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    Vivre à vingt dans une maison-refuge

    Frère, soeur, cousin et amis trouvent un toit et du réconfort en périphérie de la capitale

    19 janvier 2010 |Caroline D’Astous | Actualités internationales
    Une famille de sinistrés attend le tap-tap qui lui permettra de quitter la capitale pour trouver refuge chez des proches épargnés par le séisme.
    Photo: Agence Reuters Luis Acosta Une famille de sinistrés attend le tap-tap qui lui permettra de quitter la capitale pour trouver refuge chez des proches épargnés par le séisme.
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    Saint-Marc, Haïti — Brunet Lebrun fait partie des chanceux de sa famille qui louent une maison dans la ville de Saint-Marc, dans la région de l'Artibonite. Son salaire de 5000 gourdes (129 dollars canadiens) mensuellement, à titre de directeur d'une école primaire, lui permet d'habiter deux pièces avec sa femme et ses trois enfants. Les latrines sont partagées avec les familles à proximité. Dans la maison, il n'y a pas de cuisine pour préparer les repas. Sa femme cuisine à l'extérieur, sur une grille avec du charbon de bois. À l'intérieur, on retrouve des matelas sur le sol, recouverts de couvertures usées par le temps. Le soir, l'endroit est éclairé par une chandelle installée au centre de la pièce principale. Une petite radio anime l'endroit.

    Depuis le tremblement de terre qui a dévasté Port-au-Prince, la maison de Brunet Lebrun s'est transformée en lieu de refuge pour plusieurs membres de sa famille. Frère, soeur, cousin et amis de la famille arrivent nombreux à la résidence pour trouver du réconfort. Où loger tous ces nouveaux venus? Comment faire pour offrir la nourriture, l'eau et répondre aux besoins de base quand l'argent n'y est pas? «J'ai perdu huit membres de ma famille dans la tragédie. On doit s'aider et ouvrir notre coeur pour accueillir les autres», dit-il, me demandant un peu d'argent pour offrir du riz à ses visiteurs.

    Pour me rendre à la maison de Brunet Lebrun, j'ai dû traverser des sentiers de canalisation qui s'accompagnent de plusieurs odeurs. Sur le terrain de terre et de boue où est située la maison, des poules, des cochons et des chèvres de l'ensemble du voisinage se partagent le peu de verdure. Quand la nuit tombe, ils sont plus d'une vingtaine à dormir à la belle étoile sur des draps trouvés par l'entremise de l'aide des Églises des environs. Souvent, ils ont le ventre vide.

    Les miraculés de la famille de Brunet Lebrun ont tout perdu dans le séisme de Port-au-Prince. Ils sont arrivés en tap-tap ou en camion de construction avec quelques vêtements. Souvent sans argent. Dans la ville de Saint-Marc, ils sont des milliers à avoir quitté la capitale pour trouver le calme et la paix. «Dans la journée de lundi [hier], on a enregistré plus de 10 000 personnes en moins de deux heures. Les véhicules arrivent par centaines depuis la tragédie. On n'a pas l'infrastructure pour loger tous ces gens», explique le maire de la ville, Baumars Charles, en rencontre d'organisation avec les représentants des Nations unies et de la Sécurité civile en vue d'accueillir l'arrivée des premiers bateaux de l'aide internationale.

    «On loge les gens dans les cours des écoles, dans les parcs et dans les rues de la ville. On essaie d'organiser quatre centres d'hébergement pour accueillir 1500 personnes pour un mois», ajoute le maire, indiquant être en relation avec le Programme d'aide alimentaire mondial pour offrir de la nourriture à tous ces gens.

    Avant le séisme de Port-au-Prince, la ville de Saint-Marc avait une population de 182 000 citoyens, avec une densité de 330 personnes au kilomètre carré. «On est la ville la plus proche de Port-au-Prince. Les gens qui arrivent sont traumatisés et ne reçoivent pas d'aide», explique Gérarda Élysée, responsable du soutien logistique pour la Protection civile de la région de l'Artibonite.

    «La ville fonctionne sur ses réserves d'énergie. On donne de l'électricité pendant quatre heures cycliquement dans différentes parties de Saint-Marc. Il reste du carburant pour faire fonctionner les génératrices jusqu'à [demain]», précise l'adjoint au maire, Archedou Barnel, ne pouvant donner de date avant l'arrivée des camions en ravitaillement de carburant.

    «Samedi 16 janvier, des représentants des Nations unies sont venus évaluer la profondeur du port de Saint-Marc. On attend des bateaux de l'aide internationale du Brésil vendredi 22 janvier», confie Valius Valeurs, chef de la Sécurité de l'Autorité portuaire nationale à Saint-Marc.












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