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Élections afghanes - Le fiasco

Entachée par une fraude massive, l'élection afghane vient de virer au fiasco. Car à la suite du retrait d'Abdullah Abdullah, la légitimité d'Hamid Karzaï en tant que président a été réduite à trois fois rien. Ce faisant, à la Maison-Blanche, on gomme des objectifs, on soustrait des ambitions.

Il faut le mentionner d'emblée: si Abdullah a jeté l'éponge, c'est bel et bien parce que Karzaï a fait preuve d'une obstination maladive, presque fanatique. On se souviendra que lors du scrutin tenu en août dernier, plus d'un million de bulletins se sont avérés autant de faux. Après qu'il fut décidé qu'un deuxième tour aurait lieu le 7 novembre prochain, le chef de l'opposition avait formulé deux requêtes afin d'imprimer une certaine crédibilité à cet exercice. Un, Abdullah voulait que tous les ministres réputés avoir participé à l'escroquerie de l'été dernier soient suspendus. Deux, il souhaitait que la composition de la Commission électorale soit chamboulée, celle-ci étant noyautée par des proches de Karzaï. Ce dernier ayant répondu par un niet à tout, Abdullah a donc estimé qu'il n'avait pas d'autre choix que de se retirer.

Deuxième épisode? Présidée par un ancien conseiller de Karzaï, la Commission a décrété que celui-ci était reconduit à sa fonction de chef d'État. Cette décision, c'est à retenir, est une entorse aussi énorme que flagrante à la Constitution. En effet, cette dernière stipule que pour occuper le siège de président, il faut avoir récolté au minimum 50 % des suffrages. Or Karzaï a obtenu 48 % lors du vote d'août. Bref, rien dans cette histoire n'est conforme à la loi fondamentale de ce pays.

On s'en doute, dans les palais, celui de Karzaï comme ceux des gouverneurs, sans oublier la Maison-Blanche, on s'agite avec fébrilité à réparer les pots cassés. Plus exactement, on étudie la possibilité de former un gouvernement minoritaire et d'amender la Constitution afin qu'une élection soit organisée au printemps prochain. On planche également sur la possibilité suivante: convoquer une Loya Jirga, soit cette assemblée à laquelle participent uniquement les chefs de clans et de tribus d'Afghanistan, qui pourrait choisir un nouveau chef. C'est lors de la Loya Jirga de 2002 que Karzaï est sorti du lot.

Aux États-Unis, ces récents événements ont eu pour conséquence immédiate un report de la décision que Barack Obama doit prendre à propos de la stratégie militaire à suivre. Avant toute chose, on se rappellera que le commandant des troupes américaines situées en Afghanistan, soit le général Stanley McChrystal, réclame une addition de 44 000 soldats. De ce qui transpire de la Maison-Blanche, personne n'est chaud à l'idée d'augmenter la taille du contingent alors que Karzaï n'a plus de légitimité et que le pays est gangréné par la corruption. C'est un secret de polichinelle qu'Obama a frais en mémoire l'ajout de 22 000 soldats en mars dernier afin d'assurer un déroulement normal des... élections!

Selon les informations obtenues par le New York Times, l'exécutif a apporté une modification très importante au plan élaboré en son temps par George Bush. Il ne serait plus question de transformer l'Afghanistan en une démocratie à l'occidentale, mais bien de faire en sorte qu'al-Qaïda n'ouvre pas des bases d'entraînement et que les talibans ne prennent pas le pouvoir central. Chose certaine, le fiasco électoral rend injustifiable l'envoi de troupes supplémentaires.
 
 
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  • Serge Charbonneau
    Abonné
    mercredi 4 novembre 2009 02h32
    Élections afghanes... Quelles élections ?
    Élections afghanes... Quelles élections ?

    Vous voulez sans doute parler de la mascarade burlesque.
    On en parle comme si cette pièce de théâtre était une réalité démocratique.
    Une vraie farce.

    Le gommage d'objectifs et l'abandon des "ambitions" ne servent qu'à divertir la galerie.
    Voyons, l'Afghanistan est un territoire occupé et on ne dit pas trop pourquoi. Chose sûre, beaucoup d'argent et de ressources militaires y sont consacrés.

    C'est à se torde les boyaux lorsqu'on parle sérieusement de Constitution, de cette loi fondamentale de l'Afghanistan.

    L'occupation occidentale est-elle constitutionnelle?
    Sans doute que oui, jamais on n'agirait contre la Constitution d'un pays, voyons!

