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Relativisons

«Montréal, Palerme de l'Amérique du Nord.» L'expression, apparue dans le Globe and Mail de Toronto (quotidien de référence), reprise avec une délectation féroce dans Maclean's (hebdomadaire de référence), a fait son bonhomme de chemin puisque de grands titres comme Le Monde et The Economist s'en sont inspirés au cours des derniers jours...
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  • Serge Charbonneau
    Abonné
    lundi 2 novembre 2009 04h56
    Pas de mort, quelques enveloppes brunes, mais la démocratie fonctionne, alors...
    « Montréal en 2009, comme à Palerme ou à Naples? Soyons sérieux... »

    Montréal n'en est pas là, donc passons l'éponge fermons les yeux.
    Qui donc s'est fait tuer en pleine rue?
    Personne, alors même si on se fait un peu crosser par des individus bien cravatés, tant qu'il ne tue pas, fermons les yeux.

    On parle de bombes dans des chalets...
    Bah! Elles ont toutes été désamorcées les bombes, alors pourquoi donc s'énerver le poil des jambes?

    Les élections d'Afghanistan, c'est bien de dire que c'est une vraie farce, mais que de sérieux dans nos médias autour de cette vraie farce!

    La Russie qui pacte ses urnes... et la population qui lors de "vox pop" semble confirmer le résultat des urnes.

    L'Iran qui fonctionne rondement depuis 1979 avec un gouvernement conforme à la foi de la majorité des habitants... Une DICTATURE religieuse qui ne correspond en rien à nos valeurs, mais bon, sommes-nous iraniens?
    La supposée fraude en Iran a été fabriquée par l'Occident. Avant même que les résultats soient connus, l'Occident criait déjà à la fraude.

    L'Afghanistan, c'est une tout autre histoire. Même si ce territoire occupé qui n'a plus rien d'un pays n'avait aucune des conditions préalables à des élections démocratiques, soit la condition de vie pacifique, les communications adéquates, la libre circulation, le confort minimum (eau, égout et électricité), etc. Et toutes ces lacunes et anomalies accompagnées d'une occupation étrangère... On a fait des nouvelles comme si les élections se déroulaient à Montréal-Nord. Une vraie farce, Monsieur Brousseau a beau la dénoncer du bout des lèvres, il en parle en utilisant les mêmes critères qu'une vraie élection. Comme si les déclarations des candidats étaient valides, comme si les partis n'étaient pas une mascarade, comme si ce n'était pas le grand bal de la corruption et des intérêts étranges.

    La Tunisie, un 5e mandat pour ce Ben Ali.
    Il y a des circonstances où c'est gênant de ne pas le noter. Des résultats de 90% pendant 5 mandats, c'est plutôt louche, n'est-ce pas? Il y a des réalités qui sont tellement flagrantes qu'il est difficile de les nier.
    Pourtant, Le Monde n'a pas titré: «Ben Ali vise la Présidence à vie»
    Ou encore nous n'avons pas vu « Ottawa inquiet de la possibilité d'un 6e mandat de Ben Ali»
    http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada

    Oui, il faut relativiser.
    Il faut relativiser bien des choses.
    Je crois que de juger en considérant que partout les choses se vivent comme chez nous est une grave erreur. Juger comme si nous avions tous la même culture, la même Histoire, les mêmes traumatismes, c'est faire fausse route.

    Chez nous, nous n'avons pas trop de cadavres à enjamber dans les rues (et je crois que même les Italiens n'enjambent pas de façon si imperturbable des cadavres tous les jours. Mais peu importe ce que vit l'ailleurs, ici, à notre échelle et selon nos valeurs, notre Histoire et disons, nos "habitudes", ces histoires de corruptions, de collusions et de menaces mafieuses, ne doivent pas être considérées comme de petits faits divers négligeables.

    Non je ne crois pas qu'il faille se dire: "Faites vous escroquer et souriez, vous avez tout de même la vie sauve et la démocratie fonctionne, malgré les enveloppes brunes".


    Serge Charbonneau
    Québec

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