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Les États-Unis vont réduire leur personnel diplomatique en Arabie Saoudite

L'incertitude persiste quant au bilan des attentats de lundi soir à Riyad

Le secrétaire d’État américain se trouve actuellement à Riyad.
Photo : Agence Reuters
Le secrétaire d’État américain se trouve actuellement à Riyad.
Le drame de Riyad est survenu après que plusieurs alertes eurent été données depuis le début du mois. Les autorités saoudiennes ont promis de frapper d'une main de fer tous ceux qui tenteront de perpétrer d'autres actes terroristes. La présence américaine et occidentale dans le royaume va quand même diminuer dans un avenir prévisible.

Washington et Riyad — Les États-Unis vont demander au personnel non essentiel de leur ambassade et de leurs consulats en Arabie Saoudite de quitter le pays à la suite du triple attentat de lundi à Riyad, a-t-on appris hier auprès de responsables américains.

Cette réduction de la présence américaine en Arabie Saoudite traduit les sérieuses inquiétudes des Américains sur la menace toujours existante d'attentats dans le pays. Cet ordre couvrirait tout le personnel jugé «non essentiel» de l'ambassade de Riyad, comme des consulats de Djeddah et de Dahran, ainsi que les familles de tout personnel, a-t-on précisé de même source.

L'ambassade des États-Unis à Riyad a également recommandé à ses ressortissants dont la présence n'est pas nécessaire de quitter le pays et une école américaine a fermé ses portes pour une semaine. Il y a environ 30 000 Américains en Arabie Saoudite.

Le bilan des attentats suicide commis lundi soir contre des résidences hébergeant des Occidentaux à Riyad restait incertain hier soir, les autorités saoudiennes faisant état de 29 morts, dont au moins sept Américains, et le vice-président américain Dick Cheney parlant de 91 morts.

Le ministère saoudien de l'Intérieur a rendu publique hier la liste des victimes: vingt morts (sept Américains, sept Saoudiens, deux Philippins, deux enfants jordaniens, un Libanais et un Suisse) auxquels s'ajoutent neuf kamikazes présumés, dont les cadavres noircis ont été retrouvés sur les lieux des explosions. Près de 200 personnes auraient été blessées.

Dick Cheney a pour sa part déclaré hier à Washington que 91 personnes avaient péri. D'autres responsables américains ont cependant dit ne pas disposer de bilan définitif et avoir des informations très contradictoires en provenance d'Arabie Saoudite.

Les trois attentats à la voiture piégée ont eu lieu à quelques heures de l'arrivée dans la capitale saoudienne du secrétaire d'État américain Colin Powell, venu rencontrer le prince héritier Abdallah ibn Abdelaziz, dans le cadre de sa tournée au Proche-Orient.

Colin Powell s'est rendu dans une des résidences dévastées, qui hébergeait des employés d'une société américaine spécialisée dans la formation militaire. «C'était une attaque terroriste bien préparée [...] Elle porte l'empreinte génétique d'une opération d'al-Qaïda», a déclaré le secrétaire d'État. En déplacement à Indianapolis, George W. Bush a estimé que ces attentats suicide prouvaient que la guerre contre le terrorisme n'était pas finie. «Ces actes méprisables ont été commis par des assassins dont la seule foi est la haine, a déclaré le président américain. Les États-Unis trouveront les meurtriers et ceux-ci auront à connaître la justice américaine».

À Paris, le président Jacques Chirac a condamné «sans appel» les attentats de Riyad et réaffirmé la détermination de la France à lutter «sans relâche» contre le terrorisme international. Le président russe Vladimir Poutine a également condamné les attentats qu'il a liés à ceux commis en Tchétchénie. «La signature est la même et les conséquences sont comparables», a-t-il dit à Moscou. À Londres, le Foreign Office a estimé hier qu'il demeurait une «menace élevée» de nouveaux attentats contre les intérêts occidentaux en Arabie Saoudite, y compris des attaques chimiques ou biologiques, après les attentats de lundi soir.

Le prince héritier saoudien Abdallah a averti hier que le royaume saoudien frapperait d'une main de fer tous ceux qui tenteront de perpétrer des «actes terroristes» dans le pays et affirmé que les «criminels» ne pourront jamais «ébranler l'unité de la nation saoudienne».

Le ministre saoudien de l'Intérieur, le prince Nayef, a déclaré que les explosions dans les complexes de Gharnata, Ichbiliya et Cordoba avaient été «déclenchées par des voitures bourrées d'explosifs». Les bâtiments visés par les kamikazes ont été dévastés.

Mise en garde

Il y a quelques jours, un membre d'une organisation islamiste avait évoqué l'imminence d'une opération anti-américaine d'al-Qaïda de l'ampleur des attentats du 11 septembre 2001 à New York et Washington.

Le 1er mai, les États-Unis avaient renouvelé une mise au garde

à leurs ressortissants, leur conseillant de ne pas se rendre en Arabie Saoudite. Un responsable avait alors dit que les services de renseignement disposaient d'informations crédibles sur une possible action d'al-Qaïda contre des intérêts américains dans le royaume wahhabite. La police saoudienne avait annoncé le 7 mai qu'elle traquait 19 militants présumés, pour la plupart saoudiens, qui se seraient cachés à Riyad au lendemain d'une fusillade avec les forces de sécurité. Le ministère de l'Intérieur avait fait part de la découverte d'une cache pleine d'explosifs, de grenades, de munitions et de mitraillettes.

Des militants islamistes présumés ont à deux reprises — en 1995 et 1996 — attaqué des intérêts américains en Arabie Saoudite depuis la guerre du Golfe, en 1991. L'Arabie Saoudite a inculpé 90 Saoudiens d'appartenance à al-Qaïda et 250 autres ont été interpellés.

Le retrait des forces américaines d'Arabie Saoudite, berceau de l'islam et site de ses principaux lieux saints, a été l'une des principales revendications d'Oussama ben Laden, activiste d'origine saoudienne soupçonné d'être l'inspirateur des attentats du 11 septembre. Les États-Unis ont annoncé le 29 avril qu'ils retiraient pratiquement toutes leurs forces d'Arabie Saoudite.
 
 
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