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Analyse - Haïti: la viabilité passe par le reboisement

Les quatre tornades et cyclones qui ont frappé Haïti à la fin de l’été 2008 ont transporté aux Gonaïves 2,6 millions de tonnes de boues.
Photo : Agence France-Presse
Les quatre tornades et cyclones qui ont frappé Haïti à la fin de l’été 2008 ont transporté aux Gonaïves 2,6 millions de tonnes de boues.
Le drame qui plonge présentement Haïti dans la désespérance résulte d'une catastrophe écologique multiforme causée par le déboisement intensif amorcé par les premiers exploitants coloniaux et consommée à cause de la pauvreté endémique qui résulte en bonne partie de l'épuisement et de l'atrophie des anciens écosystèmes.

S'il y a tellement de gens massés dans Port-au-Prince et ces bidonvilles qui leur sont tombés sur la tête, c'est que la population a massivement quitté des campagnes et des régions forestières qui ne peuvent plus leur fournir nourriture, vêtements et gîte sécuritaire.

Les forêts d'Haïti couvraient autrefois 80 % de l'île. Il en reste aujourd'hui entre 1 % et 2 %. Leur disparition s'est accélérée récemment, car ces forêts couvraient encore 20 % du territoire haïtien en 1960.

La pauvreté endémique a fait le reste. Aujourd'hui, faute de revenus suffisants pour s'acheter du gaz ou de l'électricité pour la cuisson et l'éclairage, les Haïtiens utilisent le charbon de bois pour 72 % de leurs besoins en énergie. On obtient ce charbon en coupant ce qui reste de forêts et en préparant ce combustible en le carbonisant dans un four pauvre en oxygène, ce qui l'assèche et concentre son carbone pour une combustion ultérieure. L'absence d'une politique de conservation et d'un programme de déploiement de solutions plus écologiques explique que rien ne freine cette dévastation.

Lors de la conférence de Montréal sur les changements climatiques en 2005, j'ai eu la possibilité d'interviewer l'ex-président Aristide. Je n'ai jamais publié cette entrevue, car j'ai craint qu'on pense que j'aie voulu me moquer de lui, ou ridiculiser à travers lui un État qui n'en portait souvent que le nom. À la question de savoir pourquoi l'aide internationale fournie à ce pays ne s'était pas encore soldé par la mise en place d'un important programme de reboisement, le président haïtien d'alors m'avait répondu cette ineptie monumentale: on le fera, m'avait-il dit en substance, mais après avoir enseigné aux gens comment épeler le mot «arbre» parce qu'il est fondamental, disait-il, de pouvoir saisir ce mot et le concept pour agir efficacement sur le terrain.

La réalité est tout autre, car partout sur la planète où on tente d'enrayer la déforestation, en Chine comme au Sahel, la sagesse populaire saisit immédiatement l'importance et l'intérêt de reboiser quand on lui donne les moyens de le faire.

La région des Gonaïves, par exemple, ressemble en plusieurs endroits à un désert lunaire, illustrant la désertification extrême qui menace d'autres régions agricoles du pays en raison de l'érosion sans frein qui réduit la productivité des champs en les privant à chaque tornade de milliers de tonnes de matières organiques.

On a évalué que les quatre tornades et cyclones qui ont frappé Haïti à la fin de l'été 2008 ont transporté aux Gonaïves 2,6 millions de tonnes de boues, de la terre qui fera défaut aux sols agricoles en amont. Et la compaction qui résulte de l'assèchement des nappes souterraines en raison de l'absence d'arbres aurait réduit à 10 % la capacité de ces sols à stocker l'eau qui tombe du ciel.

Les photos satellites montrent aujourd'hui l'énorme différence entre les sols dénudés d'Haïti et ceux de la République dominicaine d'à côté, où 30 % des forêts sont encore debout, et même des forêts primaires (c'est-à-dire qui n'ont jamais été coupées). Ces forêts fournissent aux Dominicains d'importantes réserves d'eaux souterraines, de plus en plus rares en Haïti; un climat moins sec et meilleur pour l'agriculture, sans compter que ces forêts, riches en végétaux divers et animaux, sont des sources importantes d'aliments, de médicaments et même de bases génétiques variées pour le renouvellement et le maintien de la résistance des semences agricoles.

