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Obama exhorte le premier ministre birman à libérer Suu Kyi

Singapour — Barack Obama a lancé hier un nouvel appel à la libération de l'opposante birmane Aung San Suu Kyi, à l'occasion d'une rencontre sans précédent avec le premier ministre birman Thein Sein lors d'un sommet de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN). Le président des États-Unis, qui lui a serré la main, a en outre expliqué à l'issue de cette rencontre avoir renouvelé son offre de rapprochement avec la Birmanie en échange d'une ouverture démocratique et d'une remise en liberté des prisonniers politiques.

«J'ai réaffirmé la politique que j'ai présentée [samedi] à Tokyo en ce qui concerne la Birmanie», a déclaré Obama, s'adressant à la presse en marge du sommet de l'ASEAN, organisé à Singapour après celui du Forum de coopération Asie-Pacifique.

Thein Sein s'est quant à lui félicité de la reprise du dialogue avec les États-Unis, qui va selon lui «ouvrir un nouveau chapitre dans les relations de tous les pays de la région».

Aucun président américain n'avait rencontré ou même côtoyé un membre de l'administration birmane depuis 1966. Les prédécesseurs d'Obama n'ont en outre jamais assisté à un sommet de l'ASEAN, crée il y a 42 ans au plus fort de la guerre du Vietnam.

Ce boycott, observé pour dénoncer l'attitude jugée trop conciliante de l'organisation à l'égard de la junte birmane, a profité à la Chine, selon les observateurs.

Dans un communiqué commun, les chefs d'État et de gouvernement de l'ASEAN souhaitent que l'ouverture du dialogue entre Washington et Rangoun «contribue à de vastes réformes démocratiques et économiques».

Ils réclament en outre que les élections promises l'année soient «libres, équitables, ouvertes et transparentes», sans toutefois évoquer le sort d'Aung San Suu Kyi et des autres prisonniers politiques.

Sur les vingt dernières années, Aung San Suu Kyi en a passé plus de 14 en détention, la plupart du temps en résidence surveillée.

La lauréate du prix Nobel de la paix âgée de 64 ans a été condamnée en août à 18 mois supplémentaires d'assignation à résidence pour avoir laissé un ressortissant américain séjourner en mai dans sa maison de Rangoun, ce qui lui interdira de participer aux élections.
 
 
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