18 mois pour briser les talibans
Obama confirme l'envoi de 30 000 hommes de plus en Afghanistan. Un début de retrait est fixé à juillet 2011.
Photo : Agence Reuters jim young reuters
Le président américain, Barack Obama
À retenir
- Envoi d'ici six mois de 30 000 soldats en renfort en Afghanistan
- Retrait des troupes à partir de juillet 2011
- Le président demande aux membres de l'OTAN), d'augmenter eux aussi le nombre de leurs militaires
- Le Pakistan doit continuer de lutter contre les talibans et al-Qaïda
Barack Obama a confirmé hier soir l'un des secrets les moins biens gardés de la saison à Washington, soit l'envoi d'ici six mois de 30 000 soldats en renfort en Afghanistan, ce qui portera à environ 100 000 les effectifs américains dans ce pays, dont ils devraient commencer à se retirer à partir de juillet 2011.
M. Obama, qui prononçait un discours télévisé depuis l'Académie militaire de West Point, dans l'État de New York, a affirmé que sa stratégie, en préparation depuis plusieurs mois, ciblera les insurgés talibans, tout en sécurisant les villes et en accélérant la formation de l'armée et de la police afghanes. Il n'a pas dit quand le retrait des troupes prendrait fin.
Barack Obama avait promis, pendant la campagne électorale de 2008, de réduire les effectifs en Irak afin de pouvoir livrer en Afghanistan ce qui constitue à ses yeux la vraie guerre contre le terrorisme. Depuis le début de l'année, le président a déjà augmenté de plus de 30 000 militaires le contingent américain en Afghanistan, qui dépassera bientôt en nombre les troupes présentes en Irak.
«Je ne prends pas cette décision à la légère. Je la prends parce que je suis convaincu que notre sécurité est en jeu en Afghanistan et au Pakistan. C'est de là que nous avons été attaqués le 11-Septembre et c'est là que se préparent de nouveaux attentats à l'heure où je vous parle», a affirmé hier M. Obama, devant un auditoire d'élèves officiers, dont plusieurs seront bientôt appelés à servir en Afghanistan.
Le calendrier accéléré pour le déploiement des renforts a surpris certains experts du Pentagone, qui tablaient plutôt sur une période de 12 à 18 mois.
Près d'un an après son accession à la Maison-Blanche, Barack Obama se trouve aujourd'hui aux prises avec un électorat et des élus assez peu enthousiastes à l'idée de cette escalade, réclamée par le Pentagone, dans une guerre qui est déjà entrée dans sa neuvième année et qui devient de plus en plus meurtrière. Il aura bientôt une idée de l'humeur des élus au Congrès, puisque ceux-ci commenceront à discuter de sa nouvelle stratégie au cours de la semaine.
Le président américain a également demandé hier soir aux alliés des États-Unis, particulièrement aux membres de l'Alliance atlantique (OTAN), d'augmenter eux aussi le nombre de leurs militaires en Afghanistan, qui s'élève à environ 42 000. Seuls les Britanniques ont jusqu'à présent promis de fournir 500 militaires additionnels.
Barack Obama avait dès septembre reçu une proposition de plan stratégique de son commandant sur le terrain, le général Stanley McCrystal. Les recommandations concernant le niveau des troupes n'ont jamais été rendue publiques, mais elles ont été divulguées à la faveur d'une multitude de fuites dans les médias.
Le général McCrystal avait qualifiée de «sérieuse» mais non désespérée la situation en Afghanistan. Hier, Barack Obama lui a fait écho en affirmant: «La guerre n'est pas perdue.»
«La sécurité des États-Unis est en jeu en Afghanistan et au Pakistan», a-t-il dit, qualifiant cette région d'«épicentre de l'extrémisme d'al-Qaïda».
«L'Amérique n'a pas intérêt à mener une guerre sans fin en Afghanistan», a-t-il néanmoins ajouté, excluant l'idée que les États-Unis aient l'intention ou les moyens de faire du «nation-building» dans ce pays.
Le président américain, qui s'est entretenu avec son homologue nouvellement réélu, Hamid Karzaï, a bien promis que l'assistance civile à l'Afghanistan augmenterait, mais à certaines conditions. «L'époque du chèque en blanc est révolue, a-t-il affirmé. Nous allons clairement expliquer ce que nous attendons de la part de ceux que nous aidons. Nous nous attendons à ce que ceux qui font preuve d'inefficacité ou qui sont corrompus soient poursuivis.»
«Le gouvernement et le peuple afghans doivent comprendre qu'ils sont ultimement responsables de leur pays», a également déclaré Barack Obama.
Le chef de la Maison-Blanche a par ailleurs demandé au Pakistan de continuer à lutter contre les talibans et al-Qaïda, qui utilisent la région frontalière comme sanctuaire, promettant à Islamabad une aide soutenue même après la fin des hostilités.
Certains adversaires de l'intervention américaine en Afghanistan ont comparé celle-ci avec la guerre du Vietnam, où les Américains s'étaient enlisés pendant les années 1970.
M. Obama a rejeté cette comparaison, rappelant que les attentats du 11-Septembre, planifiés en partie en Afghanistan, justifient l'intervention militaire en Asie centrale, où les États-Unis se trouvent au centre d'une large coalition.