Le drame écologique qui paralyse le développement de cette île est aussi lié aux changements climatiques. Le réchauffement du climat n'est pas sans rapport avec l'augmentation de la fréquence des ouragans: après celui qui a dévasté les Gonaïves en 2004, y faisant 1600 morts, quatre autres tornades et cyclones ont frappé Haïti en 2008, avec leur cortège d'inondations aggravées par le déboisement, qui a aussi accéléré le ruissellement violent des pluies torrentielles.

On est loin de l'île luxuriante d'Hispaniola découverte par Christophe Colomb, qui abritait cocotiers, manguiers, papayers, acajous, flamboyants et tamariniers. Les planteurs qui ont développé dès le XVIIIe siècle la production d'épices, de café et d'indigo ont certes jeté par terre beaucoup de forêts au profit de leurs champs et plantations. Et les sociétés étatsuniennes ont accentué la déforestation pendant la Seconde Guerre mondiale au profit des plantations d'hévéas et de sisals pour les besoins de l'économie de guerre, un mouvement de déforestation que les Duvalier ont accentué pour leur profit personnel et en laissant la pauvreté endémique faire le reste. Il ne faut donc pas blâmer les pauvres d'Haïti pour ce déboisement, dont les racines plongent profondément dans le tissu de leur histoire.

Mais à court terme, et à très court terme, il faudrait que le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) mette en place en Haïti, pays de soleil par excellence, un programme de fours à cuisson solaire, comme celui mis en place avec succès au Chili, pour enrayer précisément le déboisement des régions montagneuses. Le programme de reforestation entériné par la toute récente conférence de Copenhague pour créer des crédits avec le stockage du carbone dans de nouvelles forêts devrait s'appliquer en priorité à Haïti pour y créer de l'emploi dans les serres, dans des pépinières et dans les régions où on réimplanterait en priorité les espèces végétales autochtones.

Certes, il faut reconstruire les villes haïtiennes, mais un volet majeur de la pauvreté serait réglé si, à long terme, l'augmentation de la population était absorbée par des campagnes reverdies et des écosystèmes forestiers à nouveau productifs. Un «plan Marshall» à la gloire du béton ne serait décidément pas très viable.
 
 
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  • Georges Paquet
    Abonné
    vendredi 22 janvier 2010 06h46
    Et les salons euroopéens en acajou et en ébène,,,?
    Vous avez évoqué rapidement, trop rapidement, le déboisement presque total effectué au profit du transports des bois nobles en Europe pouir aménager les beaux salons que l'on admire encore aujourd'hui.

    Cher Monsieur,
    Un plan Marshall, non pas à la goire du béton, comme vous dites, mais pour permettre au gouvernement et aux services publics de fonctionner, bientôt, très bientôt, porterait des résultats beaucoup plus rapidement, et beaucoup plus efficacement, qu'un reboisement, qu'il faut faire sans doute, mais qui prendra, dans la meilleure hypothèse, un vingtaine d'années.
    Et, pour ce plan Marshall, pourquoi ne pas remettre en marche un bon nombre de nos scieries en chomage...?

    Georges Paquet

  • Daniel Faucher
    Inscrit
    vendredi 22 janvier 2010 06h47
    Nos forêts ne pourraient-elles pas servir à la reconstruction d'Haïti?
    Alors que nous ne cessons de subir l'impact économique négatif de la crise forestière chez nous, une utilisation intelligente de nos forêts au profit de la reconstruction d'Haïti ne pourrait-elle pas permettre aux forêts haïtiennes de se reconstituer tout en permettant aux populations de faire progressivement le changement de ses habitudes de vie au profit de nouvelles sources d'énergie pour faire la cuisine? Le bois de nos forêts pourrait aussi servir, bien sûr, pour la reconstruction des édifices. Notre pays a une position presque unique au monde pour que son aide en bois serve ses intérêts en même temps que ceux d'Haïti. N'est-ce pas une excellente illustration du dicton "Charité bien ordonnée commence par soi-même"?

  • jacques noel
    Inscrit
    vendredi 22 janvier 2010 08h11
    Des draveurs haitiens.....
    Dans la Série sur Félix Leclerc, on voit Bruny Surin qui joue de le rôle d'un draveur dans la Mauricie en 1928!!!
    Dès les années 20, des Haitiens travaillaient au déboisement de la planète..

