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Dialogue sur le nucléairee - Téhéran fait fi des menaces

Les grandes puissances qui négocient avec l'Iran devront réagir à la nouvelle tentative de temporisation de ce dernier. Les divisions en leur sein pourraient de nouveau rendre difficile une action ferme

Washington — L'Iran a rejeté hier l'échéance de la fin d'année fixée par les États-Unis inquiets de son programme nucléaire, suscitant l'impatience de Washington, qui tente toujours de convaincre les autres grandes puissances d'adopter de nouvelles sanctions.

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a d'abord balayé dans un discours le délai fixé par ses homologues américain Barack Obama et français Nicolas Sarkozy pour qu'il accepte la proposition de l'Agence internationale de l'énergie atomique de faire enrichir son uranium à l'étranger.

«Certains démons leur ont rapporté que le gouvernement iranien est affaibli et qu'il est temps de faire pression sur lui», a-t-il affirmé, en référence à la crise qui a suivi son élection contestée à la présidentielle du 12 juin. «Nous n'aimons pas les conflits», a poursuivi le président iranien, tout en affirmant que le gouvernement iranien est «aujourd'hui dix fois plus fort qu'il ne l'était l'an dernier».

La première réaction américaine, par le porte-parole de la Maison-Blanche Robert Gibbs, a été de réaffirmer que la fin décembre était «une vraie date-butoir» avant de nouvelles sanctions de la communauté internationale, représentée dans la discussion avec l'Iran par le groupe des Six (Allemagne, Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni et Russie). «Je pense que tous ceux qui sont impliqués encourageraient l'Iran à prendre cette date butoir autant au sérieux que nous le faisons et à prendre ses responsabilités», a-t-il insisté.

La fin de l'année est le moment de «l'évaluation» des progrès de la discussion nucléaire avec l'Iran pour les six puissances impliquées, a ensuite tempéré le département d'État, minimisant l'idée d'une «date-butoir». «Quelque chose de spectaculaire va-t-il se passer le 4 janvier ? Non», a dit le porte-parole, Philip Crowley: «Mais il y aura un moment où nous intensifierons nos discussions sur le pays.» Ce léger couac de la communication américaine pourrait indiquer que Washington peine toujours à convaincre la Russie et la Chine de l'opportunité de rechercher de nouvelles sanctions contre l'Iran à l'ONU.


Opposition

En Iran, des miliciens bassidji et des hommes «en civil» ont attaqué hier à Qom la demeure de l'ayatollah Yusuf Sanei, proche de l'opposition, rapporte le site Internet réformateur Norooz. Selon ce site, les assaillants ont insulté l'ayatollah, frappé plusieurs membres de son entourage et brisé des fenêtres. Cette information, qui survient au lendemain de manifestations anti-gouvernementales dans la ville sainte à l'occasion des funérailles du grand ayatollah Hossein Ali Montazeri, n'a pas été commentée par les autorités de Téhéran.

Auparavant, l'agence de presse semi-officielle Fars avait fait état d'une manifestation d'étudiants en théologie pro-gouvernementaux dans les rues de Qom pour protester contre «l'insulte faite à la sainteté» lors des funérailles de Montazeri. L'agence précise que la manifestation a pris fin devant la résidence de l'ayatollah Sanei, sans faire de lien avec l'attaque contre la demeure du religieux. Fars ajoute toutefois que les manifestants ont signé une pétition exigeant que ce dernier soit défroqué.

L'agence Fars écrit qu'un organisme gouvernemental chargé des affaires culturelles a décidé de déchoir Mirhossein Moussavi, ancien premier ministre et candidat malheureux à la présidentielle du 12 juin, de son titre de dirigeant de l'Académie iranienne des Arts. Candidat modéré, Moussavi est devenu synonyme d'opposition au régime depuis qu'il a contesté les conditions de la réélection du président sortant Mahmoud Ahmadinejad.
 
 
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