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    Obama et Hu relancent Copenhague

    Les États-Unis et la Chine veulent un accord complet avec «effet immédiat»

    Le président américain, Barack Obama, et son homologue chinois, Hu Jintao, ont discuté du sommet de Copenhague, hier, à Pékin.
    Photo: Agence Reuters Jim Young Le président américain, Barack Obama, et son homologue chinois, Hu Jintao, ont discuté du sommet de Copenhague, hier, à Pékin.
    • «Nous avons convenu de travailler pour faire un succès de Copenhague.» - Barack Obama
    • La Chine semble décidée à assumer son rôle de leader des pays émergents et en développement
    • Mise sur pied d'un centre de recherche conjoint sur les énergies vertes
    • Cette accélération du processus enlèvera au Canada la nouvelle excuse
    La rencontre au sommet entre les présidents de la Chine et des États-Unis, Hu Jintao et Barack Obama, a redonné hier à la conférence de Copenhague son statut de point d'arrivée du processus de négociation sur le climat plutôt que celui d'étape en vue de conférences ultérieures.

    À l'issue de leur rencontre d'hier, le président Obama a en effet changé son fusil d'épaule en déclarant: «Nous avons convenu de travailler pour faire un succès de Copenhague. Notre but [...] n'est pas d'en arriver à un accord partiel, ni à une déclaration politique, mais plutôt de parvenir à un accord qui couvre tous les aspects des négociations et qui ait un effet immédiat.»

    En fin de semaine lors de la réunion de l'APEC à Singapour, le président Obama avait dit douter qu'on puisse arriver à autre chose qu'un accord politique sur le climat, suivi de négociations plus techniques durant l'année 2010.

    Mais la Chine semble décidée à assumer son rôle de leader du G77, qui regroupe les pays émergents et en développement. Jusqu'ici, tous ces pays demandent avec une rare unanimité aux pays développés de mettre sur la table un accord complet à Copenhague, qui leur permettrait notamment d'obtenir avant 2013 une aide financière et des transferts technologiques pour commencer à lutter contre le réchauffement du climat.

    Les deux pays ont par ailleurs signé plusieurs ententes majeures dont les agences de presse internationales n'ont pas fait état. Ainsi, les deux pays responsables ensemble de la moitié des émissions humaines de GES ont convenu de mettre sur pied un centre de recherche conjoint sur les énergies vertes, de lancer une «initiative» conjointe sur la voiture électrique, de se doter d'un plan d'action en matière d'efficacité énergétique, d'établir un partenariat sur les énergies renouvelables assorti de projets-pilotes et d'une stratégie de modernisation des réseaux électriques, d'un plan de coopération pour produire du «charbon propre» et de partager leurs techniques d'exploitation des schistes gazéifères, y compris des investissements dans des projets concrets.

    Le banquier des États-Unis — la Chine détient 1000 milliards des emprunts de notre voisin! — a visiblement réussi à raffermir la volonté du président Obama d'accélérer le tempo et d'arriver à Copenhague avec des engagements chiffrés, même si le Sénat semble encore assez loin de voter un projet de loi sur le contrôle des émissions de gaz à effet de serre.

    Pas de nouvel alibi

    Cette accélération du processus enlèvera au Canada la nouvelle excuse qu'invoquait hier le gouvernement fédéral pour reporter une fois de plus la divulgation de son plan de lutte contre les changements climatiques, d'après les propos tenus hier à Copenhague par le ministre fédéral de l'Environnement, Jim Prentice.

    En entrevue téléphonique de Copenhague, le ministre a expliqué que le Canada pourrait difficilement accoucher d'un plan de réduction de ses émissions tant qu'il ne connaîtrait pas les cibles internationales et les modalités du plan de son voisin nord-américain, afin de pouvoir s'y harmoniser.

    Le gouvernement Harper s'était engagé à divulguer avant la conférence de Copenhague ses règlements sur la réduction des émissions des grands émetteurs canadiens. Mais le plan Prentice énoncé hier pourrait reporter d'une autre année le lancement du plan canadien, dans l'hypothèse où Copenhague ne serait qu'une des étapes d'un long processus, et non l'aboutissement des négociations sur le climat.

    «En l'absence de plan international et en l'absence de cadre de référence international, a précisé le ministre Prentice, il est difficile pour tout pays de mettre au point des politiques intérieures ainsi qu'une approche nationale, qu'il s'agisse d'une approche réglementaire ou d'un plafond d'émissions assorti d'un marché d'échanges de crédits, ou de quelque chose d'équivalent.»

    La rencontre de Copenhague

    La rencontre des 44 ministres de l'Environnement tenue hier à Copenhague pour mettre la dernière main aux préparatifs de la conférence de décembre a été qualifiée hier de «très constructive» par la ministre danoise du Climat, Connie Hedegaard, qui présidera les difficiles négociations qui démarrent dans trois semaines. Sans lever le voile sur les conclusions de ces pourparlers, la ministre Hedegaard a ajouté qu'il s'en dégageait «une forte volonté» d'obtenir de «bons résultats» sur tous les sujets majeurs.

    Pour Yvo de Boer, le grand patron onusien des négociations sur le climat, «il y a un très, très fort désir de réussir» les pourparlers de Copenhague, même s'il convient que les participants devraient avoir un peu plus d'ambition et que les pays riches devraient afficher une plus grande générosité quant aux besoins des pays en développement.

    La ministre danoise Hedegaard a pour sa part convenu qu'il «serait très utile pour tout le processus si les États-Unis mettaient sur la table des chiffres précis sur les réductions des émissions et sur le financement».

    Le ministre français de l'Environnement, Jean-Louis Borloo, a été plus direct.

    «On a manifestement un problème avec nos amis américains», a-t-il dit, parce que leurs cibles se situent entre le niveau d'émissions de 1990 et -4 %. S'il comprend que les États-Unis ont besoin de flexibilité «et qu'il faut l'accepter», «il va falloir, ajoute le ministre, que la première puissance du monde, celle qui a le plus [haut taux] de pollution par habitant, s'engage beaucoup plus».












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