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Un espion au sein de l'IRA mis au vert

«Stakeknife» allait être démasqué

Londres — Les autorités britanniques ont mis à l'abri, hors de la République d'Irlande, leur principal espion infiltré au sein de l'IRA avant que son identité ne soit révélée, ont affirmé hier plusieurs quotidiens irlandais et britanniques.

L'armée britannique avait reçu à l'avance des informations selon lesquelles l'identité de sa principale taupe au sein de l'Armée républicaine irlandaise (IRA), portant le nom de code de «Stakeknife», allait être révélée par plusieurs quotidiens, selon l'hebdomadaire britannique Sunday Times.

Le Synday Herald, basé à Glasgow (Écosse), le Sunday Tribune basé à Dublin, et des éditions du Sunday People et du Sunday World publiées des deux côtés de la frontière irlandaise ont diffusé le nom présumé de l'espion.

Décrit comme l'arme la plus puissante de Londres en 30 ans de lutte contre l'IRA, «Stakeknife» aurait été impliqué dans une quarantaine de meurtres d'activistes loyalistes, de policiers, de soldats et de civils afin de se protéger et de continuer à fournir des renseignements vitaux, selon ces quotidiens.

Son identité faisait de plus en plus l'objet de spéculations, depuis qu'il figurait parmi les personnes faisant l'objet d'une enquête du chef de la police britannique John Stevens sur une collusion de la Grande-Bretagne avec des meurtres politiques en Irlande du Nord.

«Stakeknife» aurait notamment collaboré avec les SAS (Spécial Air Service, forces d'élite britanniques), selon l'édition en ligne du Sunday Herald, dans l'exécution à Gibraltar en 1988 de trois membres de l'IRA, une opération connue sous le nom de «Mort sur le Rocher».

Les autorités britanniques à Belfast ont refusé de commenter ces informations.

Cette nouvelle affaire intervient moins d'un mois après la publication d'un rapport d'enquête explosif de la police des polices britannique sur la collaboration d'éléments des forces de l'ordre britanniques avec les milices protestantes pour assassiner des catholiques dans les années 1980.

Des officiers de la police antiterroriste et des services de renseignement militaire britanniques ont, selon ce rapport, aidé leurs informateurs au sein des groupes armés protestants à abattre des catholiques, dont l'avocat Pat Finucane, tué à son domicile dans le nord de Belfast, devant sa famille, en 1989.
 
 
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