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Levée des sanctions de l'ONU contre l'Irak - Washington revient à la charge

Des milliers de chiites réclament le départ des Américains

Un mois et demi après l’entrée des forces américaines à Bagdad, les écoles rouvrent une à une leurs portes. La directrice de l’UNICEF, Carol Bellamy, visitant dimanche une école pour filles de la capitale irakienne, a salué ce retour en class
Photo : Agence Reuters
Un mois et demi après l’entrée des forces américaines à Bagdad, les écoles rouvrent une à une leurs portes. La directrice de l’UNICEF, Carol Bellamy, visitant dimanche une école pour filles de la capitale irakienne, a salué ce retour en class
Washington a présenté hier au Conseil de sécurité de l'ONU une version révisée de son projet de résolution visant à obtenir une levée des sanctions contre l'Irak, pendant qu'à Bagdad plusieurs milliers de chiites irakiens célébrant l'anniversaire de la naissance du prophète Mahomet ont demandé le départ des troupes américaines de leur pays.

Les États-Unis ont soumis hier au Conseil de sécurité une version révisée de leur projet de résolution sur l'abandon des sanctions contre l'Irak en espérant qu'il soit voté demain.

L'ambassadeur américain auprès de l'ONU, John Negroponte, a affirmé que les révisions apportées au texte visaient «à prendre en compte les préoccupations et les problèmes soulevés» par les autres membres du Conseil depuis qu'il leur a été soumis pour la première fois le 9 mai.

«Nous avons été aussi loin que nous le pouvions en tenant compte de ces préoccupations», a poursuivi M. Negroponte.

L'administration Bush veut que le Conseil lève immédiatement les sanctions économiques imposées à l'Irak depuis 1990 et mette en place un fonds d'assistance, alimenté essentiellement par les revenus pétroliers et placé sous l'autorité des «puissances occupantes».

M. Negroponte a précisé que les amendements apportés au projet de résolution «précisaient le rôle que jouera le représentant de l'ONU». Mais il n'a fourni aucun détail à ce sujet.

C'est l'un des points qu'avait soulevés la France, en exprimant des réserves sur le projet initial américain.

À Paris, le président Jacques Chirac a déclaré hier que la France était prête à voter le projet de résolution américain si des «améliorations» portant sur un rôle renforcé de l'ONU y sont apportées.

«Le président de la République s'est dit toutefois convaincu qu'il est possible d'améliorer sensiblement le texte, ce qui permettrait à chacun de le considérer favorablement», a rapporté sa porte-parole Catherine Colonna.

À Bruxelles, le chef de la diplomatie française, Dominique de Villepin, a déclaré de son côté qu'il restait encore «du travail à faire» avant d'aboutir à une résolution sur l'Irak acceptable par la France. De source diplomatique française, on explique que Paris ne s'opposera pas à ce projet de résolution en faisant usage de son droit de veto au Conseil mais s'abstiendra ou votera pour si la place de l'ONU est confortée.

Les États-Unis ont prévu un «rôle vital» pour l'ONU, mais essentiellement dans le domaine humanitaire, a indiqué M. Negroponte. Il a précisé que le projet de résolution américano-britannique énumérerait huit ou neuf fonctions pour l'ONU.

À Bagdad, pour la première fois depuis plus de trois décennies, des milliers de musulmans chiites ont célébré hier l'anniversaire de la naissance du prophète Mahomet, tout en critiquant la gestion du pays par la nouvelle administration américaine qui peine à rétablir la loi et l'ordre. Devant l'une des plus importantes mosquées chiites de Bagdad, les manifestants ont scandé des slogans antiaméricains et brandi des banderoles, dont beaucoup rédigées en anglais proclamant notamment: «Nous voulons être représentés par des Irakiens honnêtes et non par des voleurs», ou «Non à tout gouvernement qui n'exprime pas nos espoirs».

Sous l'ancien régime de Saddam Hussein, seuls les sunnites étaient autorisés à célébrer l'anniversaire de la naissance du prophète. «Non à l'injustice», «Non à l'occupation», «Non à Israël», «Oui à l'islam», ont scandé les manifestants .

Tentant toujours d'endiguer l'insécurité dans les grandes villes et plus particulièrement à Bagdad, l'administration civile américaine a autorisé les patrouilles de l'armée américaine à faire usage de leurs armes, les pillards pouvant désormais être détenus et jugés.

Actuellement, quelque 10 000 policiers de Bagdad ont regagné leur poste, soit environ 50 % de l'effectif d'avant la guerre. Mais peu d'entre eux travaillent effectivement, faute d'équipement, de locaux et de hiérarchie.

D'autre part, selon des généraux irakiens de retour d'exil, Saddam Hussein se cache en Irak avec un petit noyau de fidèles, dont ses fils, et continue à donner des directives à ses partisans avec l'intention de revenir au pouvoir. Ces officiers, qui travaillent maintenant la main dans la main avec les forces d'occupation américaines pour épurer les services de sécurité des éléments de l'ancien régime, ont révélé que Saddam Hussein avait débaptisé le parti Baas (Résurrection) en parti Aouda (Le Retour).

«Saddam use de son autorité de secrétaire général du parti. Il se cache avec un petit groupe qui comprend probablement ses deux fils», a précisé à Reuters le général Taoufik al Yassiri, qui avait participé en 1991 à un soulèvement contre le régime.

Enfin, sur le plan militaire, quatre soldats américains d'une unité de Marines ont été tués hier en Irak, lorsque leur hélicoptère s'est abîmé près de la ville de Karbala (centre), a déclaré un responsable militaire américain. «Il n'y a eu aucune indication de tirs ennemis», a déclaré ce responsable, qui a requis l'anonymat.

Il a ajouté que les quatre Marines avaient été tués lors de la chute de l'hélicoptère dans un plan d'eau situé près de cette ville.
 
 
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