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    Les talibans attaquent au coeur de Kaboul

    Des images des attentats provenant d'une télévision locale
    Photo: La Presse canadienne (photo) AP Des images des attentats provenant d'une télévision locale
    De plus en plus audacieux, les talibans ont lancé une série d’attaques en plein coeur de Kaboul lundi. Au moins 12 personnes ont été tuées, dont sept assaillants, et 71 autres blessées dans des attentats-suicide et affrontements entre insurgés et forces de l’ordre, selon le ministre de l’Intérieur.

    Après une série d’explosions et environ cinq heures d’affrontements non loin de plusieurs ministères et d'un centre commercial, le président Hamid Karzaï a fait savoir que la sécurité avait été rétablie dans la capitale. Des opérations se poursuivaient, à la recherche d’assaillants éventuels.

    Il s’agissait de la plus vaste attaque depuis le 28 octobre dernier, lorsque des insurgés équipés d’armes automatiques et de vestes bourrées d’explosifs avaient pris d’assaut une pension de l’ONU. Onze personnes, dont au moins cinq employés onusiens, avaient péri.

    Un porte-parole des talibans, Zabiullah Mujahid, a déclaré à l’Associated Press que 20 militants armés, dont certains équipés d’explosifs, étaient entrés dans Kaboul pour viser le palais présidentiel et d’autres édifices publics dans le centre.

    Les violences ont éclaté peu avant 10h pour prendre fin cinq heures plus tard environ, après des attaques en quatre endroits dans le centre de la capitale, où des bâtiments publics côtoient des magasins et des hôtels.

    Lors du premier assaut, un kamikaze a fait sauter ses explosifs sur une place représentant un grand carrefour près des portes du palais présidentiel, de la Banque centrale et de l’hôtel de luxe Serena, fréquenté par des Occidentaux.

    Des affrontements ont éclaté alors que d’autres combats opposaient les forces afghanes à des militants. La police a bouclé la zone, survolée par des hélicoptères.

    Plusieurs assaillants ont alors fait irruption dans un centre commercial situé à proximité, déclenchant des affrontements avec les forces de sécurité. Deux hommes sont morts lorsque leur bombe a sauté, provoquant un incendie dans le bâtiment.

    Vers 11h17, un autre kamikaze s’est dirigé vers la zone à bord d’une ambulance mais s’est fait exploser après avoir été arrêté à un contrôle près du ministère de l’Éducation.

    Trois assaillants sont ensuite entrés dans un autre bâtiment commercial abritant des bureaux vers 13h, affrontant les forces de sécurité pendant près de deux heures avant d’être tués.

    L’ensemble de ces précisions ont été fournies par le ministre de l’Intérieur Hanif Atmar lors d’une conférence de presse.

    Pendant plusieurs heures, explosions et tirs ont secoué la ville. Des débris jonchaient les rues, rapidement désertées par la foule. Selon le ministre de l’Intérieur, un agent des renseignements a été tué ainsi que deux policiers et deux civils, dont un enfant. M. Atmar a ajouté que 71 autres personnes avaient été blessées, dont 35 civils. La plupart des blessures ont été causées par l’explosion de grenades lancées par les militants, a-t-il précisé.

    Cette nouvelle attaque démontre la capacité des insurgés à pénétrer dans une ville pourtant placée sous haute sécurité, notamment près du palais présidentiel et des ministères. Les militants sont de plus en plus audacieux dans leurs actions.

    «Nous sommes tellement inquiets, tellement déçus de la sécurité dans la capitale», a confié un témoin des attaques, Mohammad Hussein, un commerçant âgé de 25 ans. «Des dizaines de milliers de soldats américains et de l’OTAN sont envoyés en Afghanistan, et pourtant, la sécurité se détériore dans la capitale», a-t-il déploré.

    La communauté internationale espère mettre fin aux progrès de l’insurrection avec le déploiement dans les prochains mois de 37 000 soldats supplémentaires (30 000 Américains et 7000 des autres pays de l’Alliance), qui s’ajouteront aux 106  000 hommes de la Force internationale d’assistance à la sécurité (ISAF) de l’OTAN déjà dans le pays. L’armée afghane compte quant à elle environ 94 000 soldats et devrait monter à 134 000 d’ici 2011, la police, forte aujourd’hui de 93 000 hommes, est elle aussi censée recruter.












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