  • Pierre Poulin
    Abonné
    vendredi 22 janvier 2010 08h26
    Le Québec ne déboise-t-il pas trop lui-même ?
    J'aurais deux questions :
    1) Combien de temps faudra-t-il pour reboiser Haiti ? Est-ce moins de 100 ans ?
    et
    2) Quand je survole certaines régions du Québec, je constate que nos forêts ont été coupées à blanc. Ne sommes-nous pas nous-même en train de trop déboiser ?
    Cuire ses aliments au charbon ou construire ses édifices en bois, même folie non ?

  • Pierre-E. Paradis
    Inscrit
    vendredi 22 janvier 2010 11h03
    Des résultats tangibles en 30 ans
    Les Cubains ont tenté l'expérience du reboisement après la révolution, dans certaines régions qui avaient été dénudées de la sorte. Les résultats sont excellents. Sous ces latitudes tropicales, les arbres arrivent à maturité beaucoup plus vite. On peut donc penser qu'Haïti retrouvera un équilibre écologique en 30 ans si le reboisement intensif est mis de l'avant.

    Bien sûr il ne faut pas négliger la remise en état des routes et de l'appareil gouvernemental, mais puisque bon nombre d'habitants les plus pauvres de Port-au-Prince sont tout simplement retournés en région pour une durée indéterminée, pourquoi ne pas les employer à replanter?

  • Guy Fafard
    Inscrit
    vendredi 22 janvier 2010 11h14
    Excellente analyse
    Excellente analyse je vous remercie de l'avoir faite..

    Le bambou est une herbe qui pousse vite. - Ne pourrait-elle pas s'utiliser , du moins pendant une certaine période, pour aider au reboisement dans cette région ?

    Si vous connaissez la réponse, ça pourrait devenir une allée à explorer.

  • Jean-Marie Laurent
    Inscrit
    vendredi 22 janvier 2010 14h10
    reboisement moteur de développement rural
    Merci de ce portrait à grand traits mais juste. Et puisqu'il est question de la reconstruction et de la coopération qui proviendrait du Canada, sachez que, pour les 20 prochaines années, l'abondance de la biomasse forestière disponible au Québec et au Nouveau brunswick permettrait à plus de 100 000 travailleurs haïtiens du secteur de la production de l'énergie domestique de s'organiser pour gagner leur vie dignement, de disposer des moyens financiers pour reboiser les terres d'Haïti et de renouveller la ressource bois-énergie vitale pour ce pays pauvre, sans pétrole ni gas.

    Ces 20 ans de fourniture commerciale de biomasse c'est le temps nécessaire pour professionnaliser les charbonniers haïtiens, pour recycler un certain nombre dans la protection des arbres encore debout et dans la plantation des espèces utiles à toutes les utilisations dont celles nécessaires pour retenir les terres et l'eau.

    Les projets sont déjà sur papier, il ne manque que la volonté de les soutenir financièrement et logistiquement.

  • LeRévoltéTranquille
    Abonné
    lundi 25 janvier 2010 16h02
    Aristide, l'éducation de son peuple et LG Francoeur
    Monsieur Francoeur,

    Je m'adresse a vous pcq j'ose espérer que vous n'avez pas relevé l'ironie des propos d'Aristide quant au relèvement impératif du niveau d'éducation de son peuple. S'il persifle sur le dos de son peupel miséreux et sous-développé, il N'en est pas moins conscient que ce dernier part de très loin dans leur conception du monde et dans leur rapport avec la nature. En cela je suis d'accord avec son analyse du moment, mais certainement pas avec la forme méprisant ede son persiflage.

    De là à y trouver un prétexte pour ne rien faire ou temporiser est du domaine de l'interprétation des propos d'un mystique illuminé qui n'a pas démontré des dispositions enclines au sens pratique...

  • Gaia81
    Inscrite
    lundi 25 janvier 2010 16h30
    Projet de volontariat
    Je cherche un organisme qui pourrait parainer ce type de projet. Quelqu'un a des pistes? J'aimerais bien m'y rendre au cours de la prochaine année afin de contribuer au reboisement.

    Merci d'avance!

  • art5
    Inscrit
    lundi 25 janvier 2010 21h45
    reboisement d haiti
    Le plus traumatisant de cette catastrophe c est de se rendre compte qu apres des siecles et des decennies de presence d oeuvres de charites de toutes sortes d allegeances, d aide de differents pays, des millions des milliards, on realise que 24 heures avant ce seisme les Haitiens avaient presque rien et aujourd hui, ils ont presque tout perdu. Alors la il faut le faire.

    Le reboisement fait evidemment parti de la solution.

    Il faut arrete d etre politiquement correcte mais plutot realistement correcte.

