Al-Qaïda, nouvelle urgence d'Obama
Sous la menace d'un attentat, Washington et Londres ferment leurs ambassades au Yémen
Photo : Agence Reuters Khaled Abdullah
Contrôle d’un automobiliste à Sanaa, au Yémen, où les États-Unis et la Grande-Bretagne ont décidé de fermer leurs ambassades.
Sur un pied d'alerte, les États-Unis et la Grande-Bretagne ont fermé leurs ambassades à Sanaa, au Yémen, en raison d'une menace d'attentat d'al-Qaïda, qui a revendiqué l'explosion manquée du vol Amsterdam-Detroit, le 25 décembre dernier.
«L'ambassade des États-Unis à Sanaa a fermé aujourd'hui, le 3 janvier 2010, en raison de l'existence de menaces d'al-Qaïda dans la péninsule arabique contre les intérêts américains au Yémen», a fait savoir la chancellerie de l'ambassade américaine par voie de communiqué.
Al-Qaïda prépare un attentat contre un «objectif» dans la capitale yéménite, a précisé hier John Brennan, conseiller pour la sécurité intérieure et la lutte antiterroriste de la Maison-Blanche, sans aller jusqu'à supposer ce qu'est l'«objectif» dans la mire de la nébuleuse terroriste. «Nous savons qu'al-Qaïda est présent là-bas. Nous savons que nous devons nous tenir sur nos gardes», a-t-il affirmé.
John Brennan a indiqué que le Nigérian Umar Farouk Abdulmutallab, inculpé pour la tentative d'attentat contre le vol Amsterdam-Detroit, avait reçu un entraînement au Yémen dans un camp d'activistes frappé les 17 et 24 décembre, lors de raids aériens dans lesquels plus de 60 dirigeants auraient été tués, alors que d'autres auraient été grièvement blessés. «Au cours du mois dernier, al-Qaïda a essuyé plusieurs coups, et plusieurs dirigeants d'al-Qaïda au Yémen ne sont plus de ce monde en raison de cette action déterminée et agressive», a-t-il dit. Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA), qui a promis la mort à «tous les croisés», avait déjà fait savoir que l'attentat manqué était une riposte aux raids aériens américains.
Il y a «plusieurs centaines» de membres d'al-Qaïda au Yémen et les services de renseignement s'efforcent de déterminer «s'il n'y a pas là un autre Abdulmutallab», a ajouté M. Brennan hier. Environ 300 activistes d'al-Qaïda seraient actifs au Yémen, selon le ministre des Affaires étrangères du Yémen.
John Brennan a mentionné que Washington n'avait pas l'intention d'ouvrir un «deuxième front» dans la guerre contre le terrorisme au Yémen, ni d'y déployer des troupes «pour le moment». Il a toutefois fait remarquer, sur les ondes de la chaîne Fox, la détermination des États-Unis à «anéantir» al-Qaïda. La lutte contre Al-Qaïda dans la péninsule arabique au Yémen semble avoir pris un tour nouveau et être redevenue prioritaire pour Washington.
Le conseiller pour la sécurité intérieure et la lutte antiterroriste de Barack Obama a par ailleurs précisé que les États-Unis continueraient à renvoyer des détenus de Guantánamo au Yémen, spécifiant qu'ils y sont généralement internés. Au total, une quarantaine des quelque 90 détenus yéménites de Guantánamo pourraient être renvoyés dans leur pays, selon les médias américains. Six détenus ont été rapatriés au Yémen en décembre.
La veille, le président des États-Unis, Barack Obama, avait accusé l'AQPA d'avoir entraîné et équipé Umar Farouk Abdulmutallab au Yémen. Le Nigérian avait tenté de faire exploser le 25 décembre un avion de la compagnie Northwest Airlines, avec près de 300 personnes à bord, peu avant son atterrissage à Detroit.
Des mesures de sécurité s'ajoutent pour les Yéménites
Les États-Unis imposeront de nouvelles mesures de sécurité aérienne pour les ressortissants de sept pays, y compris le Yémen, selon le site Internet Politico. Tous les passagers yéménites, nigérians, pakistanais, cubains, iraniens, soudanais et syriens qui gagneront les États-Unis par avion seront soumis à une palpation corporelle et à une fouille de leurs bagages à main, dans le cadre de ces nouvelles mesures de sécurité en vigueur à compter d'aujourd'hui.
