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Honduras - Micheletti est invité à «prendre un congé»

Washington — Le département d'État américain a encouragé hier Roberto Micheletti, président de fait du Honduras, à suspendre ses activités une semaine pour que les électeurs se consacrent à l'élection présidentielle du 29 novembre et apportent une solution à la crise politique du pays.

Micheletti, arrivé au pouvoir après le putsch militaire qui a évincé le président Manuel Zelaya, a indiqué jeudi dans un discours télévisé qu'il envisageait de suspendre ses activités du 25 novembre au 2 décembre.

«Nous nous réjouissons qu'il prenne un congé et espérons que cela se concrétisera vite. Cela donnera un moment de répit pour faire avancer le processus au Honduras», a déclaré Robert Wood, porte-parole du département d'État, lors d'un point de presse.

Micheletti a dit ne pas avoir encore pris de décision définitive. Zelaya, réfugié à l'ambassade du Brésil à Tegucigalpa depuis qu'il a regagné son pays en septembre, a dénoncé une «manoeuvre» de son rival, dont il a exigé le départ.

Wood a dit que les États-Unis persistaient à penser que le meilleur moyen de résoudre la crise était de s'appuyer sur l'accord politique conclu par leur intermédiaire fin octobre, mais qui a volé en éclats, les deux camps n'ayant pu s'entendre sur la formation d'un gouvernement d'union nationale.

«Si l'on veut traiter du problème du retour à la démocratie, si l'on veut s'attaquer à celui de la réconciliation, le meilleur moyen de le faire passe par la mise en oeuvre de l'accord», a dit le représentant du département d'État.

Zelaya a déclaré qu'il refusait de négocier son retour à la présidence dans le cadre d'un accord avec Micheletti. Des dirigeants latino-américains ont réclamé le rétablissement de Zelaya au pouvoir, mais les États-Unis ont affaibli sa position en estimant que la légitimité de l'élection présidentielle ne dépendait pas du retour de Zelaya.

M. Micheletti a également fixé au 2 décembre, soit trois jours après la présidentielle, l'examen par le Congrès de l'éventuel retour au pouvoir de M. Zelaya jusqu'à la fin de son mandat, le 27 janvier 2010. Mais le président déchu veut être rétabli dans ses fonctions avant la présidentielle.

Les États-Unis ont affirmé mercredi qu'ils ne voyaient pas d'inconvénient à ce que la présidentielle au Honduras soit organisée avant un vote préalable du Congrès.
 
 
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  • oscar Fortin - Abonné
    23 novembre 2009 08 h 47
    Un président mis à la porte par des putchistes, non par le peuple
    Pour qui douterait encore de la participation des États-Unis au coup d’État militaire du 28 juin dernier, les derniers développements pour la réalisation d’élections entièrement sous le contrôle des putschistes devraient les convaincre. Le Brésil, l’Argentine, l’Équateur, la Bolivie, le Venezuela, le Guatemala, le Nicaragua, le Groupe de Rio, l’Alba, les Nations Unies ont déjà pris position contre ces élections. Ils sont d’accord avec le Président constitutionnel, Manuel Zelaya, que l’actuelle situation ne permet pas la réalisation d’élections libres et transparentes, fondement même de la démocratie. La Fondation Carter s’est refusé à se joindre à ces élections en tant qu’observatrice internationale. Pour la majorité des observateurs avertis de ce qui se passe dans cette région du monde, ces élections ne sont qu’une manœuvre pour couvrir les putschistes qui se retrouveront inévitablement au pouvoir après ces élections et pour faire oublier les assassinats, les emprisonnements, les tortures et les fautes graves commises contre les droits fondamentaux des personnes. Un article à lire sur la position du Canada face à ce coup d’État militaire et aux élections planifiées pour le 29 novembre.
    http://www.vigile.net/LE-CANADA-ET-LA-DEMOCRATIE-A
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