    Il ne s agit pas de re-construire mais de construire un pays avec et pour ses habitants, un vrai defi mais au 21ieme siecle possible.

    On se plait a gaspiller des milliards pour construire des villages olympiques alors la batissons un pays olympique.

    Un lecteur a commenter que dans les tropiques les arbres atteignent une taille adulte en peu de temps et c est exact en myenne 5 ans.

    Le bamboo aussi pousse tres vite retient bien les sols et peut servir a de multiples usages voir pour la construction domiciliaire antiseismique, economique, ecologique et resistent.

    Merci pour vos commentaires.

  • jpz
    Abonné
    mardi 26 janvier 2010 14h16
    Propositions pour l’avenir énergétique et la prospérité à long terme d'Haiti
    Proposition pour l’avenir énergétique et la prospérité à long terme de ce pays.

    Prenons pour hypothèse ; il y a 10 millions de personnes en Haïti
    Le moyenne de consommation annoncée est de 75 Kwh par année
    ( c’est environ 1 % de la consommation québécoise résidentienne per capita
    sans inclure le chauffage de l’eau ou de l’air)

    En court résumé

    Présentement L'Electricité d'Haïti (EDH) fournit un peu plus de 550 Mw aux client seulement 30 % des citoyens ont accés légal à cette énergie, comme ici lors du verglas en 98 beaucoup d’extensions courent d’une maison à une autre surtout pour quelques watts d’éclairage et quelques mini télé ) les principaux clients officiels sont les édifices gouvernmentaux les industries et les commerces ( PMI

  • jpz
    Abonné
    mardi 26 janvier 2010 18h58
    pour la prospérité suite
    Pour l’avenir, comme tout est à refaire

    On met fin au plus tôt à toute production “ s’il y en a encore en opération “ thermique polluante et coûteuse ,
    considérant que bientôt il y aura bientôt de crédits d’échanges de CO2
    considérant que l’achat d’huile lourde pour produire la vapeur des centrales thermique dépasserait plus de 1 M$ par jour.

    On peut évaluer que l’arrêt d’achat d’huile et la vente de crédit CO2 pourra rapporter des sommes significatives

    Avec des amis, au courant, on estime que l’ONU et les pays qui se sont réunis hier pour parler de la reconstruction d’Haiti devraient s’organiser
    1- pour continuer et améliorer, si possible, la production hydroélectrique locale
    et si possible en importer de la République dominicaine si possible
    2- considérant le climat le potentiel d,énergie solaire est assez élevé
    alors il faut construire un réseau décentralisé de production avec panneaux solaires
    batteries de réserves onduleurs et protection pour une fourniture 24/24 à l’année
    pour assurer plus de fiabilité et diminuer les installations de transport un réseau décentralisé et installé dans chaque secteur ou village de 50,000 à 100,000 clients résidentiels en prenant comme hypothèse qu’il y aurait 2 millions de résidences.
    3- certains secteurs pourraient faire l’installation de petites éoliennes, moins de 30 m de diamètre, cependant il faut prévoir qu’il y a à chaque année une dangereuse saison des ouragans alors il faudra enlever ou bloquer ? les pâles.

    En conclusion comme l’énergie du soleil, du vent et la force hydraulique sont gratuites pour l’éternité même si les coûts présents sont assez élevés, ils sont en baisses constantes (très utilisés au Japon ) ensuite avec l’économie de pétroles et les crédits CO2 ceci arrivera à payer une partie des installations et la totalité des coûts d’entretien. La prospérité à long terme.

  • jpz
    Abonné
    mardi 26 janvier 2010 18h59
    suite pour le respect et le développement durable
    Comme, on a dit il y a déforestation accélérée du territoire d’Haiti parce que les gens font cuire leurs repas avec du bois transformé en charbon de bois . La solution à la chauffe d’eau et de repas existe déjà en Afrique et en Inde , je pense même que c,est une invention québécoise, de petites soucoupes paraboliques sont utilisées dès qu’il fait un peu soleil pour chauffer directement les casseroles ou pour chauffer des pierres réfractaires qui ont une bonne inertie thermique et conservent quelques temps la chaleur quand le soleil est parti derrières les nuages.

    Et comme la production d’énergie électrique sera très peu coûteuse, les tarifs d’électricité seront très BAS, ce qui devrait rendre possible l’opération de petits fours de moins de 1 Kw pour quelques minutes par jour à – de 5 ¢/Kwh.

