Les obstacles se lèvent un à un
L'aide internationale peut maintenant arriver par air et par mer; un couloir humanitaire depuis la République dominicaine est aménagé; les autorités lancent une vaste opération de relogement des sans-abri
Photo : Agence Reuters Tatyana Mekeyeva
Le coût d’une petite bouteille d’eau a triplé, et la population haïtienne attend encore dans bien des cas l’arrivée de l’aide internationale dans les camps de fortune. Recette parfaite pour les flambées de violence et les pillages, que les policiers haïtiens tentent de réprimer autour des commerces à coups de matraque ou de bouts de bois trouvés dans les décombres. L’armée américaine et l’ONU commencent à sécuriser la capitale et le processus de distribution alimentaire.
L'ouverture du port et de l'aéroport de Jacmel est venue soulager hier l'engorgement de l'aéroport international qui ralentissait depuis 10 jours l'arrivée de l'aide internationale en Haïti. Mais la situation demeure critique pour les centaines de milliers de blessés et de sans-abri, pendant que les répliques continuent de secouer les immeubles en ruines.
L'espoir de retrouver des survivants s'amenuise, mais le goulot d'étranglement qui empêchait l'aide internationale d'entrer en Haïti s'est enfin élargi. Trois premiers navires ont accosté au port remis partiellement en service, des avions ont finalement atterri à l'aéroport de Jacmel et un couloir humanitaire permet d'acheminer l'aide en provenance des deux aéroports de la République dominicaine voisine. Trois navires, dont le navire-hôpital américain Comfort ont accosté hier avec vivres et médicaments, une arrivée par la mer cruciale pour désengorger l'aéroport de la capitale, débordé jusqu'à présent par l'atterrissage l'aide internationale.
Mais une nouvelle réplique du tremblement de terre du 12 janvier a secoué Port-au-Prince hier, obligeant le gouvernement haïtien à s'interrompre en pleine réunion. La secousse, d'une magnitude de 4,8, s'est produite à 11h54 à une quarantaine de kilomètres à l'ouest de la capitale, a précisé l'institut géophysique américain. Aucun dégât n'a été signalé dans l'immédiat.
Le gouvernement d'Haïti a aussi accepté une offre de la République dominicaine d'envoyer 150 soldats pour aider à sécuriser un corridor humanitaire en cours de création entre les deux pays, a indiqué hier le porte-parole de l'ONU, Martin Nesirki.
Les soldats de l'ONU et les troupes américaines aident à sécuriser la distribution de l'aide dans la ville, mais des pillages et des violences continuent d'être rapportés.
Les médecins débordés
Les équipes médicales, elles, sont toujours en mode urgence. La situation sanitaire est désastreuse à Port-au-Prince, où des victimes succombent encore à leurs blessures. Les hôpitaux, cliniques et dispensaires sont débordés, de nombreuses blessures non traitées s'infectent et les camps de fortune abritant des milliers de survivants pourraient favoriser l'apparition d'épidémies.
Les équipes de Médecins sans frontières (MSF) opèrent 24 heures sur 24. Un nouvel hôpital gonflable sera opérationnel aujourd'hui, a indiqué au Devoir Gregory Vandendaelen, le porte-parole de l'organisation à Montréal. Même si les fournitures médicales attendues ont fini par arriver par le couloir humanitaire entre l'aéroport de la République dominicaine et Port-au-Prince, «nous avons perdu des gens parce que les dialyses sont arrivées trop tard», explique M. Vandendaelen, et «nous avons encore beaucoup de chirurgies à faire». L'insuffisance rénale aiguë est une conséquence directe de la compression des membres. MSF a aussi commencé à venir à la rencontre des malades dans les quartiers de Carrefour et Delmas.
Opération relogement
Après avoir pleuré ses morts, la population haïtienne craint pour les survivants, entassés dans des camps avec des moyens sanitaires médiocres ou inexistants. Les autorités haïtiennes ont lancé hier une vaste opération de relogement des milliers de sans-abri. Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), au moins un demi-million d'habitants de Port-au-Prince sont forcés de dormir dehors, dans des campements improvisés et pratiquement sans accès à l'eau.
De leur côté, les Nations unies ont annoncé qu'une équipe brésilienne était en train d'installer un campement pour 30 000 personnes dans le quartier de Croix des Bouquets.
Selon les dernières données de l'ONU, les secouristes sont parvenus depuis le 12 janvier à extraire 121 personnes des décombres.
La Banque mondiale a annoncé jeudi la suspension pendant cinq ans du remboursement des sommes que lui doit Haïti, une dette de
38 millions de dollars. Elle a ajouté qu'elle travaillait à l'annulation totale de cette dette.