Le Yémen a, pour sa part, d'ores et déjà renforcé les mesures de sécurité sur ses côtes pour empêcher que des islamistes s'introduisent sur son territoire en provenance de la Somalie. Les autorités ont aussi placé sous étroite surveillance («24 heures sur 24») des activistes d'al-Qaïda dans deux provinces en bordure de mer, après que des militants somaliens eurent affirmé être prêts à envoyer des renforts au Yémen, selon l'agence de presse Sana. Londres et Washington insisteront quant à eux, auprès du Conseil de sécurité des Nations unies, pour que soit consolidée la force du maintien de la paix en Somalie.
Le président du Yémen, Ali Abdallah Saleh, s'est entretenu samedi avec le chef du commandement central américain (Centcom), le général américain David Petraeus, et a discuté avec lui d'un renforcement de la coopération bilatérale en matière d'économie, de défense et de sécurité. Washington souhaite notamment développer sa coopération en matière militaire et dans le domaine du renseignement avec le Yémen, afin d'accentuer la pression sur al-Qaïda.
Le ministre yéménite des Affaires étrangères, Aboubakr al-Kirbi, a nié que son gouvernement ne coordonnait pas avec Washington ses attaques contre al-Qaïda. Prié de confirmer si le Yémen avait donné son feu vert aux frappes aériennes américaines effectuées en décembre contre des objectifs d'al-Qaïda au Yémen, al-Kirbi s'est contenté de répondre qu'«il n'existe aucun accord avec les États-Unis dans ce domaine». En revanche, le Yémen coopère avec différents États étrangers en matière d'échange d'informations et de formation, a rappelé Aboubakr al-Kirbi.
Les États-Unis et la Grande-Bretagne apporteront aussi un appui financier à une force de police antiterroriste au Yémen, a annoncé hier Downing Street. David Petraeus avait, quant à lui, récemment déclaré que les États-Unis doubleraient leur aide militaire au gouvernement du Yémen, aux prises notamment avec une rébellion chiite dans les montagnes du nord du pays. «Le Yémen doit être identifié, comme la Somalie, comme l'une des zones qu'on doit non seulement surveiller, mais où on doit faire plus. Nous allons collaborer avec les autorités américaines [...] pour améliorer la lutte contre le terrorisme menée par les autorités yéménites», a dit Gordon Brown hier.
Le premier ministre britannique dit souhaiter la tenue d'une conférence internationale sur le Yémen et sur la lutte contre le terrorisme le 28 janvier à Londres, en marge de la conférence sur l'Afghanistan organisée le même jour.
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Avec Reuters et l'AFP
«L'ambassade des États-Unis à Sanaa a fermé aujourd'hui, le 3 janvier 2010, en raison de l'existence de menaces d'al-Qaïda dans la péninsule arabique contre les intérêts américains au Yémen», a fait savoir la chancellerie de l'ambassade américaine par voie de communiqué.
Al-Qaïda prépare un attentat contre un «objectif» dans la capitale yéménite, a précisé hier John Brennan, conseiller pour la sécurité intérieure et la lutte antiterroriste de la Maison-Blanche, sans aller jusqu'à supposer ce qu'est l'«objectif» dans la mire de la nébuleuse terroriste. «Nous savons qu'al-Qaïda est présent là-bas. Nous savons que nous devons nous tenir sur nos gardes», a-t-il affirmé.
John Brennan a indiqué que le Nigérian Umar Farouk Abdulmutallab, inculpé pour la tentative d'attentat contre le vol Amsterdam-Detroit, avait reçu un entraînement au Yémen dans un camp d'activistes frappé les 17 et 24 décembre, lors de raids aériens dans lesquels plus de 60 dirigeants auraient été tués, alors que d'autres auraient été grièvement blessés. «Au cours du mois dernier, al-Qaïda a essuyé plusieurs coups, et plusieurs dirigeants d'al-Qaïda au Yémen ne sont plus de ce monde en raison de cette action déterminée et agressive», a-t-il dit. Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA), qui a promis la mort à «tous les croisés», avait déjà fait savoir que l'attentat manqué était une riposte aux raids aériens américains.
Il y a «plusieurs centaines» de membres d'al-Qaïda au Yémen et les services de renseignement s'efforcent de déterminer «s'il n'y a pas là un autre Abdulmutallab», a ajouté M. Brennan hier. Environ 300 activistes d'al-Qaïda seraient actifs au Yémen, selon le ministre des Affaires étrangères du Yémen.
