Les abris, des guets-apens pour les femmes et les enfants
Le viol s'ajoute à la liste des violences commises
Photo : Agence Reuters Marco Dormino
Des enfants attendent qu’on leur serve à manger à Jacmel.
Tandis que le Conseil des droits de l'homme des Nations unies soulignait dans une résolution l'importance de protéger les femmes et les enfants haïtiens hier, le directeur de la police haïtienne affirmait qu'ils sont plus que jamais en danger.
Le chef Mario Andrésol dénonçait hier que le viol s'ajoute à la liste des gestes violents qui se multiplient depuis que le séisme a frappé Haïti, le 12 janvier dernier. «À la faveur du black-out qui sévit sur la capitale d'Haïti, des bandits en profitent pour harceler et violer des femmes et des jeunes filles réfugiées sous les tentes» qui leur servent d'abri depuis que Port-au-Prince s'est écroulée sous les secousses.
La situation l'inquiète, tandis que plus d'un million d'enfants ont perdu au moins un de leurs parents lors du séisme, selon les données de l'organisme Save the Children. Plusieurs d'entre eux errent sans personne pour les prendre en charge. Si les hôpitaux les accueillaient au départ, les enfants ont dû partir, faute de place.
Plusieurs groupes de femmes de la ville ont aussi alerté l'Organisation des Nations unies de plusieurs cas de violence sexuelle. «Nous avons plus de 7000 bandits dans les rues qui se sont échappés de la prison centrale le soir du séisme, a rappelé M. Andrésol. [...] Ils sont dans la nature aujourd'hui et vont constituer une source de problèmes.»
Le directeur de la police s'inquiète d'une recrudescence de l'insécurité à Port-au-Prince, alors que ses policiers sont épuisés. Sur les 6000 employés du service de police de la capitale, seuls un peu plus de la moitié d'entre-eux sont jusqu'à présent au poste, plusieurs étant morts ou disparus, pour une population de trois millions de personnes. «Avec un tel effectif, la police haïtienne peine à faire face à ses responsabilités et aux nouvelles formes de la criminalité comme le viol et les pillages.»
Le chef adjoint de la mission de l'ONU dans le pays, Anthony Banbury, a souligné quant à lui l'importance de sécuriser la distribution de nourriture, qui crée des émeutes. L'ONU, les Forces de sécurité et les organisations humanitaires doivent agir «intelligemment, rapidement», selon lui.
Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, dans une résolution adoptée hier à Genève, affirmait que la protection des enfants et des personnes les plus vulnérables, comme les handicapés et les personnes âgées, devait être la priorité puisqu'ils sont les plus touchés par les trafics, les viols et la violence. Il est «indispensable de les protéger contre ces risques», a indiqué le Conseil, alors que les conditions sont «favorables» pour les trafiquants et autres criminels.
La région de Port-au-Prince vit toujours au ralenti. Même 16 jours après le tremblement de terre qui a fait 170 000 morts, des milliers d'Haïtiens sont toujours à fouiller les décombres dans l'espoir d'entendre un cri, un souffle. Une vingtaine de secouristes étrangers échangent aussi toujours leurs numéros de téléphone portable avec les citoyens, au cas où un bruit provenant des bâtisses écroulées se ferait entendre. Un simple texto génère toujours l'espoir dans la capitale.
Si les résultats sont surtout vains, des sauveteurs ont retrouvé une adolescente de 16 ans mercredi soir sous un tas de béton, en état de déshydratation avancé, mais en vie. Elle affirme n'avoir rien mangé ni rien bu. «À ma connaissance, elle fait partie des cas extrêmes de survie», a laissé tomber le médecin colonel français Michel Orcel hier. Les médecins croient qu'elle a plus de 90 % de chances de survivre. Il s'agit de la 135e personne sauvée des débris depuis le 12 janvier.
***
- Plus de 2,02 milliards de dollars ont jusqu'à présent été amassés pour aider Haïti à se relever, selon les chiffres des Nations unies. Ces dons enregistrés comprennent les 575 millions du fonds d'urgence de l'ONU, les dons des États et l'argent recueilli par les organisations humanitaires.
-Si la communauté internationale continue d'épauler Haïti, la reconstruction du pays pourrait se faire rapidement, croit l'ancien président américain Bill Clinton. Il a cité la reconstruction du Rwanda, qu'il juge être une réussite. «Quatre ans après le génocide, en 1998, le produit intérieur brut par personne n'était encore que de 268 $. Mais 10 ans plus tard, il avait presque quadruplé, pour atteindre 1100 $.»
-Le sénateur républicain Richard Lugar a annoncé hier qu'il travaillait avec le démocrate Chris Dodd à un projet de loi pour encourager le Fonds monétaire international (FMI) à réduire la dette d'Haïti et à verser les excédents liés à la vente d'or aux pays pauvres.
-Un sondage dévoilait hier que 71 % des Canadiens estiment que la réponse du gouvernement canadien au séisme qui a frappé Haïti a été bonne ou excellente. Le sondage de La Presse canadienne-Harris-Decima révèle qu'à peine plus de la moitié des Canadiens sont favorables à l'assouplissement des lois en matière d'immigration.
