Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous

    Harper convoque les «pays amis d'Haïti»

    Un sommet sur la reconstruction aura lieu à Montréal lundi prochain

    Des officiers de police tendent le drapeau national haïtien qu’ils ont récupéré dans les ruines du palais national, hier, à Port-au-Prince. La reconstruction est déjà au programme des pays donateurs.
    Photo: Agence Reuters Daniel Aguilar Des officiers de police tendent le drapeau national haïtien qu’ils ont récupéré dans les ruines du palais national, hier, à Port-au-Prince. La reconstruction est déjà au programme des pays donateurs.
    Le premier ministre du Canada, Stephen Harper, invite les «pays amis d'Haïti» à une conférence pour la reconstruction du pays, frappé par un séisme qui a fait au moins 70 000 morts, dans sept jours à Montréal, en présence du premier ministre haïtien, Jean-Max Bellerive.

    Le sommet de Montréal, auquel participera notamment la secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, jettera les bases d'une conférence internationale pour la reconstruction d'Haïti, sous la direction de l'ONU et de la Banque mondiale, qui devrait être annoncée aujourd'hui.

    «La rencontre de Montréal sera l'occasion de revoir les besoins en Haïti et d'assurer que les Nations unies puissent cibler les efforts internationaux pour mieux aider le peuple haïtien à faire face aux défis à venir et à préparer la stabilisation à long terme et la reconstruction», a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon.

    D'ailleurs, le ministre d'État des Affaires étrangères, Peter Kent, se rendra aujourd'hui en République dominicaine afin de réfléchir à une meilleure coordination des efforts d'aide.

    M. Cannon a assuré que «toute initiative» visant Haïti devait être mise en place en concertation avec le gouvernement de Jean-Max Bellerive, fortement ébranlé par le séisme. «Ses effectifs sont réduits, mais cela ne signifie pas que le gouvernement est incapable d'aller de l'avant. Haïti est une nation souveraine. Sa souveraineté est une priorité», a fait remarquer M. Cannon.

    En sus du Canada et des États-Unis, la rencontre des «pays amis d'Haïti», qui soutiennent notamment financièrement Haïti, regroupera les chefs de la diplomatie mexicaine et de plusieurs États d'Amérique centrale et du Sud, soit les représentants d'une quinzaine de pays.

    La décision du gouvernement de Stephen Harper intervient après l'appel lancé, jeudi dernier, par Nicolas Sarkozy. Le chef d'État français appelait à une «grande conférence» internationale pour «la reconstruction et le développement» d'Haïti après le séisme. «Je vais proposer au président Obama [...] que les États-Unis, le Brésil, le Canada, et d'autres encore, prennent l'initiative de convoquer une grande conférence pour la reconstruction et le développement en Haïti», avait-il affirmé.

    D'ici là, le Conseil de sécurité tiendra aujourd'hui une réunion spéciale consacrée à Haïti, et l'ancien président des États-Unis Bill Clinton, émissaire particulier de l'ONU pour ce pays, est attendu à Port-au-Prince. Parallèlement, Saint-Domingue accueillera une première réunion internationale destinée à préparer la conférence des pays donateurs organisée lundi prochain dans la métropole québécoise. Les pays de l'Union européenne discuteront quant à eux d'une aide financière de plus de 100 millions d'euros (148 millions de dollars canadiens) pour aider Haïti.

    Haïti n'en finit pas de compter ses morts

    Le bilan des victimes continue douloureusement de s'alourdir. Le séisme qui a ravagé Port-au-Prince a fait au moins 70 000 morts et détruit les principales infrastructures de la capitale haïtienne, en plus de réduire en miettes certaines villes du sud de l'île d'Hispaniola.

    Quelque 70 000 cadavres ont été enterrés dans des fosses communes, a fait savoir le secrétaire d'État haïtien à l'Alphabétisation, Carol Joseph.

    En visite à Port-au-Prince, où il a rencontré le président René Préval, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a lancé «Vous n'êtes pas seuls.» «C'est une catastrophe digne d'un tsunami», a-t-il dit après avoir survolé la capitale en hélicoptère.

    Alors que le chaos menace à Port-au-Prince, le gouvernement haïtien a décrété l'état d'urgence jusqu'à la fin janvier, ainsi qu'une période de deuil national de 30 jours.

