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Tentative d'attentat contre le vol 253 Amsterdam-Detroit - La Maison-Blanche met en garde contre toute politisation de la question

Le nom du Nigérian arrêté figurait sur la liste des personnes à surveiller

En vacances à Hawaii, le président Barack Obama a participé à une réunion hier sur l’attentat manqué avec les principaux responsables de la sécurité nationale.
Photo : Agence France-Presse Jewel Samad
En vacances à Hawaii, le président Barack Obama a participé à une réunion hier sur l’attentat manqué avec les principaux responsables de la sécurité nationale.
Honolulu, États-Unis — Le gouvernement Obama a enjoint à ses adversaires politiques de ne pas tirer profit de l'attentat manqué le jour de Noël pour s'attaquer à l'action du président en matière de lutte contre le terrorisme.

Une tempête politique a surgi après la tentative d'attentat d'un Nigérian de 23 ans qui a voulu faire exploser, le jour de Noël, un vol Northwest avec 289 personnes à bord, alors même que l'équipe de Barack Obama supervisait les opérations de sécurisation rendues nécessaires par cette nouvelle menace.

Néanmoins, le président américain, en vacances à Hawaii depuis jeudi, a consciencieusement évité de prendre la parole à la télévision sur l'attentat manqué, cherchant manifestement à éviter toutes récupérations politiciennes et le retour de la panique provoquée par les attaques terroristes aux Etats-Unis dans le passé.

«Le président est profondément convaincu que cette question ne doit pas être politisée», a déclaré hier sur NBC le porte-parole de la Maison-Blanche, Robert Gibbs.

«Cela ne devrait pas être un motif d'affrontement entre les deux camps», a-t-il dit.

Barack Obama a participé à une réunion hier matin sur l'enquête sur l'attentat manqué avec les principaux responsables de la sécurité nationale, a précisé la Maison-Blanche, dans son dernier communiqué.

Le président a demandé la révision des listes de personnes à surveiller dans les aéroports et le réexamen des procédures de sécurité en place pour identifier les terroristes potentiels et empêcher l'embarquement d'explosifs à bord des avions de ligne, a précisé son porte-parole.

Le nom de l'homme arrêté, Umar Farouk Abdulmutallab — dont la radicalisation avait été signalée aux États-Unis en novembre par son propre père — figurait depuis sur une liste fourre-tout de 550 000 noms, mais n'était ni interdit de vol aux États-Unis, ni même considéré comme devant être particulièrement contrôlé dans les aéroports.

Les adversaires veulent une réponse plus ferme

À l'issue de la réunion, Barack Obama a profité d'Hawaii, sa terre natale, pour faire de la gym. Il prévoyait aussi de jouer au basket.

Mais ses adversaires politiques ont porté la première estocade en l'accusant de ne pas apporter une réponse suffisamment ferme à la menace que fait planer le terrorisme islamique.

Ils se sont aussi interrogés sur la prise de parole de Janet Napolitano, la ministre de la Sécurité intérieure, qui a assuré hier que les procédures de sûreté avaient «fonctionné», faisant référence au fait que les passagers avaient maîtrisé le jeune Nigérian qui voulait faire sauter un avion.

Le représentant républicain Peter King a estimé qu'il n'était pas nécessaire que Barack Obama se précipite ce week-end devant les télévisions, mais il l'a néanmoins exhorté à rassurer les Américains.

«Dites aux Américains: "Voilà ce que nous faisons; nous gérons la situation; nous allons gagner, mais c'est un rappel sur la nécessité d'être toujours vigilants face aux diables du terrorisme islamique"», a déclaré M. King sur la chaîne CBS. «Il y a eu un vide depuis un jour et demi», a-t-il ajouté.

La Maison-Blanche a riposté que Barack Obama avait constamment surveillé la situation, demandé des enquêtes sur la sécurité aérienne et l'utilisation des renseignements ayant trait aux personnes suspectées d'avoir des liens avec le terrorisme, et renforcé les mesures de sécurité dans les aéroports.

«Le président refuse de politiser ce type de questions», a déclaré un porte-parole du président, Bill Burton, à Hawaii.

«Nous devons mettre de côté la politique politicienne et retrouver l'unité qui était la nôtre après le 11-Septembre», a-t-il ajouté.

Les démocrates ont souvent reproché à l'administration de l'ancien président George W. Bush de tirer profit de la peur du terrorisme à des fins politiques.

Fils d'un riche banquier

L'homme arrêté, M. Abdulmutallab, un Nigérian musulman de 23 ans, fils d'un riche banquier et étudiant brillant, est interrogé par le FBI depuis son arrestation à la mi-journée vendredi, à l'atterrissage de l'Airbus de la Northwest Airlines.

Il a été inculpé samedi par la justice fédérale du double chef de tentative de «destruction d'un avion de ligne et d'introduction d'un explosif à bord de l'appareil».

Le jeune homme aurait affirmé avoir été entraîné par des membres d'al-Qaïda au Yémen, où sa famille dit qu'il s'est rendu cet été.

Nouvel incident

Un nouvel incident s'est produit hier à bord d'un vol Northwest 253 d'Amsterdam à Detroit.

«Il y avait un passager qui donnait de la voix, et par précaution l'équipage a demandé aux forces de l'ordre de venir à la rencontre de l'avion» au sol, a déclaré Susan Elliott, une porte-parole de Delta, la compagnie propriétaire de Northwest.

Selon la chaîne américaine CNN, le passager a passé un «long moment» dans les toilettes de l'avion peu avant d'atterir et avait un comportement troublant.
 
 
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