Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous

    Étudier ou enseigner en Afghanistan, c'est risquer sa vie tous les jours

    24 novembre 2009 |Alec Castonguay | Actualités internationales
    Les jeunes qui fréquentent l’école en Afghanistan ne sont pas à l’abri des attentats.
    Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Les jeunes qui fréquentent l’école en Afghanistan ne sont pas à l’abri des attentats.
    Les talibans n'ont pas uniquement les soldats de la coalition dans leur mire, mais aussi les écoles et ceux qui leur donnent vie: les élèves et les professeurs. Un nouveau rapport de l'organisme international CARE lève le voile sur les violences qui minent le système d'éducation en Afghanistan.

    La volumineuse enquête, intitulée Knowledge on Fire: Attacks on Education in Afghanistan, a été commandée à l'ONG par le ministère afghan de l'Éducation et la Banque mondiale. En plus de compiler des statistiques, l'organisme a mené plus de 1000 entrevues sur le terrain dans plusieurs provinces. Selon le rapport, dévoilé hier par CARE, «les attaques à l'encontre des écoles, des élèves et des membres du personnel éducatif augmentent de façon inquiétante en Afghanistan», peut-on lire d'entrée de jeu.

    Le document attribue la dégradation de la situation sécuritaire dans les écoles aux insurgés et aux bandes criminelles. Entre janvier 2006 et décembre 2008, 1153 attaques de natures variées ont été perpétrées contre le système d'éducation afghan, soit 483 pour les deux années 2006 et 2007 combinées, et 670 seulement en 2008. À Kandahar, plus de 130 attaques ont eu lieu. Environ 20 % de tout le personnel éducatif affirme avoir déjà été menacé.

    «La nature des attaques varie d'une province à l'autre», écrivent les auteurs du rapport. «Dans certaines régions, les incendies criminels étaient le type d'attaque le plus fréquent, alors que, dans d'autres régions, les agresseurs se servaient d'explosifs. Des grenades ont été lancées à travers des fenêtres d'écoles, et des roquettes ont été tirées dans leur direction. Des tentes utilisées pour offrir des cours ont été incendiées et des enfants tués en se rendant à l'école. Les risques sont plus élevés la nuit, pour les écoles, et dans les premiers mois de l'année scolaire, quoique cette réalité se soit de plus en plus étendue aux mois suivants chaque année.»

    Cette insécurité a évidemment un impact sur la fréquentation des écoles. Par exemple, dans les provinces du sud, là où le Canada est impliqué, entre 65 % et 81 % des établissements sont actuellement fermés.

    Les filles visées

    Sous le régime des talibans, entre 1996 et 2001, l'éducation n'était pas bien vue en Afghanistan. Cette opposition continue à se manifester aujourd'hui, notamment en ce qui a trait aux fillettes, note le rapport. «L'opposition à l'éducation des filles est beaucoup plus grande que celles à l'égard des garçons, peut-on lire. Les conclusions de cette recherche montrent que les principaux opposants à l'éducation des filles sont issus de l'insurrection armée ou des membres internes des communautés.»

    Ainsi, 40 % de toutes les attaques commises visaient des écoles pour filles, 32 % des écoles mixtes et 28 % des écoles pour garçons. Il faut toutefois noter que les écoles pour filles sont deux fois moins nombreuses que les écoles pour garçons, «ce qui indique clairement une forme de sexisme au niveau des attaques», note CARE.

    Télécharger le document de CARE (pdf)












    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.