John Brennan a mentionné que Washington n'avait pas l'intention d'ouvrir un «deuxième front» dans la guerre contre le terrorisme au Yémen, ni d'y déployer des troupes «pour le moment». Il a toutefois fait remarquer, sur les ondes de la chaîne Fox, la détermination des États-Unis à «anéantir» al-Qaïda. La lutte contre Al-Qaïda dans la péninsule arabique au Yémen semble avoir pris un tour nouveau et être redevenue prioritaire pour Washington.
Le conseiller pour la sécurité intérieure et la lutte antiterroriste de Barack Obama a par ailleurs précisé que les États-Unis continueraient à renvoyer des détenus de Guantánamo au Yémen, spécifiant qu'ils y sont généralement internés. Au total, une quarantaine des quelque 90 détenus yéménites de Guantánamo pourraient être renvoyés dans leur pays, selon les médias américains. Six détenus ont été rapatriés au Yémen en décembre.
La veille, le président des États-Unis, Barack Obama, avait accusé l'AQPA d'avoir entraîné et équipé Umar Farouk Abdulmutallab au Yémen. Le Nigérian avait tenté de faire exploser le 25 décembre un avion de la compagnie Northwest Airlines, avec près de 300 personnes à bord, peu avant son atterrissage à Detroit.
Des mesures de sécurité s'ajoutent pour les Yéménites
Les États-Unis imposeront de nouvelles mesures de sécurité aérienne pour les ressortissants de sept pays, y compris le Yémen, selon le site Internet Politico. Tous les passagers yéménites, nigérians, pakistanais, cubains, iraniens, soudanais et syriens qui gagneront les États-Unis par avion seront soumis à une palpation corporelle et à une fouille de leurs bagages à main, dans le cadre de ces nouvelles mesures de sécurité en vigueur à compter d'aujourd'hui.
Le Yémen a, pour sa part, d'ores et déjà renforcé les mesures de sécurité sur ses côtes pour empêcher que des islamistes s'introduisent sur son territoire en provenance de la Somalie. Les autorités ont aussi placé sous étroite surveillance («24 heures sur 24») des activistes d'al-Qaïda dans deux provinces en bordure de mer, après que des militants somaliens eurent affirmé être prêts à envoyer des renforts au Yémen, selon l'agence de presse Sana. Londres et Washington insisteront quant à eux, auprès du Conseil de sécurité des Nations unies, pour que soit consolidée la force du maintien de la paix en Somalie.
Le président du Yémen, Ali Abdallah Saleh, s'est entretenu samedi avec le chef du commandement central américain (Centcom), le général américain David Petraeus, et a discuté avec lui d'un renforcement de la coopération bilatérale en matière d'économie, de défense et de sécurité. Washington souhaite notamment développer sa coopération en matière militaire et dans le domaine du renseignement avec le Yémen, afin d'accentuer la pression sur al-Qaïda.
Le ministre yéménite des Affaires étrangères, Aboubakr al-Kirbi, a nié que son gouvernement ne coordonnait pas avec Washington ses attaques contre al-Qaïda. Prié de confirmer si le Yémen avait donné son feu vert aux frappes aériennes américaines effectuées en décembre contre des objectifs d'al-Qaïda au Yémen, al-Kirbi s'est contenté de répondre qu'«il n'existe aucun accord avec les États-Unis dans ce domaine». En revanche, le Yémen coopère avec différents États étrangers en matière d'échange d'informations et de formation, a rappelé Aboubakr al-Kirbi.
Les États-Unis et la Grande-Bretagne apporteront aussi un appui financier à une force de police antiterroriste au Yémen, a annoncé hier Downing Street. David Petraeus avait, quant à lui, récemment déclaré que les États-Unis doubleraient leur aide militaire au gouvernement du Yémen, aux prises notamment avec une rébellion chiite dans les montagnes du nord du pays. «Le Yémen doit être identifié, comme la Somalie, comme l'une des zones qu'on doit non seulement surveiller, mais où on doit faire plus. Nous allons collaborer avec les autorités américaines [...] pour améliorer la lutte contre le terrorisme menée par les autorités yéménites», a dit Gordon Brown hier.
Le premier ministre britannique dit souhaiter la tenue d'une conférence internationale sur le Yémen et sur la lutte contre le terrorisme le 28 janvier à Londres, en marge de la conférence sur l'Afghanistan organisée le même jour.
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Avec Reuters et l'AFP
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