vendredi 30 juillet 2010 Dernière mise à jour 00h49


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Des mesures d'accueil à la hauteur de l'urgence

Dominique Peschard - Président de la Ligue des droits et libertés  21 janvier 2010  Actualités internationales
Aikta, quatre ans, rescapé du tremblement de terre, pleure en attendant qu’un médecin s’occupe de son cas.
Photo : Agence Reuters Wolfgang Rattay
Aikta, quatre ans, rescapé du tremblement de terre, pleure en attendant qu’un médecin s’occupe de son cas.
Monsieur Jason Kenney,ministre de la Citoyenneté, de l'Immigrationet du Multiculturalisme du Canada, Madame Yolande James, ministre de l'Immigration et des Communautés culturelles du Québec, Comme d'autres organismes vous l'ont signalé, dont le Conseil canadien pour les réfugiés (CCR), la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI), la Maison d'Haïti et le Conseil national des citoyens d'origine haïtienne, la Ligue des droits et libertés demande à vos gouvernements qu'ils agissent en conséquence de l'urgence de la situation et de l'ampleur des besoins et mettent en place, dans les plus brefs délais, un programme spécial permettant aux victimes du séisme qui ont de la famille et des proches au Québec ou ailleurs au Canada d'être accueillies rapidement.

De plus, considérant les obligations du Canada en matière de coopération économique et sociale internationale, considérant les obligations de vos gouvernements respectifs découlant du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, considérant également la «responsabilité de protéger» dont le Canada s'est fait le champion ainsi que le caractère indivisible des droits humains que nous avons le devoir de défendre tout spécialement dans les situations de «risque généralisé», la Ligue ajoute aux demandes déjà formulées par d'autres organismes certains autres éléments.

Nous demandons aux autorités canadiennes et québécoises:

- Que les mesures d'accueil et d'immigration ne soient pas limitées en raison des critères habituellement retenus pour définir les catégories de personnes qui peuvent présenter une demande de réunification familiale et celles qui pourraient être l'objet d'une telle réunification familiale. Ainsi, en plus des familles, des amis ou proches de ressortissants haïtiens pourraient présenter une demande de «réunification familiale» (que nous pourrions ici appeler demande d'accueil). Aussi, en plus des parents et enfants constituant les catégories régulières de personnes parrainées, d'autres membres de la famille et des personnes qui étaient jusqu'alors prises en charge par ces personnes en Haïti pourraient être l'objet de ces demandes de «réunification familiale» ou d'accueil.

- Que ces mesures de «réunification familiale» ou d'accueil ne soient pas conditionnelles à la capacité financière des personnes disposées à accueillir.

- Que les Haïtiens qui sont l'objet d'une demande de «réunification familiale» ou d'accueil au Québec et au Canada puissent venir dans les plus brefs délais par le biais de visas temporaires et ainsi effectuer leurs démarches à partir d'ici.

- Que des visas temporaires puissent être délivrés à des personnes victimes du désastre et dépourvues de tout, lorsqu'elles sont invitées par des parents ou amis à venir ici pour une période déterminée afin de se faire soigner, refaire leurs forces, terminer leur année scolaire en vue de retourner en Haïti dès que les conditions de leur famille restée là-bas le permettront.

- Que les Haïtiens venant au Québec avec des visas temporaires dans le cadre de toutes ces mesures aient accès aux mêmes services publics et programmes sociaux que les personnes ayant la résidence permanente.

- Que les demandeurs d'asile haïtiens au Canada aient leur audience dès que possible afin qu'ils puissent déposer une demande de réunification familiale ou encore qu'ils puissent déposer une telle demande avant leur audience.

- Que les ressortissants haïtiens actuellement sans statut permanent vivant sous moratoire de renvoi aient accès dans les plus brefs délais à la résidence permanente, au même titre que les personnes dont le statut de réfugié a été reconnu, leur permettant ainsi d'avoir accès à ces mesures d'accueil.

- Que soient facilités d'autres types d'accueil et d'immigration, sur une base temporaire, par exemple permettre l'accueil de blessés à être soignés par des établissements qui se montrent intéressés à le faire.

- Que toute procédure qui touche ces mesures d'accueil et d'immigration soit gratuite.

- Que des ressources financières supplémentaires soient données aux organismes de la communauté qui sont débordés par le soutien psychologique, social et juridique à apporter aux Haïtiens vivant ici.

Mesures d'exception

Par ailleurs, quelles que soient les mesures d'accueil et d'immigration mises en oeuvre par le Canada et le Québec en regard de la situation en Haïti, nous tenons à souligner que ces mesures ne peuvent se substituer à l'aide d'urgence à laquelle il faut absolument que vos gouvernements contribuent, tout autant que les mesures de soutien à la reconstruction d'Haïti, considérant que cette aide d'urgence et à la reconstruction doit pleinement respecter la souveraineté du peuple haïtien et de ses institutions.

Comme le mentionnait monsieur Gilles Rivard, ambassadeur du Canada en Haïti, sur les ondes de Radio-Canada le 18 janvier dernier, «aux situations exceptionnelles, des mesures exceptionnelles» s'imposent.

***

Dominique Peschard - Président de la Ligue des droits et libertés











CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • jacques noel
    Inscrit
    jeudi 21 janvier 2010 09h38
    100,000 Haitiens de plus?
    Y'a 100,000 Haitiens au Québec. Si chaque Haitien parraine un Haitien, et ce peu importe leurs ressources financières, on va doubler la population haitienne en un an à Montréal.
    Papineau, qui compte 33% d'Haitiens, et qui est le comté le plus pauvre au Canada, va devenir le comté le plus-plus pauvre au pays du plus meilleur!

  • pavide
    Inscrit
    jeudi 21 janvier 2010 09h45
    faites un sondage....
    Pour savoir ce qu'en pensent les canadiens, les usagers du système de santé.
    Nous aussi on est malades; lorsqu'on arrive à l'höital en urgence on doit attendre des heures et des heures, sinon des jours pour voir un médecin.

    Nous ne sommes pas la nation la mieux placée pour offrir des services médicaux aux Haîtiens.

    Demandez aussi aux Canadiens ce qu'ils pensent d'ouvrir les portes pour l'immigration. Ce n'est pas une solution de déménager les Haïtiens ici. La population n'est pas d'accord.

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
2 réactions
0 vote
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2010