est écroulé, je m'interroge. Il n'y a pas un technocrate dans cette maison qui ait entendu parler de plaques tectoniques? Ces intellectuels de l'action n'ont pas lu les Que sais-je? qui débroussaillent la théorie? Les catastrophes naturelles sont naturelles, mais elles ne sont des catastrophes que si je refuse de les traiter comme naturelles.
Je suis construit sur les flancs d'un volcan. Sur les bords d'une rivière qui déborde chaque année. Et je ne cherche pas à comprendre le jeu des failles, des plis, de la schistosité (de l'état des roches qui se divisent en feuillets minces), des contraintes. Je suis responsable de mon malheur. Ce ne sont pas des actes des dieux. Ce sont des actes que la crasse de mon ignorance rend possibles. Je refuse d'agir.
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Gilles Derome
À la suite de cet avertissement, les édifices de plus de deux étages de ce territoire doivent être construits de façon à résister aux tremblements de terre.
Il n'y a pas de telle chose que des «acts of God», des cas de force majeure. Des explications par l'absurde d'un phénomène géologique. Nous savons que l'île d'Haïti est la partie émergée d'une plaque tectonique toujours branlante. Nous savons qu'elle bouge et qu'elle bougera demain et après-demain. Elle tremble par secousses.
Que celui qui n'a rien d'autre qu'une vieille tôle pour dormir s'en serve, c'est souhaitable. Mais quand j'entends dire que l'édifice de l'Organisation des Nations unies s'est écroulé, je m'interroge. Il n'y a pas un technocrate dans cette maison qui ait entendu parler de plaques tectoniques? Ces intellectuels de l'action n'ont pas lu les Que sais-je? qui débroussaillent la théorie? Les catastrophes naturelles sont naturelles, mais elles ne sont des catastrophes que si je refuse de les traiter comme naturelles.
Je suis construit sur les flancs d'un volcan. Sur les bords d'une rivière qui déborde chaque année. Et je ne cherche pas à comprendre le jeu des failles, des plis, de la schistosité (de l'état des roches qui se divisent en feuillets minces), des contraintes. Je suis responsable de mon malheur. Ce ne sont pas des actes des dieux. Ce sont des actes que la crasse de mon ignorance rend possibles. Je refuse d'agir.
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Gilles Derome
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