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L'aide se fait enfin sentir en Haïti

Les militaires canadiens sont à pied d'oeuvre à Jacmel et à Léogâne

Des habitants du village de Léogâne ont reçu des soins, hier, à la suite de l’arrivée des marins canadiens qui ont débarqué du NCSM Athabaskan.
Photo : La Presse canadienne (photo) Adrian Wyld
Des habitants du village de Léogâne ont reçu des soins, hier, à la suite de l’arrivée des marins canadiens qui ont débarqué du NCSM Athabaskan.
Une semaine après le violent séisme qui aurait fauché 200 000 vies et jeté à la rue 1,5 million de personnes en Haïti, la communauté internationale accélérait, hier, sa course contre la montre pour éviter une catastrophe sanitaire: sans accès à de l'eau potable, les risques d'épidémie menacent des dizaines de milliers de personnes.

Les secours affluent vers les sinistrés du tremblement de terre, mais les médecins estiment que le grand défi des prochains jours sera d'apporter des soins aux dizaines de milliers de personnes blessées et privées de toit par la catastrophe. La distribution d'eau et de provisions reste difficile. «Je n'arrive pas à comprendre ce qui prend tant de temps aux étrangers», a affirmé Raymond Saintfort, un pharmacien. Malgré des ratés dans l'acheminement de l'aide dus à des problèmes de logistique et de coordination, «il y a des progrès, nous avançons sur l'assistance humanitaire d'urgence», a fait savoir la porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM), Emilia Casella. Le PAM a jusqu'à présent pu porter assistance à «au moins 270 000 personnes», a-t-elle souligné.

L'armée américaine s'efforce de rouvrir le port de Port-au-Prince à la navigation et d'élargir le pont aérien en restaurant la base aérienne de Jacmel et celle de San Isidro, en République dominicaine. Selon le commandant adjoint des opérations militaires américaines en Haïti, le général Daniel Allyn, une piste à Jacmel devrait être ouverte pour les vols d'avions C-17 aujourd'hui.

Les organisations humanitaires auraient finalement obtenu la priorité à l'atterrissage à l'aéroport contrôlé par l'armée américaine, qui dit pouvoir désormais autoriser 100 vols quotidiens, contre 60 la semaine dernière, a indiqué le Pentagone.

Du côté de l'aide canadienne, alors que le NCSM Halifax s'est stationné au large des côtes de Jacmel, le NCSM Athabaskan a jeté l'encre, hier, à proximité de la ville de Léogâne, qui se situe tout près de l'épicentre du séisme du 12 janvier dernier.

Les 500 militaires à bord des deux vaisseaux soutiendront les opérations de l'Équipe d'intervention en cas de catastrophe des Forces canadiennes, communément appelée la DART. «Ils déblaieront les gravats, fourniront des soins médicaux et dégageront la route afin que les véhicules puissent circuler entre Jacmel et Léogâne», a affirmé hier le ministre de la Défense nationale, Peter MacKay. «Beaucoup de gens sont blessés, privés de nourriture et d'eau et sont incapables d'avoir accès aux services essentiels. La DART fournira des soins médicaux, de l'eau potable et du soutien technique dans la région», a-t-il expliqué.


L'espoir de trouver des survivants s'amenuise

Dans son bilan rendu public hier après-midi, le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, a recensé 13 Canadiens décédés et 665 disparus. Au moins dix d'entre eux seraient paralysés dans les décombres de l'hôtel Montana, à Port-au-Prince. Les recherches se poursuivaient encore sur ce site hier, mais l'espoir d'y retrouver quelqu'un vivant s'évanouissait, une semaine jour pour jour après la catastrophe.

Par ailleurs, Ottawa a annoncé de nouvelles aides financières de 80 millions de dollars, faisant du coup augmenter son appui financier jusqu'à 135 millions, et ce, si les Canadiens donnent de leur côté 50 millions.

Dans la foulée de la conférence des pays amis d'Haïti qui se tiendra à Montréal lundi prochain, l'ancien président américain Bill Clinton et les Nations unies profiteront de la 40e assemblée annuelle du Forum économique mondial, qui se déroulera la semaine prochaine à Davos, en Suisse, pour inviter le secteur privé à s'engager à long terme pour la reconstruction d'Haïti.

Selon des données communiquées hier par l'ONU, des promesses de dons de plus de 1,2 milliard de dollars, provenant d'États, de personnes privées et d'entreprises ont déjà été recueillies.


L'insécurité grandit dans les rues de Port-au-Prince

Des milliers d'Haïtiens tentent de fuir la capitale en ruines pour gagner les régions rurales, tandis que d'autres essaient de se regrouper pour protéger leurs maigres biens des pillards. À quatre rues du palais présidentiel, des centaines de brigands étaient à l'oeuvre hier. «C'est comme ça. Nous ne pouvons rien faire», a affirmé Arina Bence, un policier qui tentait tant bien que mal de tenir des civils à distance pour leur propre sécurité. Des secouristes disent avoir dû soigner des blessures par balle, et ce, en plus de celles liées au séisme.