Le sénateur républicain John McCain, qui siège au comité de Sécurité intérieure et des Affaires gouvernementales, s'est dit d'accord hier soir avec le nombre de soldats que le président Obama veut envoyer en Afghanistan. L'adversaire de M. Obama lors de la présidentielle de 2008 a cependant soutenu que le fait de fixer une date au retrait revenait à encourager les talibans à se terrer en attendant que les forces alliées partent.
***
Avec l'Associated Press et l'Agence France-Presse
M. Obama, qui prononçait un discours télévisé depuis l'Académie militaire de West Point, dans l'État de New York, a affirmé que sa stratégie, en préparation depuis plusieurs mois, ciblera les insurgés talibans, tout en sécurisant les villes et en accélérant la formation de l'armée et de la police afghanes. Il n'a pas dit quand le retrait des troupes prendrait fin.
Barack Obama avait promis, pendant la campagne électorale de 2008, de réduire les effectifs en Irak afin de pouvoir livrer en Afghanistan ce qui constitue à ses yeux la vraie guerre contre le terrorisme. Depuis le début de l'année, le président a déjà augmenté de plus de 30 000 militaires le contingent américain en Afghanistan, qui dépassera bientôt en nombre les troupes présentes en Irak.
«Je ne prends pas cette décision à la légère. Je la prends parce que je suis convaincu que notre sécurité est en jeu en Afghanistan et au Pakistan. C'est de là que nous avons été attaqués le 11-Septembre et c'est là que se préparent de nouveaux attentats à l'heure où je vous parle», a affirmé hier M. Obama, devant un auditoire d'élèves officiers, dont plusieurs seront bientôt appelés à servir en Afghanistan.
Le calendrier accéléré pour le déploiement des renforts a surpris certains experts du Pentagone, qui tablaient plutôt sur une période de 12 à 18 mois.
Près d'un an après son accession à la Maison-Blanche, Barack Obama se trouve aujourd'hui aux prises avec un électorat et des élus assez peu enthousiastes à l'idée de cette escalade, réclamée par le Pentagone, dans une guerre qui est déjà entrée dans sa neuvième année et qui devient de plus en plus meurtrière. Il aura bientôt une idée de l'humeur des élus au Congrès, puisque ceux-ci commenceront à discuter de sa nouvelle stratégie au cours de la semaine.
Le président américain a également demandé hier soir aux alliés des États-Unis, particulièrement aux membres de l'Alliance atlantique (OTAN), d'augmenter eux aussi le nombre de leurs militaires en Afghanistan, qui s'élève à environ 42 000. Seuls les Britanniques ont jusqu'à présent promis de fournir 500 militaires additionnels.
Barack Obama avait dès septembre reçu une proposition de plan stratégique de son commandant sur le terrain, le général Stanley McCrystal. Les recommandations concernant le niveau des troupes n'ont jamais été rendue publiques, mais elles ont été divulguées à la faveur d'une multitude de fuites dans les médias.
Le général McCrystal avait qualifiée de «sérieuse» mais non désespérée la situation en Afghanistan. Hier, Barack Obama lui a fait écho en affirmant: «La guerre n'est pas perdue.»
«La sécurité des États-Unis est en jeu en Afghanistan et au Pakistan», a-t-il dit, qualifiant cette région d'«épicentre de l'extrémisme d'al-Qaïda».
«L'Amérique n'a pas intérêt à mener une guerre sans fin en Afghanistan», a-t-il néanmoins ajouté, excluant l'idée que les États-Unis aient l'intention ou les moyens de faire du «nation-building» dans ce pays.
Le président américain, qui s'est entretenu avec son homologue nouvellement réélu, Hamid Karzaï, a bien promis que l'assistance civile à l'Afghanistan augmenterait, mais à certaines conditions. «L'époque du chèque en blanc est révolue, a-t-il affirmé. Nous allons clairement expliquer ce que nous attendons de la part de ceux que nous aidons. Nous nous attendons à ce que ceux qui font preuve d'inefficacité ou qui sont corrompus soient poursuivis.»
«Le gouvernement et le peuple afghans doivent comprendre qu'ils sont ultimement responsables de leur pays», a également déclaré Barack Obama.
Le chef de la Maison-Blanche a par ailleurs demandé au Pakistan de continuer à lutter contre les talibans et al-Qaïda, qui utilisent la région frontalière comme sanctuaire, promettant à Islamabad une aide soutenue même après la fin des hostilités.
Certains adversaires de l'intervention américaine en Afghanistan ont comparé celle-ci avec la guerre du Vietnam, où les Américains s'étaient enlisés pendant les années 1970.
M. Obama a rejeté cette comparaison, rappelant que les attentats du 11-Septembre, planifiés en partie en Afghanistan, justifient l'intervention militaire en Asie centrale, où les États-Unis se trouvent au centre d'une large coalition.
Le sénateur républicain John McCain, qui siège au comité de Sécurité intérieure et des Affaires gouvernementales, s'est dit d'accord hier soir avec le nombre de soldats que le président Obama veut envoyer en Afghanistan. L'adversaire de M. Obama lors de la présidentielle de 2008 a cependant soutenu que le fait de fixer une date au retrait revenait à encourager les talibans à se terrer en attendant que les forces alliées partent.
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Avec l'Associated Press et l'Agence France-Presse
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