    Les autorités s'efforcent sans désemparer d'échapper à une catastrophe sanitaire, alors que Port-au-Prince prend peu à peu des allures de monstrueux bidonville. Sans accès à l'eau potable et à des sanitaires, les Haïtiens qui ont survécu courent maintenant le risque d'attraper et de propager nombre de maladies.

    Confronté à cette crise sans pareille, le gouvernement haïtien ouvrira aujourd'hui quelque 280 centres d'urgence dans la capitale et dans six villes aux alentours, pour distribuer l'aide humanitaire et héberger les sans-abri. Ces centres auront une capacité d'accueil moyenne d'environ 500 places et seront installés dans des bâtiments publics, comme des cours d'école, des églises.

    Dans le chaos de Port-au-Prince, des policiers ont ouvert le feu dimanche sur des pillards dans un marché, tuant au moins l'un d'entre eux, a constaté l'AFP. Un autre pillard s'est immédiatement emparé du sac à dos de la victime.

    En dehors de la capitale, les destructions et le malheur des survivants paraissaient encore pires qu'à Port-au-Prince, notamment à Léogâne, une ville proche de l'épicentre du séisme où 90 % des bâtiments ont été détruits, selon l'ONU.

    Néanmoins, par bonheur, trois Haïtiens ont été extraits à l'aube des décombres d'un supermarché. Ils étaient relativement en bonne santé, selon l'AFP. «Ils étaient tous les trois entourés de nourriture, donc ils ont pu manger. Contrairement à ce qui se passe d'habitude dans ce genre de situation, il y a une grande possibilité de sauver des gens les sixième, septième et huitième jours après le séisme», a observé un des sauveteurs, Joseph Fernandez. Un fonctionnaire danois des Nations unies a également été retrouvé presque indemne.

    Le Canada consent une aide accrue

    Mille soldats canadiens supplémentaires seront déployés en Haïti pour tenter de corriger une situation qualifiée de «grave» et «fragile», a indiqué le ministre de la Défense, Peter Mackay, hier. «Le gouvernement du Canada estime qu'il a une obligation morale de faire tout ce qui est en son pouvoir pour soutenir les efforts internationaux de secours et de stabilisation en Haïti», a-t-il déclaré.

    Les soldats, stationnés à la base de Valcartier, s'ajouteront aux 500 militaires à bord de deux vaisseaux de la Marine canadienne en direction d'Haïti et aux quelque 200 membres de l'Équipe d'intervention en cas de catastrophe, faisant du coup de l'île d'Hispaniola le théâtre d'opération de l'armée canadienne en importance après l'Afghanistan.

    Près de 2000 membres des Forces canadiennes, sept hélicoptères et deux bateaux pour les efforts de sauvetage, de rétablissement et de reconstruction en Haïti, ont été envoyés en Haïti, a recensé M. Mackay.

    Le chef d'état-major de l'Armée de terre du Canada, le lieutenant-général Andrew Leslie, a souligné que, parmi les soldats qui sont dépêchés en Haïti, «des douzaines, sinon des centaines» revenaient à peine d'Afghanistan. «Il y a des gens à Valcartier qui me harcèlent et qui insistent auprès de différents généraux de l'armée parce qu'ils veulent partir», a-t-il affirmé.

    Des autorisations spéciales devront être délivrées afin qu'ils puissent se rendre en Haïti parce que les Forces canadiennes ont prévu des limites sur les rotations d'effectifs, de même qu'un laps de temps minimum entre les déploiements. «Nous devrons surveiller la situation de près. Pour certains d'entre eux, la route pourrait être longue», a ajouté Andrew Leslie. Le 3e Bataillon du Royal 22e Régiment basé à Valcartier, soit l'unité désignée pour se rendre en Haïti, doit retourner à Kandahar en décembre prochain.

    «Nous devrons éventuellement voir quel niveau d'engagement nous pouvons maintenir et pendant combien de temps d'aussi importantes troupes pourront demeurer en Haïti», a averti le lieutenant-général Andrew Leslie.

    Pour leur part, les États-Unis ont déployé environ 12 500 soldats. Le président Barack Obama a ordonné hier la mobilisation des réservistes.

    ***

    Avec La Presse canadienne et l'Agence France-Presse
    Des officiers de police tendent le drapeau national haïtien qu’ils ont récupéré dans les ruines du palais national, hier, à Port-au-Prince. La reconstruction est déjà au programme des pays donateurs. File d’attente pour obtenir de l’essence, hier, à Port-au-Prince. Des habitants de Port-au-Prince circulant dans une rue au travers des débris, hier.












    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.