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Iran - Un procureur réclame plus de fermeté contre les opposants

Le Devoir   12 janvier 2010  Actualités internationales
Un haut responsable judiciaire iranien a réclamé hier la fermeté à l'encontre des personnalités accusées de fomenter des troubles dans le pays depuis la réélection du président Mahmoud Ahmadinejad, un message clair adressé aux dirigeants de l'opposition, alors qu'un groupe de sept membres de la communauté baha'ie, détenus depuis un an et demi seront jugés à partir d'aujourd'hui.

Dans un communiqué à l'attention du procureur en chef de Téhéran Abbas Djafari Dolatabadi, le procureur général Gholamhossein Mohseni-Ejei réclame des mesures fortes contre les «éléments à l'origine de la récente sédition», rapportait hier l'agence de presse Isna.

La réélection d'Ahmadinejad, en juin dernier, a plongé l'Iran dans une crise sans précédent depuis la Révolution islamique de 1979. Huit personnes, dont un neveu de l'opposant Mirhossein Moussavi, ont été tuées lors des derniers troubles du 27 décembre, à l'occasion de l'Achoura, temps fort du calendrier religieux chiite.

Les sept membres de la communauté baha'ie dont le procès est prévu cette semaine avaient été arrêtés en mars et en mai 2008 et sont détenus depuis cette date à la prison d'Évine, à Téhéran. Plusieurs de leurs coreligionnaires ont été arrêtés plus récemment, soit dans le cadre des manifestations organisées lors de la célébration de l'Achoura.

«Les sept dirigeants baha'is qui devraient être jugés demain n'ont jamais reçu d'acte d'accusation officiel. Toutefois, des accusations sont portées contre eux depuis des mois par des journaux ultraconservateurs: "espionnage au profit d'Israël", «insulte au caractère sacré de l'islam" et "propagande contre la république islamique"», a déclaré hier Élizabeth Wright, directrice du bureau de promotion de la femme de la Communauté baha'ie du Canada. Selon les baha'is canadiens, les sept accusés de Téhéran risquent la peine de mort.

Les religieux de l'aile dure du régime ont encouragé les autorités à châtier impitoyablement les dirigeants d'opposition qui, selon eux, fomentent les tensions en Iran. Ils ont été qualifiés de «mohareb», c'est-à-dire d'«ennemis de Dieu», ce qui, en République islamique, implique la peine de mort.

Hier, le dirigeant d'opposition iranien Mehdi Karoubi a déclaré que les menaces du pouvoir ne l'empêcheraient pas de poursuivre son combat pour réformer le pays, quatre jours après avoir été victime d'une embuscade selon un site Internet. D'après le site Kaleme proche des réformateurs, des inconnus ont tiré jeudi sur la voiture transportant Karoubi, qui est sorti indemne de l'attaque.

***

avec Reuters
 
 
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