***
Avec La Presse canadienne
et l'Agence France-Presse
Le chef Mario Andrésol dénonçait hier que le viol s'ajoute à la liste des gestes violents qui se multiplient depuis que le séisme a frappé Haïti, le 12 janvier dernier. «À la faveur du black-out qui sévit sur la capitale d'Haïti, des bandits en profitent pour harceler et violer des femmes et des jeunes filles réfugiées sous les tentes» qui leur servent d'abri depuis que Port-au-Prince s'est écroulée sous les secousses.
La situation l'inquiète, tandis que plus d'un million d'enfants ont perdu au moins un de leurs parents lors du séisme, selon les données de l'organisme Save the Children. Plusieurs d'entre eux errent sans personne pour les prendre en charge. Si les hôpitaux les accueillaient au départ, les enfants ont dû partir, faute de place.
Plusieurs groupes de femmes de la ville ont aussi alerté l'Organisation des Nations unies de plusieurs cas de violence sexuelle. «Nous avons plus de 7000 bandits dans les rues qui se sont échappés de la prison centrale le soir du séisme, a rappelé M. Andrésol. [...] Ils sont dans la nature aujourd'hui et vont constituer une source de problèmes.»
Le directeur de la police s'inquiète d'une recrudescence de l'insécurité à Port-au-Prince, alors que ses policiers sont épuisés. Sur les 6000 employés du service de police de la capitale, seuls un peu plus de la moitié d'entre-eux sont jusqu'à présent au poste, plusieurs étant morts ou disparus, pour une population de trois millions de personnes. «Avec un tel effectif, la police haïtienne peine à faire face à ses responsabilités et aux nouvelles formes de la criminalité comme le viol et les pillages.»
Le chef adjoint de la mission de l'ONU dans le pays, Anthony Banbury, a souligné quant à lui l'importance de sécuriser la distribution de nourriture, qui crée des émeutes. L'ONU, les Forces de sécurité et les organisations humanitaires doivent agir «intelligemment, rapidement», selon lui.
Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, dans une résolution adoptée hier à Genève, affirmait que la protection des enfants et des personnes les plus vulnérables, comme les handicapés et les personnes âgées, devait être la priorité puisqu'ils sont les plus touchés par les trafics, les viols et la violence. Il est «indispensable de les protéger contre ces risques», a indiqué le Conseil, alors que les conditions sont «favorables» pour les trafiquants et autres criminels.
La région de Port-au-Prince vit toujours au ralenti. Même 16 jours après le tremblement de terre qui a fait 170 000 morts, des milliers d'Haïtiens sont toujours à fouiller les décombres dans l'espoir d'entendre un cri, un souffle. Une vingtaine de secouristes étrangers échangent aussi toujours leurs numéros de téléphone portable avec les citoyens, au cas où un bruit provenant des bâtisses écroulées se ferait entendre. Un simple texto génère toujours l'espoir dans la capitale.
Si les résultats sont surtout vains, des sauveteurs ont retrouvé une adolescente de 16 ans mercredi soir sous un tas de béton, en état de déshydratation avancé, mais en vie. Elle affirme n'avoir rien mangé ni rien bu. «À ma connaissance, elle fait partie des cas extrêmes de survie», a laissé tomber le médecin colonel français Michel Orcel hier. Les médecins croient qu'elle a plus de 90 % de chances de survivre. Il s'agit de la 135e personne sauvée des débris depuis le 12 janvier.
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- Plus de 2,02 milliards de dollars ont jusqu'à présent été amassés pour aider Haïti à se relever, selon les chiffres des Nations unies. Ces dons enregistrés comprennent les 575 millions du fonds d'urgence de l'ONU, les dons des États et l'argent recueilli par les organisations humanitaires.
-Si la communauté internationale continue d'épauler Haïti, la reconstruction du pays pourrait se faire rapidement, croit l'ancien président américain Bill Clinton. Il a cité la reconstruction du Rwanda, qu'il juge être une réussite. «Quatre ans après le génocide, en 1998, le produit intérieur brut par personne n'était encore que de 268 $. Mais 10 ans plus tard, il avait presque quadruplé, pour atteindre 1100 $.»
-Le sénateur républicain Richard Lugar a annoncé hier qu'il travaillait avec le démocrate Chris Dodd à un projet de loi pour encourager le Fonds monétaire international (FMI) à réduire la dette d'Haïti et à verser les excédents liés à la vente d'or aux pays pauvres.
-Un sondage dévoilait hier que 71 % des Canadiens estiment que la réponse du gouvernement canadien au séisme qui a frappé Haïti a été bonne ou excellente. Le sondage de La Presse canadienne-Harris-Decima révèle qu'à peine plus de la moitié des Canadiens sont favorables à l'assouplissement des lois en matière d'immigration.
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Avec La Presse canadienne
et l'Agence France-Presse
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