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Afghanistan - Karzaï promet de lutter contre la corruption et tend la main aux talibans

Kaboul — Le président Hamid Karzaï a promis hier que son futur gouvernement multiplierait les efforts pour éradiquer la corruption et a tendu une nouvelle fois la main aux talibans, lors de sa première déclaration depuis l'annonce de sa réélection à la tête de l'Afghanistan.

Le chef de l'État, dont la légitimité est plus que jamais fragilisée après une élection calamiteuse — des fraudes massives en sa faveur au premier tour marqué par une très forte abstention, au forfait de son adversaire Abdullah Abdullah avant le second — a présenté les grands traits de son programme de gouvernement.

«Nous allons tenter d'amener la paix à l'ensemble du pays, dès que possible. Nous en appelons à nos frères talibans pour qu'ils reviennent en Afghanistan et à cet égard, nous demandons l'aide et la coopération de la communauté internationale», a affirmé devant la presse Hamid Karzaï, qui portait son habituel caftan vert et violet et sa toque d'astrakan.

Les talibans ont aussitôt repoussé la main tendue par Karzaï, qualifié de marionnette de l'Occident. «Nous n'accordons aucune valeur à l'offre de paix de Karzaï car nous savons que ce sont des mots vides de sens», a déclaré Yousuf Ahmadi, un porte-parole habituel des talibans.

Le chef de l'État a aussi relancé l'idée d'un gouvernement d'union nationale. La paix sera possible «quand tous les Afghans seront unis et parleront d'une seule voix, travaillant à construire ensemble un gouvernement d'union qui représente tous les Afghans», a-t-il dit, entouré de ses deux vice-présidents, le maréchal Mohammad Qasim Fahim, ancien chef de guerre au passé controversé, et Karim Khalili.

Reste à savoir quelle sera la réaction de M. Abdullah, qui a acquis, grâce à une campagne dynamique — «bien meilleure que la mienne», a reconnu M. Karzaï — le statut d'opposant numéro un et pourrait avoir un important rôle politique à jouer.

Soumis aux pressions de la communauté internationale, le président afghan a promis de lutter contre la corruption, endémique jusqu'au sommet de l'État.

«L'Afghanistan a été sali par la corruption, notre gouvernement a été sali par la corruption. Nous emploierons tous les moyens nécessaires pour éradiquer cette souillure», a déclaré M. Karzaï.

Le gouvernement afghan est régulièrement fustigé pour la corruption qui le gangrène. Le président américain, Barack Obama, a d'ailleurs demandé hier beaucoup plus à M. Karzaï dans la lutte contre la corruption, tout comme le premier ministre britannique Gordon Brown, qui a appelé à engager une action "immédiate».

En dépit des conditions déplorables de sa réélection, le président, installé à la tête du pays il y a huit ans par la communauté internationale dont les troupes venaient de chasser les talibans du pouvoir, a reçu les félicitations de ses soutiens occidentaux, pour lesquels il demeure un interlocuteur indispensable, «le dirigeant légitime» du pays, selon la Maison-Blanche.
 
 
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