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    Port-au-Prince - Les sinistrés cherchent à fuir

    Il faudra investir 10 milliards pour la reconstruction en Haïti

    Une jeune fille tend les bras vers des pillards afin de recevoir quelques biens dérobés dans un magasin éventré de Port-au-Prince, hier.
    Photo: Agence Reuters Jorge Silva Une jeune fille tend les bras vers des pillards afin de recevoir quelques biens dérobés dans un magasin éventré de Port-au-Prince, hier.
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    Les rescapés du séisme ont toujours le plus grand mal à se procurer eau, vivres et médicaments, même si les structures d'aide se mettent laborieusement en place. Plusieurs cherchent à fuir Port-au-Prince pour les régions ou l'étranger. Des centaines de ressortissants canadiens et américains — ou prétendant l'être — brandissaient leurs papiers d'identité dans de longues files d'attente devant les ambassades des États-Unis et du Canada dans l'espoir d'abandonner le pays.

    Le tremblement de terre en Haïti a fait plus de 70 000 morts, 250 000 blessés et 1,5 million de sans-abri, selon les derniers bilans. Les forces américaines estiment quant à elles que le nombre de morts pourrait frôler les 200 000.

    Haïti nécessitera dix milliards de dollars d'aide internationale sur cinq ans pour entreprendre sa reconstruction et favoriser son développement, a fait savoir le président de la République dominicaine, Leonel Fernandez, au terme d'une première réunion des «pays amis» de l'île ravagée, hier, à Saint-Domingue.

    «Nous parlerions d'un programme sur cinq ans d'environ 10 milliards de dollars», a-t-il déclaré, à une semaine de la conférence des ministres des Affaires étrangères des États contributeurs à l'aide pour Haïti, qui sera organisée à Montréal lundi prochain. «Nous ne pouvons pas seulement panser les plaies du tremblement de terre. Nous devons développer l'économie, l'agriculture, l'éducation, la santé et renforcer les institutions démocratiques», a ajouté le président d'Haïti, René Préval, flanqué de son homologue dominicain et de plusieurs représentants de «pays amis» d'Haïti. «En premier lieu, l'aide humanitaire d'urgence doit continuer, mais il y a des problèmes logistiques à régler. [...] Il faut une autorité centrale en Haïti qui chapeaute le soutien qui est en train d'arriver afin que l'aide humanitaire apporte l'effet souhaité», a insisté Leonel Fernandez.

    Les soldats américains vont jouer un rôle de soutien pour les forces de maintien de la paix des Nations unies en Haïti, mais ne vont pas prendre en main le maintien de l'ordre, a, à cet égard, indiqué le secrétaire à la Défense des États-Unis, Robert Gates, qui s'est fixé comme objectif de déployer 10 000 soldats sur l'île d'Hispaniola. «Je pense que nous considérons toujours que l'ONU et la MINUSTAH sont aux commandes là-bas. Nous sommes là en soutien pour eux et pour le gouvernement en Haïti», a-t-il affirmé. Le président du Venezuela, Hugo Chávez, avait accusé Washington de prendre prétexte du séisme pour occuper le pays.


    La violence s'amplifie

    Dans la capitale haïtienne, les scènes de pillage se multiplient. Les pillards, qui ont fait leur apparition dans la capitale au cours du week-end, continuent à s'emparer, dans les magasins éventrés, de tout ce qu'ils peuvent y trouver. Selon la Croix-Rouge, «les incidents violents et les pillages sont en hausse alors que monte le désespoir» dans la capitale dévastée. «Il n'y a pas de panique générale» et «aucune [des] opérations n'est vraiment empêchée» a pour sa part insisté un haut responsable militaire américain présent en Haïti, le contre-amiral Mike Rogers. Les scènes rapportées ne sont pas selon lui des «attaques», mais des cas de «gens qui foncent pour s'assurer qu'ils auront accès à la nourriture et à l'eau». D'ailleurs, quelques échoppes ont repris la vente de légumes ou de charbon.

    L'armée américaine espère rouvrir d'ici deux ou trois jours les installations portuaires de Port-au-Prince, abîmées par le séisme de mardi dernier. Cette réouverture permettra de faciliter l'arrivée et la distribution de l'aide humanitaire, a déclaré le chargé de la logistique au sein des forces américaines.

    En visite à Port-au-Prince, l'ancien président américain Bill Clinton a nié que l'aide humanitaire ait été trop «lente» à parvenir aux Haïtiens après le séisme. «Non, je ne crois pas que l'aide ait été lente à intervenir», a fait savoir M. Clinton hier, qui est aussi émissaire spécial des Nations unies en Haïti. À peine arrivé à Port-au-Prince, il s'est rendu à l'hôpital général bondé de blessés graves. «Ils ont fait un travail remarquable étant donné les difficultés auxquelles ils sont confrontés», estime-t-il.


    3500 Casques bleus de plus seront déployés

    Le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a sollicité hier au Conseil de sécurité d'autoriser l'envoi de 3500 Casques bleus supplémentaires en Haïti afin de renforcer la MINUSTAH, qui dispose déjà de quelque 11 000 hommes dans le pays. «J'ai recommandé au Conseil de sécurité d'augmenter le nombre de policiers de 1500 et le nombre de militaires de 2000 pour une période de six mois», a expliqué Ban Ki-moon à l'issue d'une réunion de consultation du Conseil, à New York.

    Dimanche en Haïti, «j'ai vu des destructions immenses et des besoins immenses. Et j'ai entendu clairement le message des gens dans la rue: nous avons besoin des Nations unies, nous avons besoin d'emplois et de nourriture», a lancé Ban Ki-moon.

    L'ambassadeur de la France aux Nations unies, Gérard Araud, a fait remarquer à la presse qu'une modification du mandat de la MINUSTAH serait prise en considération «pour l'adapter à la situation radicalement différente dans laquelle se trouve Haïti» après le violent séisme.

    Le bilan des pertes subies par l'ONU, qui vit la pire tragédie de son histoire, s'est aggravé hier avec l'annonce de 46 décès confirmés et de 500 disparus. L'organisation a perdu notamment le chef de la MINUSTAH, Hedi Annabi, et son adjoint, Luiz Carlos da Costa, dont les dépouilles ont été rapatriées à New York dimanche.

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    Avec l'Agence France-Presse et Reuters












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