L'assassinat d'un gouverneur bouleverse la Colombie
Photo : Agence Reuters John Vizcaino
Funérailles du gouverneur Cuellar à Florencia.
Bogotá — L'assassinat d'un gouverneur en Colombie, égorgé après son enlèvement attribué par le gouvernement à la guérilla des FARC, a bouleversé ce pays d'Amérique du Sud qui n'avait pas connu de prise d'otage de cette ampleur depuis l'arrivée d'Alvaro Uribe au pouvoir. Des voix se sont ainsi élevées pour mettre en doute l'efficacité de la politique d'actions militaires menées depuis sept ans contre la guérilla par le président conservateur colombien.
Le gouverneur de la province méridionale de Caqueta, Luis Francisco Cuellar, a été enlevé lundi dans son lit par des hommes armés. Il a eté retrouvé égorgé mardi, jour de ses 69 ans, près du véhicule à bord duquel ses ravisseurs l'avaient transporté. Le président a rapidement attribué mardi l'enlèvement aux Forces armées révolutionnaires de Colombie, en conflit avec l'État depuis 40 ans, et demandé à l'armée d'intervenir.
Dans la soirée, il a dû confirmer la mort du gouverneur annoncé par les autorités locales. Selon lui, les guérilleros ont tué M. Cuellar parce qu'ils se savaient poursuivis. «Les terroristes, pour éviter de tirer [et de se faire repérer], ont égorgé le gouverneur», a-t-il dit au cours d'une allocution radiotélévisée.
Le fils du gouverneur pense que son père a été assassiné parce qu'il refusait de marcher. L'homme, un éleveur réputé d'une région à l'épaisse végétation où les FARC sont très présentes, avait déjà été victime de quatre séquestrations.
«Mon père avait un problème au genou. Pendant son dernier enlèvement, il a beaucoup souffert de douleurs à la jambe. Quand il est revenu il m'a dit: s'ils me reprennent, je ne les suis pas. Quoi qu'il arrive, je ne marche pas», a raconté Luis Fernando Cuellar sur des radios locales. Cet enlèvement visant un haut fonctionnaire, terminé tragiquement, est le plus grave depuis l'arrivée au pouvoir de M. Uribe en août 2002.
Critiques
Les familles de 24 policiers et militaires aux mains des FARC avaient supplié le gouvernement de revenir sur l'ordre donné à l'armée d'intervenir: «Cela peut avoir des conséquences fatales, alors qu'avec mesure on peut trouver des solutions favorables», avaient-elles dit dans une lettre.
C'est aussi un douche froide pour les familles de deux otages militaires dont les FARC avaient annoncé la libération unilatérale en avril. Ils sont toujours prisonniers et la perspective de leur libération s'éloigne, selon les experts.
Pour l'ex-otage Luis Eladio Perez, candidat aux sénatoriales de mars, «il y a eu négligence dans la protection apportée au gouverneur», mais aussi «un certain degré d'irresponsabilité de la part du gouvernement à annoncer une tentative de sauvetage militaire». M. Uribe avait demandé de «tout faire sur les plans militaire et policier» pour la libération de M. Cuellar, mais également des 24 autres otages dits politiques.
Le dernier enlèvement d'un gouverneur date d'avril 2002. Les FARC avaient pris en otage le gouverneur de la province d'Antioquia, Guillermo Gaviria, décédé au cours d'une tentative de libération ratée en 2003.
Le gouverneur de la province méridionale de Caqueta, Luis Francisco Cuellar, a été enlevé lundi dans son lit par des hommes armés. Il a eté retrouvé égorgé mardi, jour de ses 69 ans, près du véhicule à bord duquel ses ravisseurs l'avaient transporté. Le président a rapidement attribué mardi l'enlèvement aux Forces armées révolutionnaires de Colombie, en conflit avec l'État depuis 40 ans, et demandé à l'armée d'intervenir.
Dans la soirée, il a dû confirmer la mort du gouverneur annoncé par les autorités locales. Selon lui, les guérilleros ont tué M. Cuellar parce qu'ils se savaient poursuivis. «Les terroristes, pour éviter de tirer [et de se faire repérer], ont égorgé le gouverneur», a-t-il dit au cours d'une allocution radiotélévisée.
Le fils du gouverneur pense que son père a été assassiné parce qu'il refusait de marcher. L'homme, un éleveur réputé d'une région à l'épaisse végétation où les FARC sont très présentes, avait déjà été victime de quatre séquestrations.
«Mon père avait un problème au genou. Pendant son dernier enlèvement, il a beaucoup souffert de douleurs à la jambe. Quand il est revenu il m'a dit: s'ils me reprennent, je ne les suis pas. Quoi qu'il arrive, je ne marche pas», a raconté Luis Fernando Cuellar sur des radios locales. Cet enlèvement visant un haut fonctionnaire, terminé tragiquement, est le plus grave depuis l'arrivée au pouvoir de M. Uribe en août 2002.
Critiques
Les familles de 24 policiers et militaires aux mains des FARC avaient supplié le gouvernement de revenir sur l'ordre donné à l'armée d'intervenir: «Cela peut avoir des conséquences fatales, alors qu'avec mesure on peut trouver des solutions favorables», avaient-elles dit dans une lettre.
C'est aussi un douche froide pour les familles de deux otages militaires dont les FARC avaient annoncé la libération unilatérale en avril. Ils sont toujours prisonniers et la perspective de leur libération s'éloigne, selon les experts.
Pour l'ex-otage Luis Eladio Perez, candidat aux sénatoriales de mars, «il y a eu négligence dans la protection apportée au gouverneur», mais aussi «un certain degré d'irresponsabilité de la part du gouvernement à annoncer une tentative de sauvetage militaire». M. Uribe avait demandé de «tout faire sur les plans militaire et policier» pour la libération de M. Cuellar, mais également des 24 autres otages dits politiques.
Le dernier enlèvement d'un gouverneur date d'avril 2002. Les FARC avaient pris en otage le gouverneur de la province d'Antioquia, Guillermo Gaviria, décédé au cours d'une tentative de libération ratée en 2003.
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