    Alors, la fourniture du matériel et installation de la production électrique payés par les dons internationaux. De même que la vente à coût réduit très bas, ou le don de fourneaux solaires permettraient aux citoyens que retrouver certains pouvoir d’achat pour s’instruire et apprendre et s’organiser pour prospérer autant que les citoyens des autres îles des Caraibes. Permettant aux arbres de repousser limitant ainsi les coulées de boues et de bons sols.

    Jean-Paul Thivierge
    Analyste conseiller énergie et environnement

    Et les lumineux et généreux conseils des innovateurs retraités de l’IREQ.

  • René Pigeon
    Abonné
    mercredi 27 janvier 2010 14h33
    reboiser cultiver Haïti après avoir rétabli le sol à l’aide de biochar
    À propos de votre analyse parue dans Le Devoir du 22 janvier, votre suggestion de donner priorité « à créer de l'emploi dans les serres, dans des pépinières et dans les régions où on réimplanterait en priorité les espèces végétales autochtones » sous-entend mais néglige de mentionner le travail considérable de reconstitution du sol arabe qu’il faudra réaliser pour que les plantes et les arbres repoussent et éviter que le soleil et les pluies diluviennes ne détruisent les plants. Les deux facteurs limitants du reboisement à Haïti sont la capacité des efforts de reconstruction à reconstituer le sol arabe le plus largement possible rapidement et la réponse adéquate au besoin de chauffe des habitants. La combustion du charbon de bois ne sert qu’à la cuisson. À moins de fournir à la majorité des familles un four solaire avant de reboiser, ce qui semble difficile, les Haïtiens couperont, carboniseront et bruleront les arbres dès qu’ils auront atteint une taille minimale.
    À la demande d’un organisme italien analogue au CRDI-IDRC à Ottawa, Dr Daniel (ou Nathaniel) Mulcahy a implanté une solution en Afrique et propose de l’appliquer à Haïti selon les courriels ci-bas envoyés par des membres canadiens de l’International Biochar Initiative, mentionnant le SOIL (Sustainable Organic Integrated Livelihoods). Ces personnes peuvent renseigner Le Devoir sur la faisabilité et sur la contribution que le Canada pourra apporter si cette option est inscrite au menu de la conférence pour la relance et la reconstruction d’Haïti. Un entrepreneur social de Drummondville, M. Barry Husk, a enfoui du biochar dans une terre voisine du Petit-lac St-François, le lac réputé le plus pollué au Québec par l’écoulement des fertilisations excédentaires. Les gains de rendement réalisés sur la terre de M. Aimé Rivard sont visibles et probants dans les rapports et photos disponibles sur le site de M. Husk :
    Barry Husk, 819.472-9525 http://www.blue-leaf.ca/main-fr/rapports.php bhusk@blue-leaf.ca
    Dr Julie Major assure la fonction d’Agricultural Extension Director pour le compte de l’International Biochar Initiative (IBI) http://www.biochar-international.org/ à partir de Montréal et expérimente le biochar en Amérique du Sud afin d’augmenter les rendements alimentaires : Julie Major, Ph D (U. Cornell), 514.674-1853, julie@biochar-international.org
    Dr. Marco Rondon de l’IDRC-CRDI – http://www.idrc.ca/rpe mrondon@idrc.ca 613.236-6163 poste 2371 – a parlé de l’enfouissement du biochar dans les sols tropicaux dans l’édition du Toronto Star du 21 mai 2007.
    Dr Mulcahy a fondé l’entreprise WorldStove (worldstove@gmail.com, 413.835-6092 aux É-U, cel. 39 392 13 055 22) pour fabriquer un four peu couteux (le LuciaStove) qui assure deux fonctions simultanément à partir du bois actuellement transformé soit en chaleur, soit en combustible : générer le gaz pour la cuisson (en quantité suffisante) ET produire un charbon de bois que la famille enfouit dans le sol pour augmenter sa fertilité ou pour reboiser plutôt que de le vendre comme combustible. Un charbon de bois enfoui pour amender le sol est appelé "biochar". M. Mulcahy a introduit dans des villages d’Afrique une procédure de contrôle et d’incitation financière à l’enfouissement fertilisant, simple et administrée par les villageois, qui leur permet de remplacer la pratique actuelle croissance-coupe-carbonisation-cuisson par un cycle amendement du sol-croissance-coupe-carbonisation-cuisson

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