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    Haïti peut se remettre rapidement sur pied, croit Bill Clinton

    Si la communauté internationale et le secteur privé continuent de mettre l’épaule à la roue, Haïti pourrait se remettre en quelques années du terrible tremblement de terre du 12 janvier, a estimé aujourd’hui l’ancien président américain Bill Clinton. «Je crois qu’un pays peut renaître de ses cendres en très peu de temps», a déclaré M. Clinton, qui est l’émissaire spécial des Nations unies pour Haïti, lors d’une séance fort courue à l’assemblée annuelle du Forum économique mondial, à Davos, en Suisse.

    «Mon modèle pour dire cela, c’est le Rwanda, a-t-il expliqué. (...) Quatre ans après le génocide, en 1998, le produit intérieur brut per capita n’était encore que de 268 $ US. Mais 10 ans plus tard, il avait presque quadruplé pour atteindre 1100 $ US.»

    M. Clinton, qui était émissaire onusien avant la catastrophe, a assuré que les Haïtiens conservaient «les mêmes chances d’échapper à leur passé» qu’avant le séisme.

    «Il s’agit d’une occasion de réimaginer l’avenir du peuple haïtien et de construire le pays qu’ils veulent devenir plutôt que de reconstruire ce qu’ils avaient avant», a-t-il affirmé, en notant que l’Indonésie s’est également relevée rapidement du tsunami de 2004.

    Le dernier bilan du tremblement de terre en Haïti fait état d’au moins 170 000 morts, de quelque 200 000 blessés — dont plusieurs amputés — et d’un million de sans-abri.

    L’ancien chef de la Maison-Blanche a profité de la présence à Davos d’innombrables dirigeants de multinationales pour demander au secteur privé de s’engager dans l’aide d’urgence et la reconstruction du pays.

    «S’il y a quelqu’un ici qui sait où je peux trouver des camionnettes, des pick-up, j’en avais besoin d’une centaine hier», a-t-il lancé pour illustrer les difficultés persistantes d’acheminer l’eau et la nourriture aux sinistrés.

    Mais il ne s’agit pas que tous se ruent sur Haïti, a prévenu M. Clinton. «Nous avons besoin d’argent plus que de n’importe quoi d’autre, a-t-il martelé. Parce que nous avons assez de cuisiniers aux chaudrons et pas assez de coordination et d’infrastructures de distribution. Nous devons fournir aux Haïtiens une base à partir de laquelle ils peuvent penser (à l’avenir) et ne pas avoir à s’inquiéter de survivre jusqu’au lendemain.»

    Michèle Pierre-Louis, ancienne première ministre d’Haïti, avait fait le voyage depuis Port-au-Prince pour entendre M. Clinton à Davos. De son côté, le premier ministre Stephen Harper, également présent dans les Alpes suisses, a eu droit à un entretien d’une demi-heure avec l’ex-président.

    A l’issue de la rencontre, M. Clinton a salué l’importante contribution financière du Canada pour Haïti, avançant qu’elle pourrait être la plus importante, per capita, dans le monde.

    Selon lui, la communauté internationale n’oubliera pas Haïti dans quelques mois ou quelques années. «Avec ce tremblement de terre, les gens ont vu à quel point les Haïtiens pouvaient être braves, a-t-il fait remarquer. Ce qu’ils ont appris sur Haïti — sa culture, son histoire — cela a captivé le monde entier.»

    Investir en Haïti

    Participant à la même séance, l’Irlandais Denis O’Brien, grand patron de Digicel, une entreprise caribéenne de télécommunications qui possède une importante filiale en Haïti, a prié les gens d’affaires d’investir dans le pays le plus pauvre de l’hémisphère nord.

    «Croyez-le ou non, Haïti est un endroit extraordinaire où faire des affaires», a-t-il soutenu, en faisant allusion à des politiques gouvernementales «très favorables» à l’investissement étranger.

    «Haïti n’est pas ennuyeuse, mais elle présente des défis», a-t-il néanmoins reconnu. Au cours des dernières années, Digicel a investi 370 millions $ US dans le pays.

    Selon M. O’Brien, de bonnes occasions d’affaires existent dans les secteurs du tourisme, du textile, de la production de fruits et de la construction.

    «Il faut investir en Haïti pour les bonnes raisons, a-t-il insisté. Pas seulement pour des raisons altruistes, mais pour des raisons économiques.»

    Le rôle du Québec

    En entrevue à La Presse Canadienne, le premier ministre Jean Charest a affirmé jeudi que les entreprises québécoises étaient «en avance» sur les autres à cet égard.

    «C’est un pays que nous connaissons, où nous sommes présents, et les entreprises québécoises sont déjà sur le terrain», a-t-il noté.

    En outre, Hydro-Québec «est toujours prête à donner un coup de main à Haïti, que ce soit pour l’aide d’urgence ou la reconstruction», a indiqué M. Charest.

    «Suite aux consignes qu’on a donné à Hydro dans les jours qui ont suivi le séisme, ils ont préparé du matériel. Ils sont prêts à se rendre sur place dès que les circonstances le permettront.»

    La société d’État avait prêté main forte au pays lors des ouragans qui avaient frappé les Gonaïves, en 2008.













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