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    Avion géorgien, équipage kazakh et biélorusse, transitaire néo-zélandais... - Le mystère des armes nord-coréennes

    16 décembre 2009 |Le Monde | Actualités internationales
    Un Ilyushin 76 a été saisi à Bangkok le 12 décembre.
    Photo: Agence Reuters Un Ilyushin 76 a été saisi à Bangkok le 12 décembre.
    Tokyo — La saisie par les autorités thaïlandaises d'une cargaison de 35 tonnes d'armes de guerre de fabrication nord-coréenne à bord d'un avion-cargo géorgien à Bangkok est la plus grosse «prise» réalisée à ce jour dans le cadre des sanctions décidées en juin par les Nations unies à l'encontre du régime de Pyongyang, du fait de son programme nucléaire.

    L'appareil, un Ilyushin 76, avait atterri samedi 12 décembre à l'aéroport Don Muang pour s'approvisionner en carburant. Au cours d'une inspection, les autorités thaïes ont découvert dans ses soutes un arsenal d'armes: fusils, grenades, roquettes antichars, têtes de missiles, etc. Les cinq membres de l'équipe — quatre Kazakhs et un Biélorusse — ont été inculpés, lundi, de détention d'armes de guerre et emprisonnés. Ils ont déclaré ne pas savoir ce qu'ils transportaient. La cargaison a été saisie.


    Conseil de sécurité

    Les autorités thaïlandaises ont agi sur des indications (fournies par des «services américains», selon les médias thaïlandais) en application de la résolution du Conseil de sécurité du 12 juin sanctionnant l'essai nucléaire nord-coréen du 25 mai qui renforce les mesures d'embargo sur les ventes d'armes par la République populaire démocratique de Corée (RPDC).

    Beaucoup de mystère enveloppe encore cette affaire dans laquelle un avion enregistré en Géorgie, appartenant à une société Air West Georgia (liée à une compagnie aérienne soudanaise, Sun Air), affrétée par un transitaire néo-zélandais avec à son bord un équipage kazakh et biélorusse et transportant des armes nord-coréennes, fait escale à Bangkok... alors qu'il aurait pu choisir dans la région l'aéroport d'un pays — la Birmanie par exemple — moins disposé à appliquer les sanctions des Nations unies.

    L'avion venait de Pyongyang. Mais quelle était la destination finale de la cargaison d'armes? Après Bangkok, il devait se rendre à Colombo, au Sri Lanka, pour refaire le plein. Après ? Au Moyen-Orient, au Soudan, en Asie du Sud?


    Clients traditionnels

    Les spéculations se focalisent sur les clients traditionnels de la RPDC: l'Iran, la Syrie, le Pakistan, l'Égypte et le Yémen. La liste n'est pas exhaustive. Selon les services de renseignement occidentaux, l'Iran est le principal partenaire de la RPDC. Le journal de droite japonais Sankei Shimbun assure que des experts iraniens auraient assisté au lancement d'une fusée nord-coréenne le 5 avril, ainsi qu'à l'essai nucléaire du 25 mai qui a précipité les sanctions.


    Coopération avec l'Iran

    Cette coopération a commencé au moment de la guerre irano-irakienne. Les experts du Pentagone font valoir que le développement du missile balistique nord-coréen Taepodong-2 coïncide avec celui de la dernière version des missiles iraniens Shahab. Le commerce des armes, principale source de devises de la RPDC, se chiffrait à 1,5 milliard de dollars, selon Institute for Foreign Policy Analysis (États-Unis). Il s'agit le plus souvent d'armes conventionnelles. Les sanctions de l'ONU ont rendu les livraisons plus difficiles.

    Le risque est cependant fonction de la destination: en 2002, un navire battant pavillon cambodgien avait été arraisonné par la marine espagnole avec à bord des missiles de type Scud destinés au Yémen. Ce pays étant bien vu par les États-Unis pour son action contre al-Qaida de son territoire, Washington ordonna de laisser repartir le cargo avec sa cargaison qui arriva à bon port... mais en Libye.

    La saisie en août par les Émirats arabes unis d'armes destinées à l'Iran sur un cargo battant pavillon des Bahamas incite semble-t-il les «opérateurs» à privilégier désormais le transport aérien.












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