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Retour à l'école

La vie reprendra un semblant de normalité lundi, quand les enfants retourneront en classe

Deux enfants dans un camp pour sinistrés, à Port-au-Prince
Photo : Agence Reuters Jorge Silva
Deux enfants dans un camp pour sinistrés, à Port-au-Prince
Des milliers d'enfants haïtiens reprendront les cours lundi, sous les tentes qui leur servent aujourd'hui de maison. Dix-huit jours après le séisme qui a frappé la Perle des Antilles, Haïti s'efforce de reprendre un rythme de vie normal.

De 5000 à 8000 écoles ont été détruites lors du tremblement de terre du 12 janvier et plusieurs servent encore aujourd'hui de refuge à des sans-abri. Toit ou pas, plusieurs petits reprendront les classes, a annoncé hier une radio locale, sans préciser combien de ces écoles improvisées reprendront leurs activités. Le président d'Haïti, René Préval, espère quant à lui rouvrir toutes les écoles en mars. Certaines classes des écoles qui ont tenu le coup seront d'ici là ouvertes après inspection.

Son fils de six ans installé sur ses genoux, Faver Volmar se réjouit. «Sans éducation, il n'y a pas de vie», raconte l'homme rencontré dans un marché de Pétionville, une commune en banlieue de Port-au-Prince. Son petit Richard fait partie du 1,8 million de personnes qui ont été affectées par le séisme, selon les chiffres du ministère de l'Éducation du pays.

Le gouvernement haïtien souhaite que la situation permette au pays de se forger un meilleur système d'éducation. Le système était jusqu'à présent inefficace dans ce pays où seulement 53 % des neuf millions d'habitants savent lire. Le gouvernement espère établir un système harmonisé, doté du même programme pour les établissements publics et privés, chapeauté par le ministère de l'Éducation.

Le quotidien reprend tranquillement son sens, alors que d'énormes camions blancs de l'ONU transportent plus de débris chaque jour. Les embouteillages sont déjà de retour et des poteaux téléphoniques ont été réparés.

Dans les rues de la région de la capitale, le commerce reprend tranquillement. Les paniers de bonbons colorés, de fromage, de serviettes et autres biens abondent le long des routes. Seul hic: les vendeurs sont beaucoup plus nombreux que les acheteurs. «Nous avons besoin de davantage de touristes», estime Sorel Charles, un agent de change de Port-au-Prince. «Cela permettrait de réinjecter directement des devises dans l'économie», dit-il. Sinon, «le gouvernement va prendre toute l'aide et la donner à ses amis, pas au peuple».

Plusieurs secouristes étrangers, dont l'équipe russe, s'apprêtent à plier bagages. Pourtant, des 200 000 personnes blessées lors du séisme, plusieurs ont toujours besoin de recevoir des soins et les médecins sont surchargés. Une porte-parole de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a par ailleurs souligné un «besoin critique» de spécialistes en chirurgie orthopédique et interne. Côté matériel, c'est le même constat: certains hôpitaux de Port-au-Prince voient leurs réserves de médicaments de base fondre, et les médecins haïtiens s'inquiètent.

Les besoins d'assistance médicale sont d'autant plus grands qu'une catastrophe sanitaire pourrait survenir en raison des conditions de vie de dizaines de milliers d'Haïtiens qui ont perdu leur logis. Des cas d'épidémie ont été répertoriés dans les camps de fortune établis dans les parcs de Port-au-Prince. «Plusieurs équipes médicales ont rapporté des cas de plus en plus nombreux de diarrhées ces deux ou trois derniers jours», a informé un porte-parole de l'OMS, Paul Garwood, en point de presse à Genève hier. Des cas de rougeole et de tétanos ont aussi été signalés par des équipes médicales dépêchées sur place. L'OMS a par ailleurs annoncé une campagne de prévention qui débutera la semaine prochaine.

***

Avec La Presse canadienne et l'Agence France-Presse
 
 
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  • cpabelico - Inscrit
    11 mars 2010 10 h 01
    Un système d’éducation pour changer l’avenir
    Merci de nous avoir fait connaître la situation pénible des enfants haïtiens et de leur système d’éducation. Votre article « Retour à l’école » a bien porté notre attention sur les 5000 à 8000 écoles qui ont été détruites suite au séisme du 12 janvier 2010. Je suis heureuse d’apprendre que de nombreux enfants d’Haïti reprendront les classes dans les écoles improvisées. Je suis également heureuse de lire qu’un homme dans un marché Pétionville a raconté que, sans éducation, il n’y a pas de vie.

    Je suis d’accord avec le gouvernement haïtien qu’il souhaite que cette situation lui permette de recommencer et de mettre en place un meilleur système d’éducation. Il est vrai que le commerce est important, mais il est plus important que les enfants haïtiens ont un système d’éducation qui marche. Sorel Charles, un agent de change de Port-au-Prince, a estimé que le pays avait besoin davantage de touristes pour que le pays puisse se reconstruire. Mais les besoins d’assistance médicale sont encore graves et des milliers d’Haïtiens sont encore dans les camps de fortune établis dans les parcs de Port-au-Prince.

    Vous avez mentionné que le système d’éducation haïtien avait été jusqu’à présent inefficace. Comment le gouvernement va-t-il doter le même programme pour les établissements publics et privés? Est-il possible de prendre conscience de la situation de l’éducation à Haïti? De cette façon, la majorité des citoyens sera plus informée et les enfants d’Haïti profiteront de l’occasion pour faire plus de leur vie. Si leur gouvernement espère établir un système d’éducation « harmonisé », il aura besoin de notre aide pour réaliser son objectif.
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