    «On s'agite avec fébrilité à réparer les pots cassés.»
    On s'applique à nous couvrir ce territoire occupé avec un papier d'emballage à la fois beau et hermétique qui plait au regard et nous coupe cette odeur de cadavre que l'on récolte quotidiennement (nous en sommes à 133, aujourd'hui si l'on compte uniquement les boîtes canadiennes qui nous sont revenues).

    «On étudie la possibilité de former un gouvernement minoritaire et d'amender la Constitution afin qu'une élection soit organisée au printemps prochain.»
    Il n'y a pas à dire, on a la "démocratie" à coeur!

    Une Loya Jirga... c'est beau et très afghan, ça!
    «C'est lors de la Loya Jirga de 2002 que Karzaï est sorti du lot.»

    On dit aussi qu'il a été sorti du lot par Zalmay Khalilzad, ce néo-conservateur de l'administration Bush. Un Afghan naturalisé US en 1984.
    Ce serait plutôt en 1990 que Karzaï serait vraiment sorti du lot lorsqu'il a été repéré par Khalilzad.

    Ce Khalilzad qui faisait partie de la RAND Corporation ainsi que du groupe ayant pensé le Project for the New American Century (PNAC). C'est un de ceux qui peut-être qualifié de faucons US. Il a travaillé pour le renversement par la force de Saddam et pour la mise en place d'une "nouvelle politique" pour l'Irak.

    Lorsqu'on est recruté par un tel personnage, disons que l'on «sort du lot».

    Le 13 juin 2002, Karzaï est élu président pour deux ans par la Loya Jirga (assemblée coutumière des chefs de clans).
    En juin 2002, que restait-il de l'Afghanistan?
    Vraiment pas grand-chose. Cette Loya Jirga était disons peut-être un ti-peu financée et guidée par les seigneurs US ayant remporté la guerre et occupant la place.
    Ce n'était donc pas une grande surprise que leur poulain, Karzaï, recruté par le faucon US d'origine afghane (M. Khalilzad) devienne alors le président du gouvernement intérimaire mis en place suite à la chute du régime taliban en 22 décembre 2001.

    La première comédie démocratique qu'on a appelée, l'élection présidentielle démocratique du 9 octobre 2004, fut remportée par le docile et corrompu Amid qui était, disons lourdement appuyé par les occupants US. Il gagna "démocratiquement" dit-on, dans 21 des 34 provinces.

    Karzaï commence à être usé, mais où donc lui trouver un remplaçant valable qui redonnerait du lustre à la comédie démocratique installé par l'empire US?
    C'est là tout le problème.
    Faute de trouver mieux, on fait avec.
    Il suffit d'ajouter la scène de la réparation des pots cassés et la galerie continue d'apprécier la farce.

    D'après les rumeurs, il paraît qu'il ne serait plus question de transformer l'Afghanistan en une démocratie à l'occidentale. Tiens donc!
    C'était tout de même un fabuleux projet... la démocratie «occidentale».
    Il y en a eu des morts pour la démocratie «occidentale».

    Qu'aurait-on fait pour envahir l'Afghanistan si les talibans n'avaient pas existé?
    Les aurait-on inventés?

    La démocratie a parfois de ces mystères!


    Chose certaine, le fiasco électoral va faire encore couler beaucoup d'encre pour nous faire oublier que le sang coule à chaque jour au nom de ladite démocratie «occidentale».


    Serge Charbonneau
    Québec

  • Mehrab Masstan
    Abonné
    mercredi 4 novembre 2009 06h32
    Election afghane
    Je suis entierement d accord avec cet article.
    Cependant, on peut y ajouter en disant que; en huit ans la seule la réalisation de Karzai c'est de preparer sa réelection par tout les moyens possible.
    - Mr Azizullah Ludin, president de la commission des elections, est un ami personnel, un ancien conseiller et surtout membre de sa propre faction, le Jabhae Nejat Melli
    La mission de Ludin était faire en sorte que Karzai puisse sortir gagnant.
    Malgré les demandes repéttés, cette commission soit disant independante, n'jamais été présenter ni obtenu l'approbation du Parlement élu d'Afghanistan.
    Cette commission a été créer dans l'unique but de faire gagner Karzai.
    Si cela continue, la commission se met a travailler pour preparer la victoire de Karzai aux elections prochaines.

    Avec les dirigeants actuelle, nous allons vers une explosition de corruption et d'enrichissement des ces trois mousquettaires; Karzai, Fahim, Khalili....

    On connu Robert Mugabé en Afrique, Alberto Fugimori en Amerique Latine. On va voir Karzai qui va battre leurs RECORDS.

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