«Nous sommes en train de reprendre le contrôle» de la situation, a déclaré à quelques journalistes le président haïtien, René Préval, dont l'administration essuie les critiques de la population. «Les pompes à essence ont recommencé à être approvisionnées et les banques rouvrent aujourd'hui et l'aide s'organise et va continuer à s'améliorer.» Les observateurs estiment que dix ans seront nécessaires pour la reconstruction.
***
Avec l'Agence France-Presse, La Presse canadienne et Reuters
L'espoir de retrouver des survivants s'amenuise, mais le goulot d'étranglement qui empêchait l'aide internationale d'entrer en Haïti s'est enfin élargi. Trois premiers navires ont accosté au port remis partiellement en service, des avions ont finalement atterri à l'aéroport de Jacmel et un couloir humanitaire permet d'acheminer l'aide en provenance des deux aéroports de la République dominicaine voisine. Trois navires, dont le navire-hôpital américain Comfort ont accosté hier avec vivres et médicaments, une arrivée par la mer cruciale pour désengorger l'aéroport de la capitale, débordé jusqu'à présent par l'atterrissage l'aide internationale.
Mais une nouvelle réplique du tremblement de terre du 12 janvier a secoué Port-au-Prince hier, obligeant le gouvernement haïtien à s'interrompre en pleine réunion. La secousse, d'une magnitude de 4,8, s'est produite à 11h54 à une quarantaine de kilomètres à l'ouest de la capitale, a précisé l'institut géophysique américain. Aucun dégât n'a été signalé dans l'immédiat.
Le gouvernement d'Haïti a aussi accepté une offre de la République dominicaine d'envoyer 150 soldats pour aider à sécuriser un corridor humanitaire en cours de création entre les deux pays, a indiqué hier le porte-parole de l'ONU, Martin Nesirki.
Les soldats de l'ONU et les troupes américaines aident à sécuriser la distribution de l'aide dans la ville, mais des pillages et des violences continuent d'être rapportés.
Les médecins débordés
Les équipes médicales, elles, sont toujours en mode urgence. La situation sanitaire est désastreuse à Port-au-Prince, où des victimes succombent encore à leurs blessures. Les hôpitaux, cliniques et dispensaires sont débordés, de nombreuses blessures non traitées s'infectent et les camps de fortune abritant des milliers de survivants pourraient favoriser l'apparition d'épidémies.
Les équipes de Médecins sans frontières (MSF) opèrent 24 heures sur 24. Un nouvel hôpital gonflable sera opérationnel aujourd'hui, a indiqué au Devoir Gregory Vandendaelen, le porte-parole de l'organisation à Montréal. Même si les fournitures médicales attendues ont fini par arriver par le couloir humanitaire entre l'aéroport de la République dominicaine et Port-au-Prince, «nous avons perdu des gens parce que les dialyses sont arrivées trop tard», explique M. Vandendaelen, et «nous avons encore beaucoup de chirurgies à faire». L'insuffisance rénale aiguë est une conséquence directe de la compression des membres. MSF a aussi commencé à venir à la rencontre des malades dans les quartiers de Carrefour et Delmas.
Opération relogement
Après avoir pleuré ses morts, la population haïtienne craint pour les survivants, entassés dans des camps avec des moyens sanitaires médiocres ou inexistants. Les autorités haïtiennes ont lancé hier une vaste opération de relogement des milliers de sans-abri. Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), au moins un demi-million d'habitants de Port-au-Prince sont forcés de dormir dehors, dans des campements improvisés et pratiquement sans accès à l'eau.
De leur côté, les Nations unies ont annoncé qu'une équipe brésilienne était en train d'installer un campement pour 30 000 personnes dans le quartier de Croix des Bouquets.
Selon les dernières données de l'ONU, les secouristes sont parvenus depuis le 12 janvier à extraire 121 personnes des décombres.
La Banque mondiale a annoncé jeudi la suspension pendant cinq ans du remboursement des sommes que lui doit Haïti, une dette de
38 millions de dollars. Elle a ajouté qu'elle travaillait à l'annulation totale de cette dette.
«Nous sommes en train de reprendre le contrôle» de la situation, a déclaré à quelques journalistes le président haïtien, René Préval, dont l'administration essuie les critiques de la population. «Les pompes à essence ont recommencé à être approvisionnées et les banques rouvrent aujourd'hui et l'aide s'organise et va continuer à s'améliorer.» Les observateurs estiment que dix ans seront nécessaires pour la reconstruction.
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Avec l'Agence France-Presse, La Presse canadienne et Reuters
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