C'est sous les acclamations d'Haïtiens que six hélicoptères Blackhawk, où étaient entassés des dizaines de militaires américains, ont atterri dans l'enceinte du palais présidentiel effondré. «Nous sommes contents qu'ils viennent, parce que nous avons tant de problèmes», a lancé Fédé Félissaint, coiffeur, alors que les militaires s'apprêtaient à distribuer des repas et des bouteilles d'eau aux rescapés. Une centaine de parachutistes se dirigeaient vers l'Hôpital général tout proche afin de le sécuriser. «S'ils veulent, ils peuvent rester plus longtemps qu'en 1915», a ajouté M. Félissaint, en référence à l'année qui avait marqué le début d'une présence militaire des États-Unis en Haïti longue de près de vingt ans. «C'est une occupation. Le palais représente notre pouvoir, notre identité, notre fierté», a rétorqué Feodor Desanges.

Dans un quartier de Port-au-Prince, des habitants ont barré leur rue avec des voitures et ont demandé à des jeunes de mettre sur pied des patrouilles. «On ne compte pas sur le gouvernement ici. [...] Jamais», a laissé tomber Tatony Vieux, 29 ans.

La Croix-Rouge a dû interrompre une distribution d'aide dans le quartier de Delmas en raison d'une «atmosphère tendue».

Le chef de la police haïtienne, Mario Andresol, a d'ailleurs réclamé l'aide des casques bleus pour faire face aux 4000 détenus qui se sont échappés des principales prisons du pays à la suite du séisme. «Les pillards ont tout simplement débordé mes gars. Ils ne peuvent pas les contrôler», a-t-il déploré. Plusieurs font d'ailleurs régner leur loi dans le vaste bidonville de Cité Soleil, qui concentre tous les maux de la société haïtienne.


Des milliers d'orphelins errent dans les rues

Alors que les autorités évoquent un bilan d'environ 200 000 morts, 250 000 blessés et 1,5 million de sans-abri, des organisations non gouvernementales (ONG) estiment que des dizaines de milliers d'enfants ont pu perdre leurs parents dans la catastrophe. «Nous n'avons pas de chiffres, mais il doit y en avoir beaucoup», a expliqué le coordonnateur des secours d'urgence des Nations unies, John Holmes. Des ONG estiment qu'ils seraient des dizaines de milliers d'enfants à avoir perdu leurs parents. «Pour l'instant, ils sont dans la rue. À n'en pas douter, la plupart sont en train d'errer», estime Elizabeth Rodgers, de SOS Villages d'enfants. «La question qu'on se pose, c'est qu'allons nous en faire quand nous aurons fini de le soigner?», s'interroge pour sa part le docteur Assa Amit, d'un service de pédiatrie d'urgence.

*****

Avec La Presse canadienne, Reuters et l'Agence France-Presse
 
 
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  • Luc Baillargeon - Inscrit
    20 janvier 2010 09 h 35
    Il faut encore plus de créativité
    Il faut encore plus de créativité pour aider le peuple Haitien à rebâtir son pays. Actuellement, de l'aide arrive sur les lieux, c'est généreux et bienvenu et on voit vite qu'il faut faire encore plus et mieux.
    Sur place il n'y a plus de ressources, une proportion impressionnante de la population est tellement jeune qu'elle ne peut contribuer aux efforts de contingence. Ils constituent plutôt un problème en terme de soins et d'encadrement.

    Je me permet de rêver et de soumettre l'idée de faire sortir temporairement des centaines d'enfants et de mères temporairement du pays, pour les accueillir de 1 à 3 mois dans des pays où ils seraient en sécurité, se reconstruiraient une santé, auraient accès à l'école et surtout à la quiétude permettant de dormir sans crainte d'une nouvelle secousse.

    Du même coup ceci permettrait aux intervenants sur le terrain d'agir plus librement. D'autant plus qu'actuellement la nourriture manque et le délais avant de retrouver un peu de normalité sera long.

    On ne doit pas laisser tomber ces gens qui ont droit à vivre dans le bonheur, la sécurité et la dignité
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  • Bernard Gervais - Abonné
    20 janvier 2010 11 h 01
    Quand est-ce que la nature va finir par se calmer !
    Les secours provenant de l'étranger affluent sans doute en Haïti, comme l'indique le présent reportage, mais, ce matin, un nouveau séisme a frappé ce pays, plus exactement dans une région située à une cinquantaine de kilomètres de la capitale.

    Bon sang, quand le peuple haïtien aura-t-il droit à un peu de répit ?
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