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L'argent, un deuxième tsunami

Un homme assis dans sa demeure dévastée.
Photo : François Pesant
Un homme assis dans sa demeure dévastée.

À retenir

    Le tsunami en mots et en chiffres

    • Tsunami est un mot japonais signifiant «vague portuaire». Un tsunami peut surgir à la suite de grands mouvements verticaux de l'écorce terrestre dus soit à des éruptions volcaniques sous-marines, soit à des glissement de terrain. Il se forme par déplacement d'eau, comme les petites vagues créées lorsqu'on lance un caillou dans un étang. Un tsunami ne dépend en rien des conditions atmosphériques.
    • 80 % des tsunamis se produisent dans l'océan Pacifique.
    • 13,5 milliards $US ont été donnés par la communauté internationale pour la reconstruction post-tsunami.
    • 13 pays ont été touchés par la vague meurtrière.
    • 0h58 (GMT), une secousse sismique d'une magnitude de 9,3 à l'échelle de Richter survient au large de l'île de Sumatra en Indonésie.
    • 225 000 vies ont été fauchées par le raz-de-marée dévastateur.
    • 425 millions $ ont été octroyés par l'Agence canadienne de développement internationale (ACDI) pour l'aide aux pays touchés. Rien que pour la reconstruction au Sri Lanka, l'ACDI a versé 82,4 millions $.
    • Au Sri Lanka 35 000 vies ont été fauchées par la vague meurtrière.
    • 500 000 personnes ont été sinistrées.
    • 95 % des maisons ont été réparées ou reconstruites.
    • 26 000 habitants n'ont toujours pas de maison.
    • 82,4 millions $ ont été consacrés par l'ACDI en quatre ans pour la reconstruction.
Au lendemain du tragique événement, une tout autre vague a déferlé sur tous les pays de l'océan Indien ravagés par le tsunami: l'argent. Des organisations telles que la Croix-Rouge, Médecins sans frontière et d'autres ONG qui se sont créées en réaction à la crise ont été inondées de dons, tant et si bien qu'elles ont dû, dans certains cas, demander à la population de cesser d'envoyer de l'argent. Grisés par cette pluie de dollars, les Sri-Lankais ont baptisé cette euphorie la «golden wave». «Il y a eu une sorte de petit boom. L'État a injecté de l'argent et ses dépenses ont augmenté, ce qui a fait rouler l'économie», a confirmé Dushni Weerakoon, économiste à l'Institute of Policy Studies, qui a collaboré à de nombreux rapports sur la reconstruction post-tsunami.

Avec le recul, cet afflux massif d'argent n'a pas eu que de bons côtés. Le gouvernement n'a pas su empêcher l'inflation et la hausse du prix des matériaux de construction. Si bien qu'un an après le tsunami, les coûts de l'industrie du bâtiment avaient augmenté de près de 100 %. Et c'est sans compter les problèmes de gestion et de distribution des fonds. L'anecdote de ce Montréalais qui vit depuis près de 20 ans au Sri Lanka rend parfaitement l'état de surprise qu'a fait naître le «deuxième tsunami», celui de l'aide internationale. «On était dans une réunion de l'ONU avec tout plein d'ONG et de bailleurs de fonds. On ne savait pas trop quoi faire, il fallait s'organiser. À un moment donné, j'ai entendu la voix de cet homme au fond de la salle. Il voulait savoir quoi faire maintenant, parce que deux avions pleins de vêtements et de denrées en partance de son pays d'origine étaient sur le point d'atterrir à Colombo», raconte-t-il.

Mais la vague «dorée» a été de courte durée et s'est brisée quelque part en 2006, en même temps que le cessez-le-feu entre les Tigres de l'Eelam tamoul et l'armée cinghalaise. Sous les bombes qui ont recommencé à éclater, les investisseurs ont fui. En particulier ceux qui étaient venus faire des affaires d'or en relançant le tourisme sur les côtes. Ainsi, les hôtels de luxe n'ont finalement pas poussé comme des champignons sur les plages de sable blond. Au grand bonheur des hippies adorateurs de la nature et des surfeurs! «La situation serait très différente aujourd'hui, maintenant que la guerre est terminée», soutient Mme Weerakoon. D'autant qu'après 30 ans de guerre et plus d'une catastrophe naturelle, le pays est passé maître dans l'art de reconstruire, soutient-elle.
 
 
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